Jeanne Duval

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Jeanne Duval, la "Vénus noire" de Charles Baudelaire.

Jeanne Duval est une muse du poète français Charles Baudelaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

On sait très peu de choses de la vie de Jeanne Duval. La dernière biographie en date de Baudelaire précise : « Nous ignorons les origines familiales de Jeanne et jusqu’au patronyme de celle-ci — si elle en eut un »[1].

Les hypothèses sur ses origines géographiques sont nombreuses et variées : Haïti (Jacmel dans l'île de Saint-Domingue), l'île de la Réunion[2], l’Île Maurice[3], les Mascareignes, l’Inde[4], l’Afrique du Sud[5], Madagascar[6], Saint-Barthélémy...

Sa date de naissance n’est pas connue. Le seul document connu qui l'indiquait a disparu dans un incendie. C'était le registre des entrées de la Maison de santé Dubois (actuel hôpital Fernand-Widal), où Jeanne fut hospitalisée en 1859. Il précisait qu’elle était native de l'île de Saint-Domingue et âgée de 32 ans[7]. Mais cela impliquerait qu’elle avait 15 ans lorsqu’elle rencontra Baudelaire, ce qui semble impossible. Même son nom n’est pas connu avec certitude : pour fuir ses créanciers, elle apparaît sous des patronymes aussi divers que Duval, Lemer, Lemaire ou Prosper.

De même, son aspect physique a été diversement décrit :

  • « Mulâtresse, pas très noire, pas très belle, cheveux noirs peu crépus, poitrine assez plate, de taille assez grande, marchant mal[8] » ;
  • « Elle avait les pommettes saillantes, le teint jaune et mat, les lèvres rouges et les cheveux abondants et ondulés jusqu’à la frontière du crépu[9] » ;
  • « La taille est longue en buste, bien prise, ondulante comme couleuvre, et particulièrement remarquable par l’exubérant, invraisemblable développement des pectoraux[10]. Rien de gauche, nulle trace de ces dénonciations simiesques qui trahissent et poursuivent le sang de Cham jusqu’à l’épuisement des générations[11] » ;
  • « C’était une fille de couleur, d’une très haute taille, qui portait bien sa brune tête ingénue et superbe, couronnée d’une chevelure violemment crespelée et dont la démarche de reine, pleine d’une grâce farouche, avait quelque chose à la fois de divin et de bestial[12] » ;
  • « Elle était très grande, avec la démarche souple des Noirs, et des yeux grands comme des soupières[13] (Nadar). ».

On ignore la date de son arrivée à Paris. En 1838-1839, elle tient de petits rôles, au théâtre de la Porte-Saint-Antoine, sous le nom de scène de Berthe. Elle rencontre alors Nadar, dont elle devient la maîtresse[14]. On ne sait pas comment elle connut Baudelaire, mais la date de cette rencontre se situe entre le 9 avril et le 27 mai 1842[15]. Il existe bien un témoignage sur cette rencontre : « C’est au faubourg Montmartre que, passant un soir en compagnie de Cladel, Baudelaire aperçut Jeanne Duval que des ivrognes tourmentaient. D’instinct Baudelaire s’interposa, puis offrant galamment le bras à la mulâtresse, il la reconduisit chez elle, abandonnant Cladel en pleine rue[16] ». Mais quel crédit accorder à celui qui ajoute : « M. Léon Deschamps, directeur de La Plume, a bien voulu me conter ce détail inédit qu’il tient lui-même de Cladel qui fut l’intime ami et le commensal de Baudelaire », quand on sait que Cladel avait sept ans en 1842 et qu’il ne connut Baudelaire qu’en 1861 ?

Baudelaire installe Jeanne dans l’Île Saint-Louis, au 6, rue de la Femme-Sans-Tête[17], tout près de l’Hôtel Pimodan, sur le Quai d'Anjou, où il habite.

Suivent de longues années de cohabitations, de séparations, de ruptures et de réconciliations.

La vie de Jeanne n’est connue que par ce qu’en disent les lettres de Baudelaire, et surtout celles adressées à sa mère, Mme Aupick. On ne connaît qu’une seule lettre adressée à Jeanne, et Mme Aupick a détruit toutes les lettres de Jeanne à Baudelaire.

