Point col
En mathématiques, un point-selle (en anglais saddle point) d'une fonction
définie sur un produit cartésien
de deux ensembles
et
est un point
tel que
atteint un maximum en
sur
et
atteint un minimum en
sur
.
Le terme point-selle fait référence à la forme de selle de cheval que prend le graphe de la fonction lorsque
et
sont des intervalles de
. On utilise aussi parfois l'appellation point-col, en renvoyant alors à l'image du col de montagne.
La notion de point-selle intervient
- en optimisation, comme concept permettant d'énoncer des conditions assurant l'existence de solution primale-duale,
- en théorie des jeux,
- pour déterminer des solutions particulières de certaines équations qui ne sont pas des minima ou des maxima de fonctionnelle d'énergie.
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Définition [modifier]
Voici une définition assez générale de la notion de point-selle d'une fonction définie sur un produit cartésien d'ensembles. Aucune structure n'est requise sur ces ensembles. La fonction doit par contre prendre ses valeurs dans l'ensemble des réels
(ou plus généralement dans la droite réelle achevée
).
Point-selle — Soient
et
deux ensembles et
une fonction pouvant prendre les valeurs
. On dit que
est un point-selle de
sur
si

Dans les conditions ci-dessus,
est appelée la valeur-selle de
.
Autrement dit,
atteint un maximum en
sur
et
atteint un minimum en
sur
. Rien n'est requis en dehors de la croix
.
Résultat d'existence [modifier]
Le résultat d'existence de point-selle ci-dessous[1] rappelle celui de Weierstrass sur l'existence d'un minimiseur de fonction, mais requiert une hypothèse de convexité-concavité de
. Sans cette dernière hypothèse, pas de point-selle garanti comme le montre l'exemple de la fonction
![f(x,y)=x^2+y^2,~~\mbox{sur}~[-1,1]\times[-1,1].](http://upload.wikimedia.org/math/9/e/a/9ea054f4d1c51680d2a076fbcd4babcb.png)
Existence de point-selle — Supposons que
et
soient des convexes compacts non vides d'espaces vectoriels de dimension finie et que
- pour tout
,
est convexe semi-continue inférieurement, - pour tout
,
est concave semi-continue supérieurement.
Alors
a un point-selle dans
.
Ce résultat généralise l'identité de von Neumann qui traite du cas où
est bilinéaire et les ensembles
et
sont des simplexes de dimension finie.
Aspects calculatoires [modifier]
Utilisation de la hessienne [modifier]
Une méthode permettant de déterminer si un point critique d'une fonction différentiable de deux variables à valeurs réelles
est un point-selle consiste à calculer la matrice hessienne en ce point. Si la hessienne a une valeur propre strictement positive et une valeur propre strictement négative, alors le point est un point-selle.
Par exemple, la hessienne de la fonction
au point critique
est la matrice

qui a une valeur propre strictement positive (2) et une valeur propre strictement négative (-2). Par conséquent,
est un point-selle.
Ce critère ne donne pas de condition nécessaire : pour la fonction
, le point
est un point-selle mais la hessienne en ce point est la matrice nulle. Donc la hessienne n'a pas de valeur propre strictement positive et négative.
Annexes [modifier]
Note [modifier]
- Voir Maurice Sion (1958) et le théorème 1.1 chez Brezis (1973).
Article connexe [modifier]
Bibliographie [modifier]
- H. Brézis (1973). Opérateurs Maximaux Monotones et semi-groupes de contractions dans les espaces de Hilbert. Mathematics Studies 5. North-Holland, Amsterdam. ISBN 978-0-7204-2705-9.
- (en) M. Sion (1958). On general minimax theorems. Pacific Journal of Mathematics 8, 171-176.
associé à son unique point-selle
,
est
,
est