L'Assemblée des femmes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'Assemblée des femmes (en grec ancien Ἐκκλησιάζουσαι / Ekklêsiázousai, littéralement « Celles qui siègent à l’assemblée »[1]) est une comédie grecque antique d’Aristophane écrite vers 392 av. J.-C.

Argument[modifier | modifier le code]

Les Athéniennes, à l'instigation de l'une des leurs, Praxagora, se rassemblent à l'aube sur l'agora pour prendre à la place des hommes les mesures qui s'imposent pour sauver la cité.

Quand ceux-ci se réveillent le lendemain, ils découvrent avec stupéfaction les réformes que les femmes entendent adopter : mise en commun des biens, droit pour les femmes les plus laides et les plus âgées de choisir un compagnon. Le soir, un grand banquet fête l'établissement du nouvel ordre des choses, et la pièce s'achève dans une atmosphère véritablement dionysiaque.

En mettant en scène les débats des Athéniennes, qui prêtent à rire par leur manque de portée politique, mais aussi par leur défaut de sens pratique et la défense immodérée des intérêts particuliers qui y apparaît, ce sont les projets de constitution qui animent l'Athènes de son temps qu'Aristophane entend tourner en dérision. On observe également dans cette pièce la désillusion du grand poète comique, dont l'amertume ne fait que croître après la capitulation d'Athènes qui clôt la guerre du Péloponnèse en -404, ainsi que devant la dégradation des institutions politiques athéniennes, qui a abouti au rétablissement de la tyrannie en -411, puis en -404.

Insolite[modifier | modifier le code]

La pièce contient le mot grec ancien le plus long λοπαδοτεμαχοσελαχογαλεοκρανιολειψανοδριμυποτριμματοσιλφιοκαραϐομελιτοκατακεχυμενοκιχλεπικοσσυφο- φαττοπεριστεραλεκτρυονοπτεκεφαλλιοκιγκλοπελειολαγῳοσιραιοϐαφητραγανοπτερυγών, translittéré : lopadotemakhoselakhogaleo­kranioleipsanodrimypotrimmato­silphiokarabomelitokatakekhymeno­kikhlepikossyphophattoperistera­lektryonoptekephalliokinklope­leiolagōiosiraiobaphētraga­nopterygṓn (v. 1169-1174).

Le dictionnaire Liddell & Scott traduit ce terme par : « nom d’un plat composé de toutes sortes de délicatesses, poissons, chair, volaille et sauces ». Ce genre de mots composés à rallonge est une marque évidente d'humour, une parodie des composés épiques qui abondent dans l'Iliade par exemple.

Hommage[modifier | modifier le code]

Praxagora est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine de Judy Chicago, The Dinner Party, aujourd'hui exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Les noms des 999 autres femmes figurent sur le socle de l'œuvre. Le nom de Praxagora figure sur le socle, elle y est associée à Sophie, sixième convive de l'aile I de la table[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’ironie d’Aristophane se traduit dès le titre car l’accès à l’ecclésia est réservé aux hommes ; ce participe présent féminin est donc déjà une aberration.
  2. Musée de Brooklyn - Praxagora

Sur les autres projets Wikimedia :