En 1845, Baudelaire écrit à son notaire, dans une lettre où il annonce qu’il va se suicider : « Quand mademoiselle Jeanne Lemer vous remettra cette lettre, je serai mort. Elle l’ignore. Sauf la portion réservée à ma mère, Mlle Lemer doit hériter de tout ce que je laisserai[18]. ». Cette tentative de suicide se soldera par une égratignure. Mais un peu plus tard, en 1852 : « Jeanne est devenue un obstacle, non seulement à mon bonheur, ceci serait bien peu de chose, moi aussi je sais sacrifier mes plaisirs et je l’ai prouvé, mais encore au perfectionnement de mon esprit. […] J’ai des larmes de honte et de rage dans les yeux en t’écrivant ceci ; et en vérité je suis enchanté qu’il n’y ait aucune arme chez moi ; je pense aux cas où il m’est impossible d’obéir à la raison et à la terrible nuit où je lui ai ouvert la tête avec une console[19] ».

Ils se quittent, mais la séparation est loin d’être totale : « Pendant quelques mois, je suis allé la voir deux ou trois fois par mois, pour lui porter un peu d’argent[20] ». Le 18 novembre 1853, Baudelaire écrit à sa mère : « Ma chère mère, j’ai eu avant-hier quelqu’un à enterrer ». Il pourrait s’agir de la mère de Jeanne. Jacques Crépet a découvert l’acte de décès d’une Jeanne Lemaire, décédée à Belleville le 15 novembre 1853, veuve, née à Nantes, âgée de 63 ans[21]. Les frais de son inhumation vaudront à Baudelaire de cruelles difficultés financières : « J’ai payé les frais de l’exhumation et de la réinhumation : 86 francs le terrain, 10 francs pour les ouvriers, 25 pour l’entourage en menuiserie : 121 francs. Après avoir payé ma blanchisseuse, ma concierge et acheté un peu de bois, il ne m’est rien resté[22] ».

Ils renouent en 1855. En décembre, Baudelaire habite avec elle « dans le quartier du boulevard du Temple, 18 rue d’Angoulème[23],[24] ».

Nouvelle rupture en septembre 1856 : « Ma liaison, liaison de quatorze ans avec Jeanne est rompue. Ce détachement, cette lutte a duré quinze jours. […] Moi, je sais que je regretterai toujours cette femme. […] Encore maintenant, et cependant je suis tout à fait calme, je me surprends en voyant un bel objet quelconque, un beau paysage, n’importe quoi d’agréable : pourquoi n’est-elle pas avec moi ? […] Je n’ai pas pu voir Ancelle avant son départ. Je savais qu’il passerait par Bordeaux et je lui ai écrit poste restante. Je lui disais simplement que peut-être à son retour, je le prierais d’aider cette malheureuse femme, à qui je ne laisse que des dettes[25] ».

Au début de 1859, il habite de nouveau avec elle[14], puis il s’installe seul à Honfleur. Le 5 avril, Jeanne est frappée d’une attaque d’hémiplégie. Depuis Honfleur, Baudelaire réussit à la faire admettre à la Maison de santé Dubois[26], qui accueillait généralement des écrivains et des artistes, puis il s’évertue à régler les frais d’hospitalisation : « Vous recevrez cette lettre et ce billet samedi 30. Il faut que je verse le 3 mai 120 francs à la Maison de santé plus 30 francs à la garde-malade. Je ne puis pas aller à Paris. Profitez du samedi (demain) pour escompter ce papier, payable ici, chez ma mère, et dès dimanche, envoyez 150 francs (un billet de 100 et un de 50 ou un mandat) à M. le Directeur de la Maison municipale de santé, 200 faubourg Saint-Denis. Vous direz dans votre lettre que vous envoyez cela de la part de M. Baudelaire pour la pension de Mlle Jeanne Duval, qu’il y a 120 francs pour la pension et que les 30 francs doivent être remis à la malade elle-même pour sa garde. Le reçu sera remis à Mlle Duval[27]. » Jeanne sort le 19 mai, paralysée du côté droit[28], et Baudelaire l’installe dans un petit appartement loué à Neuilly, qu’il habitera quelque temps avec elle. Désormais, Baudelaire se considérera comme le « tuteur » de Jeanne : « Tu supposes toujours que je suis un ingrat et puis tu oublies qu’après avoir été longtemps un fainéant et un libertin, je suis obligé de jouer maintenant le rôle de papa et de tuteur. Il ne s’agit pas seulement de dépenses, il s’agit de penser pour un esprit affaibli[29]. » ; « Ma chère fille, il ne faut pas m’en vouloir si j’ai brusquement quitté Paris sans avoir été te chercher pour te divertir un peu. […] En attendant, comme je puis rester une semaine absent et que je ne veux pas que dans ton état tu restes privée d’argent même un jour, adresse-toi à M. Ancelle[30] ».

