Maquis de Fontjun

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Le Maquis de Fontjun ou plutôt le combat ou l'affaire de Fontjun est une embuscade tendue par les Allemands aux hommes du secteur de Puisserguier-Capestang-Montady-Poilhes-Nissan-lez-Ensérune, qui partaient rejoindre le maquis.

Ce combat s'est déroulé le 6 juin 1944, au col de Fontjun sur la route nationale 112 sur la commune de Saint-Chinian.

Le contexte général[modifier | modifier le code]

En juin 1944, l'objectif des alliés est d'ouvrir un deuxième front en Europe de l'Ouest afin de soulager le front russe. Le lieu finalement choisi est la Normandie et le débarquement aura lieu le 6 juin 1944 : "le jour J". Afin de perturber les lignes de communications allemandes et de retarder l'arrivée des divisions de panzers sur la zone des combats, ordre est donné à la Résistance de rejoindre des points de rassemblement afin de former des maquis et de harceler l'occupant.

Mémorial

Le contexte biterrois[modifier | modifier le code]

La Résistance est organisée dans l'Hérault et notamment à Béziers (région R 3-2), elle est en contact avec Londres par l'intermédiaire des DMR (Délégués militaire Régionaux).

Il a été prévu plusieurs centres de regroupements, futurs maquis, dont l'un est à Ferrières-Poussarou, entre Saint-Chinian et Saint-Pons-de-Thomières où devaient converger les résistants du secteur de Puisserguier, Capestang, Montady, Poilhes et Nissan-lez-Ensérune.

Les responsables départementaux de la Résistance, Joseph Lanet et Jean Bène, qui ont trouvé refuge dans les locaux de la Croix-Rouge à Béziers, entendent le 1er juin 1944 le message d'alerte "À mon commandement, garde à vous" qui devait précéder celui intimant l'ordre de passer à l'action. Dès ce moment ils mettent en alerte les chefs de secteur leur demandant d'attendre le message de la BBC "Il a rougi le traitre" qui signifiait ordre de rejoindre les points de ralliements et de commencer la guérilla. Ce message passe sur les ondes le 5 juin 1944 à 20 heures 20. Le lendemain les résistants se regroupent d'abord par village puis à Capestang d'où ils partent vers 21 heures 30 pour Puisserguier où ils réquisitionnent 2 camions puis par la RN 112 ils se dirigent vers Saint-Chinian pour rejoindre le centre de regroupement de Ferrières-Poussarou. Dans la montée au col de Fontjun, le convoi formé par une voiture et les 2 camions, tombe dans une embuscade tendue par les Allemands, peut-être alertés par des éléments collaborationnistes, les rassemblements s'étant effectués dans l'euphorie et sans la discrétion nécessaire. La voiture plus rapide et plus manœuvrable réussit à passer tandis que les 2 camions sont stoppés. Le combat s'engage faisant 9 morts (d'autres sources disent 5) et de nombreux blessés. À cours de munitions, 18 résistants sont capturés, d'autres profitant de la nuit, réussissent à s'enfuir. Le lendemain, les 18 prisonniers, dont une femme, sont conduits à la caserne Dugueclin à Béziers et fusillés vers 14 heures, devant une foule muette et horrifiée.

De nombreux fusillés étaient originaires de Capestang et la population assiste en masse à leurs obsèques. En représailles, le 9 juin à 14 heures, les chars allemands bouclent le village et tous les hommes de 18 à 45 ans sont convoqués place de la mairie et amenés à pied à Béziers d'où ils sont envoyés en Allemagne. Ils étaient 143. À l'exception d'un seul, ils purent regagner leur village à la fin de la guerre.

Un an plus tard, le 10 juin 1945, était inauguré au col de Fontjun, devant 15 000 personnes, un monument à la mémoires des victimes.

Composition du maquis[modifier | modifier le code]

Mémorial - liste des tués.

Ses membres étaient originaires du canton de Capestang:

  • Marc Albert, de Montady.
  • Elie Amouroux, de Capestang.
  • Louis Baïsse, de Capestang.
  • Guy Bourdel, de Capestang.
  • Bertin Bousquet, de Montady.
  • Danton Cabrol, de Capestang.
  • Simon-Paul Cabrol, de Capestang.
  • Juliette Cauquil, de Puisserguier.
  • Roger Cauquil, de Puisserguier.
  • Louis Caux
  • André Combet, de Capestang.
  • Pierre Cros, de Nissan-lez-Ensérune.
  • René Dez, de Nissan-lez-Ensérune.
  • Louis Huc, de Montady.
  • Emile Loscos, de Capestang.
  • Ignace Malet, de Capestang.
  • Henri Massat, de Capestang.
  • Salvador Montagne, de Puisserguier.
  • Joseph Quixalos
  • André Seguret, de Montady.
  • Maurice Sol, de Capestang.
  • Henry Villeneuve, de Montady.

Les maquisards capturés par les Allemands ont été fusillés le 7 juin 1944, sur la place du Champ-de-Mars à Béziers.

Georges Guibbaud, de Capestang, est rescapé lors de l'attaque. Il n'est pas le seul à avoir profité de la nuit pour s'enfuir. Georges a survécu à l'embuscade des Allemands, en se réfugiant sous un camion, puis en dévalant un ravin bordant la route. Poursuivi par l'ennemi, il prenait soin d'effacer ses traces aux chiens pisteurs en empruntant les ruisseaux, fermant aussi les blés derrière lui et dormit même dans les arbres avant de se retrouver au château des Albières, près de Berlou, avant de retrouver ses compagnons d'armes cantonnés plus au Nord.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Histoire d'un maquis. Le Maquis Latourette", d'après les notes du colonel Girvès, présentées par Mme Calmette. Office du Tourisme, Puisserguier.
  • Joseph LANET, Mémoires de Résistance : la création et l'organisation de l'Armée secrète à Béziers, Saint-Pons, Bédarieux et Narbonne, Sampzon : éditions Delatour France / Montpellier : Conseil général de l'Hérault, 2010, 238-VIII p., préface, ill., index. ISBN 978-2-7521-0086-3
  • Funtjun. "La tragédie de Fontjun", récit d'Antoine Colombié; "Fontjun, une page de la Résistance Française", récit de Pierre Sonnier. Publication: Les MémoiRes de Puisserguier, avril 2010. Imprimé à Béziers. Déposé à la Société des Gens de Lettres.
  • Internet: Georges Guibbaud, Rescapé de Fontjun.