Neve Shalom - Wahat as Salam

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Vue du village

Neve Shalom (en hébreu : נווה שלום - Neve Shalom ; en arabe : واحة السلام - Wāħat as-Salām) tire son nom du Livre d'Isaïe (32, 18) où il est dit « Mon peuple habitera dans un lieu de paix... ».

Localisation[modifier | modifier le code]

Ce village de la paix, créé en 1970, se trouve près de Latroun, sur une colline en bordure de la vallée d'Ayalon, sur le site de la première bataille de Latroun, à égale distance (30 km) de Jérusalem et de Tel-Aviv-Jaffa.

Démographie[modifier | modifier le code]

Il est habité par des citoyens israéliens juifs et arabes qui œuvrent pour l'égalité de droits et l'entente entre les deux peuples[1][réf. insuffisante].

Bruno Hussar, le fondateur, était un frère dominicain d'origine juive né en Égypte. L'abbaye de Latroun lui accorda pour une somme symbolique le droit de s'installer en ces lieux où se sont installées depuis une cinquantaine de familles (en 2006). D'autres sont sur liste d'attente et une autorisation récente devrait permettre la construction de 90 maisons supplémentaires.

Depuis 1979, une école bilingue offre aux enfants du village et des environs une éducation ouverte aux deux cultures. Une « École de la Paix » propose rencontres et séminaires aux jeunes comme aux adultes. 45 000 personnes y ont déjà participé, des entraînements à la gestion des conflits y sont proposés. Enfin, la « Doumia - Sakinah » est un centre spirituel pluraliste créé en mémoire de Bruno Hussar et ouvert à tout public qui peut trouver sur place une hôtellerie. En juin 2006, un grand concert de Roger Waters (Pink Floyd) qui devait initialement avoir lieu à Tel-Aviv a attiré plus de 40 000 personnes à Neve Shalom, à cette occasion, le célèbre rocker anglais a demandé à Israël de détruire le mur (tear down the wall) en cours de construction. Dans le communiqué de presse où il avait annoncé le déplacement de son concert, Waters écrivait : « La souffrance endurée par le peuple palestinien depuis quarante ans d’occupation israélienne est inimaginable pour nous qui vivons à l’ouest et je soutiens leur lutte de libération. J’ai fait changer le lieu du concert, qui aura lieu à Wahat al Salam / Neve Shalom en signe de solidarité avec les voix de la raison, palestiniennes ou israéliennes, qui cherchent une voie non-violente pour une paix juste. »[2]

Pour Ahmad Hijazi, Palestinien d'Israël et directeur du développement de cette communauté, c'est « un exemple, un modèle, la preuve que l'on peut vivre ensemble mais aussi une forme de protestation contre une politique ségrégative ». Mais « le dialogue est de plus en plus difficile. Chaque fois que nous faisons des propositions, nous sommes accusés d'être une cinquième colonne, de vouloir saper les fondements de l'État », ajoute Ahmad Hijazi, aussi estime-t-il que « la seule solution est un État binational où chacun conserverait son identité propre.»[3]

Prix[modifier | modifier le code]

Le village a reçu en 1993 le Prix Niwano de la paix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le livre Le mariage de la paix. Au cœur du conflit, une juive et un Palestinien dans le village de la tolérance. paru chez Michel Lafon en 2004, raconte comment Evi Guggenheim Shbeta, juive d'origine suisse devenue Israélienne, et son mari, Eyas Shbeta, arabe Israélien, se sont rencontrés dans ce village en 1980 et y vivent avec leurs trois filles.
  • Quand la Nuée se levait, Bruno Hussar, Editions du Cerf, 1988, 130 p.
  • Neve Shalom a fait l'objet d'un reportage dans l'émission tv La source de vie de Josy Eisenberg en février 2003. Celui-ci est disponible en DVD[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Quand la Nuée se levait, Bruno Hussar, Editions du Cerf, 1988, 130 p.
  2. [1]
  3. « Le réveil des Palestiniens d'Israël » dans Le Monde du 16 mai 2008
  4. [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]