En 1861, l’apparition d’un frère de Jeanne va provoquer une nouvelle rupture : « Je n’ai pas écrit à Jeanne. Je ne l’ai pas vue pendant près de trois mois ; naturellement, je ne lui ai pas envoyé un sol. Elle est venue me voir hier ; elle sort de l’hospice, et son frère sur qui je la croyais appuyée, lui a vendu en son absence une partie du mobilier[31] ».

Pendant son séjour en Belgique, Baudelaire écrit à son notaire Narcisse Ancelle : « Je vous supplie d’envoyer 50 francs à Jeanne, sous enveloppe (Jeanne Prosper, 17 rue Sauffroy, Batignolles) […] Je crois que cette malheureuse Jeanne devient aveugle[32] ».

C’est la dernière trace de Jeanne dans les lettres de Baudelaire. Elle sera de nouveau mentionnée sous la plume peu charitable de sa mère : « La Vénus noire l’a torturé de toutes manières. Oh ! si vous saviez ! Et que d’argent elle lui a dévoré ! Dans ses lettres, j’en ai une masse, je ne vois jamais un mot d’amour. […] Sa dernière en avril 1866, lorsque je partais pour aller soigner mon pauvre fils à Bruxelles, lorsqu’il était dans de si grands embarras d’argent, elle lui écrit pour une somme qu’il faut qu’il lui envoie de suite. Comme il a dû souffrir à cette demande qu’il ne pouvait satisfaire ! Tous ces tiraillements ont pu aggraver son mal et pouvaient même en être la cause[33] ».

Après la mort de Baudelaire, seuls deux témoignages sortiront Jeanne de l’oubli : Nadar signale l’avoir aperçue en 1870, claudicant sur ses béquilles ; la cantatrice Emma Calvé relate une visite qu’elle fit à Jeanne : « Sous le nom de Jeanne Prosper, elle habitait un modeste logis, quelque part aux Batignolles. Elle arriva sur deux béquilles, coiffée d’un madras multicolore d’où s’échappaient des mèches folles, grises et frisées, aux oreilles des anneaux d’or[34] ».

On ne connaît ni la date de son décès, ni le lieu de son inhumation[35].

Influence de Jeanne sur Baudelaire[modifier | modifier le code]

Les commentaires de ses contemporains sur l’influence qu’a pu exercer Jeanne sur Baudelaire sont généralement négatifs. Ils s’expliquent largement par le racisme, la misogynie et les stéréotypes, alors ordinaires à l'encontre la femme noire (hypersexualité, paresse, etc.) et qui ont encore parfois cours de nos jours[36],[37]. Il est généralement admis qu’elle lui a inspiré quelques-uns de ses plus beaux poèmes. Mais la plupart des biographes l’accusent de l’avoir persécuté, ruiné et même empêché de réaliser son œuvre. D'autres, moins nombreux, la décrivent en victime dévouée du « grand homme ». Il est pourtant probable que ces deux aspects de leur relation ont été inextricablement liés : « Opposant divinité et bestialité, [les] poèmes qui la chantent si magnifiquement s’opposent à ceux où l’amour se change en combat, laissant deviner l’histoire d’une liaison tempétueuse, faite de ruptures et de retrouvailles, de volupté et de férocité, de remords, de dévouement, d’égoïsme et de charité[38]. »

