Pointillé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le pointillé est un procédé de gravure en taille-douce.

Technique[modifier | modifier le code]

C'est une technique très précise et qui demande beaucoup de temps. Le ciselet[1] doit être enfoncé sur la plaque afin de produire un creux ; l'opération sera répétée de nombreuses fois afin d'obtenir des valeurs allant du noir au grisé (demi-teintes).

On peut obtenir le même effet en utilisant un burin ou une pointe sèche.

Les minuscules aspérités « peuvent être ensuite enlevées à l'aide d'un ébarboir ou utilisées pour un effet velouté rendu possible par les petites quantités d'encre disposées sur des tracés non polis. »[2]

Le résultat est souvent décevant en noir et blanc : les contrastes ne sont pas francs. Par contre, le rendu est plus intéressant quand il est associé à la couleur.

Le pointillé est aussi utilisé en lithographie.

Historique[modifier | modifier le code]

Il semble qu'il faille remonter au XVe siècle pour constater que les graveurs « allégèrent leurs tailles par des traits interrompus, des traits pointés ou des points proprement dits. Au début du XVIe siècle, les frères Campagnola utilisèrent le pointillé pour donner des teintes à un dessin au trait net mais avec encore cependant des traits. »[3].

Au XVIIe siècle, des graveurs, souvent venus du monde de l'orfèvrerie, vont se servir uniquement du ciselet et du marteau : ce sont Paul Flindt à Nuremberg et Lutma à Amsterdam. En France, les graveurs se servent des pointillés pour passer des gris au blanc[4]. « Cochin enseigna l'art du point mais recommanda de ne pas en abuser. »[3]

La technique doit ses lettres de noblesse à Francesco Bartolozzi : il grava plusieurs centaines de planches selon ce procédé entre 1774 et 1800. Le but recherché au XVIIIe siècle est d'obtenir des effets de sfumato. En France, Nicolas-François Regnault, Jean-Louis Darcis ont utilisé le pointillé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est une pointe trapue et finement ciselée. » André Béguin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977.
  2. M. C. Paoluzzi, La Gravure, Solar, 2004.
  3. a et b André Béguin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977.
  4. Ils soulagent les tailles ou les entretailles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Béguin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977.
  • M. C. Paoluzzi, La Gravure, Solar, 2004.
  • A. de Lostalot, Les Procédés de la gravure, Quentin, s.d. (1882)
  • P. Prouté, Les Techniques de la gravure, Paris, 1937.
  • C. G. Kérouan, Les Procédés de la gravure, Paris, s. d.
  • A. Jacquemin et J. Bersier, Techniques de la gravure, Paris, 1937.