Rachel Corrie

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Rachel Corrie, face à un bulldozer, le jour de son décès.

Rachel Corrie est une militante américaine née le 10 avril 1979, volontaire du International Solidarity Movement (ISM), et morte le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza, durant la Seconde Intifada, écrasée par un bulldozer israélien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiante de 23 ans à Olympia, dans l'État de Washington, Rachel Corrie part pour les territoires occupés par Israël. Elle pénètre dans une zone contrôlée par l'armée israélienne et elle est écrasée le 16 mars 2003 par un bulldozer Caterpillar D9 de l'armée israélienne[1] à Rafah, dans la bande de Gaza, alors qu'elle essaye avec d'autres membres de son organisation d'arrêter pacifiquement la démolition de la maison d'un médecin palestinien[1].

Selon l'armée israélienne, la démolition avait pour but de trouver d'éventuels tunnels servant au transport d'armes depuis l'Égypte[2].

Un des bateaux engagés dans la flottille Free Gaza, le MV Rachel Corrie, porte son nom.

Circonstances de sa mort[modifier | modifier le code]

Des membres d'ISM présents sur les lieux lors des faits affirment que le conducteur du bulldozer a délibérément tué Rachel en l'écrasant deux fois avec son bulldozer. La jeune femme s'était placée face à l'engin, dans le but de se faire voir par le conducteur et ainsi l'inciter à ne pas poursuivre son chemin vers la démolition. Cette thèse est contestée par l’armée israélienne. Selon son porte-parole, le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car elle était dans un angle mort.

Suites[modifier | modifier le code]

Procès[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

En Israël[modifier | modifier le code]

Le 28 août 2012, le tribunal d'Haïfa rend son jugement dans le procès intenté par les parents de Rachel Corrie contre l'État d'Israël. Le juge considère que la mort de Rachel Corrie n'a pas été causée par une faute de l'État mais qu'il s'agit d'un accident et que par conséquent l'État n'est pas responsable[3].

Thème artistique et documentaires[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Plus de trente chansons ont été écrites en dédicace à Rachel Corrie depuis 2003 par des musiciens aussi variés que Patti Smith, Joe Bocan, Alice Shields, Mike Stout, Billy Bragg, Philip Munger, David Rovics, Christy Moore, Jim Page, Dawud Wharnsby, Elizabeth Hummel avec Carl Dexter, Valerie Webb avec Paul LaBrecque, Ben Ellis avec Lawrence Williams et les groupes Klimt 1918, Ten Foot Pole, The Can Kickers, Project Qua Project et Casa del Vento.

En 2004, le compositeur alaskien Philip Munger écrit une cantate sur Rachel Corrie intitulée The Skies are Weeping, créée le 27 avril à l'Université d'Alaska à Anchorage, où Munger enseigne. Quelques-uns ont protesté contre le spectacle, dont des Juifs, et un forum s'est tenu, animé par Munger et un rabbin local, qui décrit l'oeuvre comme à la limite de l'antisémitisme car Rachel Corrie travaillait avec des Palestiniens et qu'en conséquence, cela « rendait le terrorisme romantique ». Munger a plus tard raconté avoir reçu des mails de menaces, ainsi que certains de ses étudiants. La cantate a également été jouée au Hackney Empire theatre à Londres, à partir du 1er novembre 2005.

En 2006, l'Australien Ben Ellis a écrit Blindingly Obvious Facts, une fugue de dix minutes, composée à partir de textes « hideux » trouvés sur des blogs de droite discutant de la mort de Rachel Corrie. Elle a été jouée lors de la saison 2007 de Melbourne, puis remixée début 2008 par Lawrence Williams.

La chanson Rachel du trio américain Bastard Noise, sur l'album Skulldozer, est un hommage à Rachel Corrie.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Début 2005, My Name is Rachel Corrie (« Je m'appelle Rachel Corrie »), une pièce inspirée des journaux de Rachel Corrie et des emails qu'elle a envoyé de Gaza, et dirigée par l'acteur britannique Alan Rickman, est jouée à Londres, puis à nouveau en octobre 2005. La pièce est également programmée au New York Theatre Workshop, mais quand la pièce est reportée sine die, les producteurs anglais dénoncent une « censure » et retirent le spectacle. Elle est finalement jouée à Broadway à partir du 15 octobre 2006, pour 48 représentations. La même année, My Name is Rachel Corrie est jouée au Pleasance lors du Edinburgh (Fringe) Festival. La pièce a aussi été publiée et jouée dans dix pays dans le monde, dont Israël.

Films[modifier | modifier le code]

En 2003, la chaîne British Channel 4, Sandra Jordan, reporter au journal The Observer, et le producteur Rodrigo Vasquez font un documentaire diffusée en juin 2003 sur Channel 4 intitulé Killing Zone, sur la violence croissante dans la bande de Gaza. Jordan dit à ce sujet : « Il y avait beaucoup d'intérêt en Grande-Bretagne et dans le monde sur ce qui était arrivé à Rachel, et j'ai été très déçue qu'aucun journaliste d'investigation américain sérieux n'ait traité sérieusement de l'histoire de Rachel, ou ne se soit questionné ou ait remis en cause la version de l'armée israélienne ».

En 2005, la BBC produit un documentaire de 60 minutes, When Killing is Easy ou Shooting the Messenger, Why are foreigners suddenly under fire in Israel? (« Quand tuer est facile : pourquoi les étrangers sont-ils soudainement pris pour cibles en Israël ? »), décrit comme « un examen méticuleux » du tir ayant tué James Miller, « cameraman britannique avec une grande expérience des tournages en zones de guerre », tir venant de soldats israéliens, en mai 2003 ; le tir sur l'étudiant en photographie britannique Tom Hurndall « lorsqu'il essaya de secourir un enfant palestinien de projectiles israéliens » en avril 2003 et la mort de la « militante pacifiste américaine » Rachel Corrie après « qu'elle ait été écrasée par un bulldozer israélien » en mars 2003, tout en essayant de répondre à la question : « Les violences sont-elles des actes dus au hasard, ou représentent-elles une habitude de tuer en toute impunité qui est sanctionnée par les échelons supérieurs de l'armée israélienne ? »

En 2005 Yahya Barakat, qui enseigne la production télévisuelle, le cinéma et la réalisation à l'université al-Qods, tourne un documentaire en arabe sous-titré en anglais, intitulé Rachel Corrie – Une conscience américaine.

En 2009, le documentaire Rachel produit par la réalisatrice franco-israélienne, née marocaine, Simone Bitton, détaille les circonstances de la mort de Rachel Corrie d'un point de vue israélien. Il est présenté au public nord-américain au festival du film de TriBeCa de 2009.

MV Rachel Corrie[modifier | modifier le code]

Un des bateaux engagés dans la flottille Free Gaza, le MV Rachel Corrie, porte son nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]