Dans son livre Sympathie pour le fantôme, l'écrivain Michaël Ferrier propose une relecture moderne des relations entre Baudelaire et Jeanne Duval, à laquelle il consacre le quatrième chapitre de son livre. Après voir rappelé les nombreux préjugés qui courent, aujourd'hui encore, sur la figure de Jeanne Duval (« Même chez ses meilleurs commentateurs, elle est presque uniquement rattachée à une veine exotique et érotique : le plus souvent, elle est évoquée comme un élément séparé, une aberration allogène. »), Ferrier lui redonne une importance fondatrice en la reliant non pas aux goûts sexuels de Baudelaire, mais à son esthétique novatrice, et en replaçant cette rencontre dans son contexte à la fois biographique (le voyage du jeune Baudelaire aux Mascareignes) mais aussi social et esthétique : le désir de rénovation poétique de Baudelaire et ses fréquentations littéraires et amicales comme le poète Auguste Lacaussade, le romancier Alexandre Privat d'Anglemont : « Baudelaire recherchera toujours la compagnie de cette minorité frottée d’autres langues, à la peau tantôt blanche et tantôt brune, aux cheveux fins ou crépus, aux yeux remplis de paysages changeants et d’horizons différents. (...) Si Jeanne Duval est passionnante dans le paysage français du XIXe siècle, c’est certes pour son destin exceptionnel, et le caractère unique de cette prostituée provocante, pointue, ironique, munie de ce goût aristocratique de déplaire qui sied si bien aux descendants d’esclaves… Mais c’est aussi parce qu’elle est représentative d’un grand mouvement de fond qui emporte – et aujourd’hui peut-être plus que jamais – la culture française. » (Sympathie pour le fantôme, Gallimard, 2010).

Poèmes inspirés par Jeanne[modifier | modifier le code]

Les critiques s’accordent en général pour estimer que les poèmes suivants ont été (plus ou moins directement) inspirés par Jeanne :

Ils sont plus partagés pour :

Iconographie[modifier | modifier le code]

