Manipule romain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le manipule (latin manipulus, au sens propre une "poignée", sous-entendue d'hommes ici) est une subdivision de la légion romaine antique.

Origines[modifier | modifier le code]

En 390 av. J.-C., suite au sac de Rome (-390) par les Gaulois, la faiblesse de l'organisation de l'armée en phalanges selon le modèle grec fut mise en évidence. Les Étrusques et les Latins combattaient alors en utilisant des hoplites disposée en phalanges, structure dont les Romains ont hérité. Cependant, cette organisation était peu adapté aux terrains accidentés, comme le Samnium durant les guerres samnites. Les Romains l'abandonnent pour un modèle plus souple décomposé en manipules, souvent décrit comme des "phalanges articulées".

Formation[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la réforme de Marius en 107 av. J.-C, l'armée romaine est disposée en trois rangs : les hastati, les principes et les triarii (de la première ligne à la dernière). Le combat était engagé par le premier rang, les hastati, qui était des unitées avec peu d'expérience et mal équipées. Si l'ennemi résistait trop, ces soldats reculaient pour laisser la place aux principes, qui contenait des soldats plus expérimentés et mieux équipés. En dernier recours, les triarii, unités d'élites qui attendaient le genou à terre, montaient au front pour remplacer la seconde rangée . Cela a donné lieux à l'expression ad triarios redisse, "on en est venu aux triarii", qui signifie que la situation est desespérée.[1]

Lors du combat, chaque manipule laissait un espace de la largeur d'une autre manipule avec son voisin. Cela permettait aux première lignes de se retier sans gêner celles qui montaient au front.

Structure[modifier | modifier le code]

Le manipule était composé de deux centuries, au sein d'une même cohorte, pour un effectif qui a varié entre 120 et 200 hommes au cours de la République romaine. Une hiérarchie existait entre ces deux centuries : ordo prior, ordo posterior, et le centurion de l'ordo prior était le supérieur du centurion commandant l'autre centurie. Les soldats du manipule se considéraient entre eux comme frères d'armes (commanipulares). Cependant ils étaient moins proches que dans un contubernium. Le manipule est aussi le nom de l'insigne porté par chaque unité.

Jusqu'à Marius, chaque manipule possède son enseigne (en latin signum), une hampe terminée par un fer de lance, qui représente l'âme même de la formation. Après la réforme de Marius, le manipule est une sous-unité de la cohorte qui peut, à l'occasion, se séparer en manipules si le terrain ou la tactique nécessite l'utilisation d'unités flexibles, c’est-à-dire plus petites.

L'équivalent militaire français au XXIe siècle serait la compagnie.

Exercices d'entraînement[modifier | modifier le code]

Végèce décrit ainsi les différentes manoeuvres des soldats[2] :

Il est rigoureusement nécessaire à la guerre d'habituer les soldats, par des exercices continuels, à garder en ligne l'ordre des rangs, pour qu'ils n'aillent pas se pelotonner, ni s'étendre en sens inverse du besoin. Resserrés, ils n'ont pas l'espace nécessaire pour combattre et s'embarrassent mutuellement ; tandis qu'épars et clairsemés, ils ouvrent passage aux tentatives de l'ennemi. Or, l'épouvante amène bientôt une confusion générale, lorsqu'une armée coupée en deux se trouve prise par derrière. On aura donc soin de conduire fréquemment les recrues au terrain de manœuvre, de les disposer en bataille selon l'ordre matricule, en les allongeant d'abord sur une seule ligne, exempte de sinuosité et de courbure ; chaque soldat distant l'un de l'autre à des intervalles égaux et réguliers. On leur prescrira ensuite de doubler tout d'un coup les rangs, de manière à conserver, en pleine attaque, l'ordre qui leur est habituel. En troisième lieu, on leur fera former brusquement le carré, puis le triangle, autrement dire le coin ; manœuvre presque toujours décisive à la guerre. On leur fera aussi former le cercle, disposition qui, dans le cas où l'ennemi aurait fait une trouée à travers les lignes, permet à une poignée d'hommes exercés de lui tenir tête, d'empêcher la déroute de l'armée entière et de prévenir ainsi de funestes résultats. Grâce à des leçons assidues, les jeunes conscrits parviendront à exécuter aisément ces mouvements divers sur le théâtre même du combat.

Sources[modifier | modifier le code]

Citations

  1. Tite-Live, Histoire Romaine
  2. Végèce, De Re militari (lire en ligne)

Bibliographie