Marie Angélique Duchemin

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Marie-Angélique Duchemin, née le 20 janvier 1772 à Dinan et morte le 13 juillet 1859 à Paris, est la première femme à avoir été décorée de la Légion d'honneur.

Biographie : une vie militaire[modifier | modifier le code]

Née en Bretagne, Marie-Angélique Duchemin est une fille et sœur de soldats engagés dans les armées de la Révolution au sein du 42e régiment d'infanterie de ligne. À 17 ans, elle se marie à un caporal, André Brûlon. Comme de nombreuses femmes à cette époque, elle suit l'armée en campagne. Son mari et son père meurent tous deux en 1792, elle décide alors de s'engager.

Elle est rapidement promue caporal, caporal fourrier puis sergent-major grâce à son autorité et sa bravoure au combat comme lors du siège de Calvi en août 1794 :

« Nous soussignés, caporal et soldats du détachement du 42e régiment, en garnison à Calvi, certifions et attestons que, le 5 prairial an II, la citoyenne Marie Angélique Josèphe Duchemin, veuve Brûlon, caporal fourrier, faisant fonction de sergent, nous commandait à l'affaire du fort de Gesco ; qu'elle s'est battue avec nous avec le courage d'une héroïne; que les rebelles corses et les Anglais ayant chargé d'assaut, nous fûmes obligés de nous battre à l'arme blanche ; qu'elle a reçu un coup de sabre au bras droit et, un moment après, un coup de stylet au bras gauche, que nous voyant manquer de munitions, à minuit, elle partit, quoique blessée, pour Calvi, à une demi-lieue, où, par le zèle et le courage d'une vraie républicaine, elle fit lever et charger de munitions environ soixante femmes, qu'elle nous amena elle-même escortée de quatre hommes, ce qui nous mit à même de repousser l'ennemi et de conserver le fort, et qu'enfin nous n'avons qu'à nous louer de son commandement[1]. »

Lors de ce siège, elle est grièvement blessée. En novembre 1797, âgée de 25 ans, ses blessures mal soignées la poussent à déposer une demande d'entrée à l'Hôtel des Invalides où elle n'est acceptée que 7 ans plus tard. Elle est la première femme à être admise à l'hôtel des Invalides, avec le grade de sous-lieutenant[2].

Elle resta toute sa vie à l'hôtel des invalides, prenant diverses responsabilités comme gérante du magasin d'habillement jusqu'à sa mort le 13 juillet 1859. Très célèbre à l'époque, elle reçoit la visite de nombreuses personnalités politiques et militaires mais refuse systématiquement de voir Napoléon qu'elle accuse d'être le responsable de la mort de son mari[3].

La Légion d'honneur[modifier | modifier le code]

Le 29 juillet 1804, le maréchal Sérurier sollicite sans succès la Légion d'honneur pour la veuve Brulon. Sous la Restauration, Marie-Angélique reçoit officiellement l'épaulette d'officier.

Le 15 août 1851, Marie-Angélique Brulon est âgée de 79 ans. Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la seconde république, lui remet la croix de la Légion d'honneur avec le titre de chevalier. Marie-Angélique est le symbole d'une femme ayant combattu au cours des guerres de la Révolution, un héritage auquel le futur Napoléon III souhaite associer son image[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danièle Déon Bessiere, Les Femmes et la Légion d'honneur depuis sa création, L'Officine, 2002