Lubrifiant (mécanique)

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Burette à lubrifiant synthétique.

En mécanique, les lubrifiants ont notamment pour rôle de lubrifier, réfrigérer ou les deux à la fois ; pour réduire le frottement d'une pièce par rapport à une autre ou pour l'usinage mécanique.

Typologie[modifier | modifier le code]

Les trois principales familles de lubrifiants sont[1] :

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers lubrifiants mécaniques étaient des huiles ou du suif déposés sur les lieux de frottements de cordages, les axes de poulies ou d'engrenages (dans les rouages de moulins, dans la marine).

Les rouages et essieux des anciennes automobiles étaient lubrifiés avec une graisse à base de résine de bois, produite par « décomposition par les alcalis de l'huile pyrogénée de résine »[2]. Cette graisse faisait au milieu du XIXe siècle l'objet d'un commerce considérable[2].

Fluides réfrigérants[modifier | modifier le code]

Utilisés exclusivement pour l'évacuation des calories :

  • l'air soufflé est le plus simple des réfrigérants, utilisé pour certains meulages ;
  • l'eau, employée pour l'affûtage à la meule, plus rarement sur les machines-outils pour des raisons d'oxydation, mais peut être additionnée de 2 à 3 % de soude pour pallier ce problème (voir chapitre : « Les résines »).

Fluides lubrifiants[modifier | modifier le code]

Ce sont pour l'essentiel des huiles :

  • Huile animale  : comme le suif qui est un produit résiduel obtenu par la fonte de la graisse de mouton ou de bœuf.
  • Huile végétale  : utilisée quelquefois comme huile de coupe (colza, lin), mais devient rance à l'usage. En France en forêt, dans les zones naturelles sensibles, les intervenants doivent respecter la réglementation prise en application de l'article 44 de la Loi d'orientation agricole du 5 janvier 2006 et utiliser un biolubrifiant (lubrifiant biodégradable ou répondant à lécolabel européen pour les scies à chaîne, y compris pour les têtes d'abatteuses.
  • Huile minérale  : plus stable et qui ne s'oxyde pas à l'air, son pouvoir mouillant et lubrifiant est amélioré par l'incorporation d'une petite quantité de soufre (1 à 3 %) ou de graphite.
  • Huile de synthèse : correspond à la qualité maximale pour la lubrification des moteurs.
  • Huile de coupe : elle doit posséder à la fois un pouvoir mouillant élevé et un pouvoir lubrifiant qui assure, malgré des pressions importantes, l'existence d'une pellicule d'huile entre le copeau et la surface d'attaque de l'outil (filmo-résistance de l'huile).
  • Pétrole lampant : permet l'usinage aisé de certaines matières comme l'aluminium qui auraient tendance à coller sur la face d'attaque de l'outil.
  • Eau savonneuse : utilisée pour lubrifier des chaines de distribution à basse vitesse, dans certains types d'entrepôts.

Depuis quelques années apparaissent des lubrifiants d'une nouvelle génération à base de nanoparticules, et augmentant sensiblement les performances, pouvant aller jusqu'à une diminution de 20 % du coefficient de frottement, et une diminution de 55 % de l'usure des pièces. Et la recherche n'est pas terminée, laissant présager une nette amélioration de la longévité des pièces d'usure, et un meilleur rendement des moteurs.

Lubrifiants de coupe - Conséquences dues à l'usinage[modifier | modifier le code]

Diffusion de la chaleur sur outil de coupe.

Le travail de coupe provoque un fort dégagement de chaleur qui a pour causes :

  • l'effort de rupture du métal ;
  • le frottement du copeau sur la face d'attaque de l'outil.

Ces effets dus à l'échauffement provoquent la destruction de l'arête de coupe par dépassement de la température limite jusqu'à laquelle l'outil conserve sa dureté, ainsi que la déformation de la pièce par suite de dilatation. Cette dilatation entraîne :

  • des erreurs de lecture de cotation ; la température des instruments de mesure (pied à coulisse, palmer, calibre) étant à une température inférieure à celle de la pièce ;
  • un allongement de la pièce qui peut être néfaste à son maintien sur la machine ;
  • un mauvais état de surface.

Lubrifiants[modifier | modifier le code]

  • Le suif, en petite quantité sur les outils (taraud, filière…).
  • les huiles de coupe, à la fois réfrigérantes et lubrifiantes (huile végétale, animale ou minérale).

Fluides réfrigérants[modifier | modifier le code]

  • L'air soufflé.
  • L'eau sur certaines meules d'affûtage. Pour la rectification des pièces, les risques d'oxydation sont diminués par une dissolution dans l'eau d'une faible quantité d'autres produits (carbonate de soude, de potasse, savon, huile de colzaetc.), selon le type de meule et le type de matière à usiner.

Fluides réfrigérants et lubrifiants[modifier | modifier le code]

On peut limiter ces effets par un refroidissement constant et énergique de la zone de coupe, pour cela on utilise plus généralement un fluide appelé Eau de savon ; de couleur blanche, ce fluide est réalisé en mélangeant à l’eau, qui sert de réfrigérant, 5 à 10 % d’huile soluble qui sert de lubrifiant. Cette huile soluble est un mélange d'huile minérale, d'un agent d'émulsion qui assure la stabilité huile-eau, et un agent désinfectant (phénol) pour protéger l'ouvrier des allergies à l'huile (boutons). L'emploi de l'huile soluble est suffisant lorsque la pression copeau-outil n'est pas trop forte (tournage, fraisage, sciage, perçage).

Influences[modifier | modifier le code]

  • Sur la vitesse de coupe, qui sera supérieure de 1,5 à 2 fois à la vitesse de coupe à sec.
  • Sur la pression de coupe, le copeau glisse mieux sur la surface d'attaque de l'outil.
  • Sur l'état de surface, en facilitant l'écoulement du copeau et diminuer le broutement et le phénomène d'arrachage.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fanchon J.-L., Guide des Sciences et technologies industrielles, AFNOR-NATHAN, chap. 13 – Lubrification Graissage, 2008
  2. a et b Frézard Aristide, Frézard Stanislas, « Chronique forestière », dans la Revue des eaux et forêts ; Annales forestières, année 1868, vol. 7, voir p. 175-

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]