Édouard Manet. Maîtresse de Baudelaire
  • Baudelaire, Jeanne Duval, dessin à la plume à l’encre de Chine, 1865, Musée du Louvre, Département des Arts graphiques.
    Ce dessin dont une reproduction figure en tête de l’article, porte de la main de Poulet-Malassis : « dessin de Baudelaire 27 fév 65 » et de la main de Baudelaire : « quaerens quem devoret », citation de la Première épître de Pierre (V, 8) : « le diable, comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ». Il a été acquis par Le Louvre en 1988 ;
  • Baudelaire, Jeanne Duval, dessin à la plume à l’encre de Chine, ca 1858-1860, annoté par Poulet-Malassis ;
  • Baudelaire, La Femme sans nom, dessin à la plume à l’encre de Chine.
    Cette « femme sans nom » pourrait être Jeanne, à qui cette appellation convient parfaitement ;
  • Baudelaire, Vision céleste à l’usage de Paul Chenavard, dessin à la plume à l’encre de Chine et vermillon, ca 1860 ;
  • Courbet, L'Atelier du peintre, huile sur toile, 1855, Musée d’Orsay.
    Jeanne figurait sur cette toile, mais Courbet l’a dissimulée sous une couche de peinture[39]. Ironiquement, le temps faisant son œuvre, cette couche de peinture s’est altérée et Jeanne est de nouveau visible près de son amant ;
  • Édouard Manet, Maîtresse de Baudelaire, huile sur toile, 1862, Musée des beaux-arts de Budapest.
    Bien que cette « maîtresse » soit généralement considérée comme représentant Jeanne, tous les historiens ne sont pas d’accord avec cette attribution : « After the 1983 Manet retrospective, Jean Adhémar disputed this painting’s identification with Jeanne Duval completely. For Adhémar, the dates don’t work and the logic of Manet painting such an image of Baudelaire’s long-time partner in the early 1860's makes no sense. […] In 1994-5, Henri Loyrette maintains the radical doubt about the painting’s link with Jeanne Duval[40] ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Pichois et Jean Ziegler, Baudelaire, Fayard, 2005, p. 14.
  2. « Jeanne Duval est née à Haïti et précisément à la ville de Jacmel », Elvire Maurouard, Les Beautés noires de Baudelaire, Karthala, 2005, p. 14, sans aucune mention de source.
  3. Léoville L’Homme, Revue littéraire et artistique de l’Île Maurice, 1er mars, 15 mars, 1er avril 1893.
  4. Théophile Gautier, « Notice sur Baudelaire », dans Œuvres complètes de Baudelaire, Michel Lévy frères, 1869, t. I, p. 32.
  5. Maxime du Camp, Souvenirs littéraires, Hachette, 1883, t. II, p. 81.
  6. Isabelle Viéville Degeorges, Baudelaire clandestin de lui-même, Page après page, 2004, p. 110.
  7. Jacques Crépet, Petites énigmes baudelairiennes, Mercure de France, n° 315, juillet 1952, p. 242.
  8. Ernest Prarond, cité dans Eugène Crépet, Charles Baudelaire, Messein, 1928, p. 55.
  9. Jules Buisson, loc. cit.
  10. Euphémisme courant chez Nadar pour désigner la poitrine féminine.
  11. Nadar, Charles Baudelaire intime, Obsidiane, 1985, p. 10.
  12. Banville, Mes souvenirs, Charpentier, 1882, p. 74.
  13. cité dans Lecture de Baudelaire de Louis Aguettant, l'Harmattan, 2001, p. 19 (ISBN 2-7475-0260-0).
  14. a et b Claude Pichois, Baudelaire. Correspondance, Gallimard, Pléiade, 1973, t. II, p. 1009.
  15. Claude Pichois, Baudelaire à Paris, Hachette, 1967, p. 18.
  16. Daruty de Grandpré, « Baudelaire et Jeanne Duval », La Plume, 1er août 1893.
  17. aujourd’hui rue Le Regrattier.
  18. lettre à Narcisse Ancelle, 30 juin 1845.
  19. lettre à sa mère, 27 mars 1852.
  20. lettre à sa mère, 26 mars 1853.
  21. J. Crépet, Propos sur Baudelaire, Mercure de France, 1957, p. 149. Toutefois, on conçoit a priori assez mal que cette femme, née à Nantes vers 1790 et morte à Paris, ait accouché à Saint-Domingue vers 1827.
  22. lettre à sa mère, 31 décembre 1853.
  23. aujourd'hui rue Jean-Pierre Timbaud.
  24. « Demain matin, mon cher ami, vous recevrez la visite de Mme Lemer. Vous lui remettrez 500 francs contre un reçu de moi. »lettre à Narcisse Ancelle, 24 décembre 1855.
  25. Lettre à sa mère, 11 septembre 1856.
  26. aujourd’hui Hôpital Fernand-Widal.
  27. lettre à Auguste Poulet-Malassis, 29 avril 1859.
  28. « Puisque tu n’as pas le courage d’écrire de la main gauche, fais écrire l’adresse par ta domestique. » Lettre à Jeanne, 17 décembre 1859 (la seule lettre à Jeanne qui nous soit parvenue).
  29. lettre à sa mère, 15 octobre 1859.
  30. lettre à Jeanne, 17 décembre 1859.
  31. lettre à sa mère, 1er avril 1861.
  32. vers le 10 mai 1864.
  33. lettre de Mme Aupick à Charles Asselineau, 24 mars 1868.
  34. Emma Calvé, Sous tous les ciels j’ai chanté, Plon, 1940, p. 140. Le témoignage n’est pas daté, mais il ne peut être antérieur à 1878.
  35. certains commentateurs pensent que l’un des poèmes de Baudelaire : « Remords Posthume », est une référence à la mort de Jeanne. Cette dernière serait alors morte bien avant 1870.
  36. « [Baudelaire] se lie avec une mulâtresse, une infime théâtreuse qui se livre surtout à la galanterie. Cette technicienne restera sa maîtresse toute sa vie. […] Cette minable figurante qui s’adonne à la prostitution et à l’alcool, convertira l’art de Baudelaire à la nuit. » Paul Guth, Histoire de la littérature française, Fayard, 1967, p. 472.
  37. « Elle sait de longue date qu’elle est maîtresse en amour et qu’elle a assez d’expérience pour répondre à tous les désirs, au moindre des fantasmes, à la plus basse des manies de cet homme exalté qui vient de tomber sous son joug. […] Elle sait qu’elle est différente des autres femmes qu’il a connues […]. Y compris les professionnelles des maisons closes […]. Elle sait, elle, qu’elle est, par rapport à toutes ces filles, une vicieuse. » Jean-Baptiste Baronian, Baudelaire, Folio biographies, 2006, p. 49-50.
  38. Claude Pichois, Jean-Paul Avice, Dictionnaire Baudelaire, Du Lérot, 2002, p. 241.
  39. Michèle Haddad, « Baudelaire et Courbet » dans Baudelaire et quelques artistes : affinités et résistances, L'Année Baudelaire, n° 3, 1997, p. 42 et Jill Matus, « Blonde, Black, and Hottentot Venus », dans Angela Carter, dir. Alison Easton, MacMillan, 2000, p. 162.
  40. Griselda Pollock, Differencing the Canon. Feminist Desire and the Writing of Art’s Histories, Routledge, 1999, p. 263.