La Junte des Philippines

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La Junte des Philippines
Junta de la Compañía de Filipinas
Image illustrative de l'article La Junte des Philippines
Artiste Francisco de Goya
Date 1815
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 127 × 447 cm
Localisation Musée Goya, Castres (France)

La Junte des Philippines ou Sessions de la junte de la compagnie royale des Philippines ( en espagnol Junta de la Compañía de Filipinas) est une huile sur toile peinte par Francisco de Goya vers 1815. C’est son œuvre de plus grande dimensions[1].

Présentation[modifier | modifier le code]

C’est une commande faite par José Luis Munárriz, directeur de l'institution, destinée à célébrer le 30 mars la réunion annuelle de la Compagnie royale des Philippines et de ses 51 membres[2]. À cette époque, Goya était affecté par le retour sur le trône de Ferdinand VII d’Espagne après son exil, à l’opposé des Lumières que soutenait Goya et les libéraux. On retrouve un tel sentiment dans Le Sabbat des sorcières.

La toile représente le moment où, de façon inattendue, Ferdinand VII décide d’assister à la réunion de la Junte, dans un parallèle avec son retour au trône d’Espagne. Cependant, son retour eut un effet opposé ; à cette époque l’économie espagnole était ruinée par la guerre péninsulaire, et l’empire espagnol était en cours de démembrement[1]. La compagnie royale des philippines endettée creusait ses pertes et était complètement inefficace. Le Roi n’avait rien appris de ses prédécesseurs ni des changements récents induits par les lumières, persécutant les libéraux et les poussant à l’exil. Même si Goya resta en Espagne durant ces années et continua a peindre le roi, il dû fuir en France en 1824[3].

Comme en 1800, avec La Famille de Charles IV, le roi est représenté en grande pompe. Il est représenté au centre, assis à un imposante table et flanqué de ses plus puissants conseillés. À sa gauche Miguel de Lardazibal, ministre des Indes, qui fut emprisonné en Septembre et force à l’exil par la couronne. Dans les avant-plans, l’assemblée est divisée en deux, sur des bancs parallèles séparés par un tapis. Une lumière intense sur le sol se répand devant le monarque, et provenant d’une source externe que le spectateur ne voit pas[2]. Bien que ce fut une œuvre de commande pour mettre en valeur le cérémonial[2] cette lumière vive, met en évidence de manière peu flatteuse la centralité d’un roi impuissant. Pour l’historien de l’art Albert Boime, le peintre montre que le monarque dirige non par le respect mais par la puissance absolue et la peur[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hughes, 346
  2. a, b et c Roskill, 51
  3. Junquera, 14
  4. Boime, 111

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]