Le Soleil (Baudelaire)

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Le Soleil est un poème de Baudelaire publié dans la section Tableaux parisiens des Fleurs du mal.

Situation[modifier | modifier le code]

Il s'agit du deuxième poème de la section « Tableaux Parisiens ». Baudelaire l'a écrit dans sa jeunesse, ce qui explique cet optimisme qui tranche sur les sombres Fleurs du Mal. Succédant à Paysage, il amorce la plongée dans l'univers urbain, et annonce les rôles du poète explorés.

Forme[modifier | modifier le code]

Le poème est composé de trois paragraphes de 8, 8 et 4 alexandrins respectivement. Les rimes sont suivies, par conséquent il n'y a pas de strophes (superstructure métrique) au-delà des distiques rimés, mais seulement des paragraphes (structure typographique).

Le Soleil[modifier | modifier le code]

Le long du vieux faubourg, où pendent aux masures
Les persiennes, abri des secrètes luxures,
Quand le soleil cruel frappe à traits redoublés
Sur la ville et les champs, sur les toits et les blés,
Je vais m'exercer seul à ma fantasque escrime,
Flairant dans tous les coins les hasards de la rime,
Trébuchant sur les mots comme sur les pavés
Heurtant parfois des vers depuis longtemps rêvés.
Ce père nourricier, ennemi des chloroses,
Éveille dans les champs les vers comme les roses;
Il fait s'évaporer les soucis vers le ciel,
Et remplit les cerveaux et les ruches le miel.
C'est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles
Et les rend gais et doux comme des jeunes filles,
Et commande aux moissons de croître et de mûrir
Dans le cœur immortel qui toujours veut fleurir!
Quand, ainsi qu'un poète, il descend dans les villes,
Il ennoblit le sort des choses les plus viles,
Et s'introduit en roi, sans bruit et sans valets,
Dans tous les hôpitaux et dans tous les palais.

Lien interne[modifier | modifier le code]

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