Julien Paluku Kahongya

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Julien Paluku Kahongya 2009

Julien Paluku Kahongya, né le 13 décembre 1968 à Buramba (Rutshuru, Nord-Kivu), est le gouverneur du Nord-Kivu depuis le 24 février 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Paluku Kyavuyirwe, est originaire du territoire de Lubero. Julien Paluku Kahongya a fait ses études primaires à Nyamitwitwi (Rutshuru) et ses études secondaires à Nyamilima (Rutshuru). Il a obtenu un diplôme de graduat à l'Institut Supérieur de Développement Rural ISDR à Bukavu en 1993 et une licence en Santé communautaire à l'Université libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL), Campus de Butembo en 2005.

Il a enseigné à Nyamilima de 1988 à 1989 et à Goma de 1994 à 1998. Il est un ancien militant de l'UDPS.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1996, lorsque l’AFDL entre à Goma le vendredi 1er novembre, Julien Paluku est toujours professeur à l’Institut Mikeno. Dès la "libération", il suit un séminaire de formation aux nouveaux postes de gestion du pays. Il fait ensuite partie de la 2e promotion de la formation militaire au centre d'instruction de Rumangabo.

Après cette formation, il devient animateur au bureau provincial de l'AFDL chargé de l'idéologie, et parallèlement secrétaire à la coordination des cadres politicio-militaires de la même organisation.

En août 1998, il rejoint le mouvement du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). En octobre 1998, il est envoyé à Lubero comme administrateur du territoire assistant chargé de l'administration.

En mai 1999, alors que le RCD éclate et le Lubero devient territoire de la RCD/K-ML. Il est alors désigné au secrétariat de la commission électorale pour organiser les élections du maire de la nouvelle ville de Butembo.

En octobre 1999, il est nommé administrateur du territoire de Lubero, succédant à Sikuly'Uvasaka Makala, élu maire de Butembo. Il restera administrateur du Lubero jusqu'au 3 mars 2003.

Le mandat de Julien Paluku s'est centré sur les axes suivants :

  • La sensibilisation des may-may Vita Kitambala, La Fontaine, Jackson Muhuka Mbuto pour l’intégration aux seins des forces du RCD/K-ML appelées APC (Armée du Peuple Congolais),
  • Mission de restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire de Lubero ayant une superficie de 18 096 km2.
  • Négociation en plein parc de Virunga avec les autorités du RCD/Goma (à la place appelé armoirie) pour tenter d’apaiser la tension entre le RCD/Goma et le RCD/K-ML
  • Négociation à Nambole à kampala (Mandela National Stadium) dans les conflits qui déchiraient l’Ituri (en 2001)

Maire de Butembo[modifier | modifier le code]

Julien Paluku est nommé le 4 mars 2003 maire de la ville de Butembo, succédant à Eric Kamavu (Ambassadeur de la RDC en Angola de 2006-2009) qui devient Ministre dans le Gouvernement du RCD/K-ML basé à Beni.

Il poursuit les efforts de construction d’un imposant immeuble de la mairie de Butembo en partenariat avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC). En 2003, il fait construire le 1er parking public, le seul dans la province du Nord-Kivu. Il fait aménager les grandes artères de la ville de Butembo pour lui donner la forme de la ville avec des ronds points construits, des caniveaux débouchés. Il fait construire le pont Cugeki, inauguré le 2 juillet 2005 permettant ainsi de relier 2 communes séparées par la rivière Kimemi depuis une vingtaine d’année, l’unique passerelle qui ouvre la ville sur l’Evêché du Diocèse de Butembo-Beni.

Julien Paluku a résisté devant l’avancée des troupes du RCD/Goma qui, en juin 2003, campèrent à la porte de Butembo.

Maire de Beni[modifier | modifier le code]

À la suite de la réunification du pays, Julien Paluku est nommé maire de Beni le 9 juillet 2005 et prend officiellement fonction le 18 juillet.

Il s'investit dans la réhabilitation des voiries urbaines, la réfection des ponts, la construction du bureau des services administratifs de la ville de Beni et la construction d’un immeuble pour la commune de Rwenzori.

Pendant ce mandat, Julien Paluku obtient son diplôme de licencié en Santé et Développement Communautaire à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL).

Député provincial[modifier | modifier le code]

En 2006, Julien Paluku est élu député provincial dans la circonscription de Butembo sur la liste des Forces du Renouveau avec 38 800 voix à côté de 160 candidats prétendants.

Gouverneur du Nord-Kivu[modifier | modifier le code]

Le 27 janvier 2007, Julien Paluku est élu gouverneur du Nord-Kivu au sein de l’assemblée provinciale composée de 42 députés, avec 25 voix pour et 17 voix.

Le programme quinquennal a été axé autour des trois piliers suivants:

  • La sécurisation de la province
  • La réconciliation provinciale
  • La cohabitation pacifique-et le développement

Le 28 novembre 2011, il est réélu comme député National en territoire de Lubero.

Média[modifier | modifier le code]

Il est le fondateur de la radio locale de butembo RTVH.

Critiques[modifier | modifier le code]

Julien Paluku est souvent présent à la radio pendant les débats, notamment à la Radio Okapi, la radio onusienne écoutée dans tout le pays. Depuis la législature de 2006, il a été désigné comme porte-parole des gouverneurs des provinces. Il a profité de cet outil médiatique pour se faire connaître davantage en dehors du Nord-Kivu. , qui vante en longueur des journées ses bilans dans un contexte d’insécurité généralisée couplé à ses sorties médiatiques démagogiques ont fait baissé sa côte de popularité. En effet, dans le contexte d’insécurité généralisée on lui reproche de s’être éloigné des réalités de sa base. Son soutien électoral en novembre 2011 à Joseph Kabila, visiblement désavoué par la population de l’Est, y est pour quelque chose. Pire encore, alors que le président de son parti politique le RCD/K-ML, Mbusa Nyamwisi, était lui-même candidat aux élections, Julien Paluku battait campagne contre son parti qui pourtant l’avait porté comme gouverneur de province. Certains ne manquent pas de le qualifier d’opportuniste voire d’étranger faisant douteux son appartenance à l’ethnie des Nande. On lui reproche tout comme le clergé catholique d’être à la base de cette machine de diabolisation contre Mbusa Nyamwisi, accusant ce dernier sans preuve d’être de mèche avec la rébellion du M23 déclenché au Nord-Kivu en avril 2012. Comme gouverneur, monsieur Julien ne cessait de dire tout le temps à la radio que cette rébellion n’était qu’une simple mutinerie alors que la population y voyait la main invisible du Rwanda. Il est accusé de faire la traque de la famille biologique de Mbusa Nyamwisi dans cette accusation. Du fait des liens familiaux, le frère, le beau-fils et le beau-père de ce dernier ont été arrêtés les associant au mouvement M23.

Par ailleurs, alors que la province dispose d’un porte-parole, ses sorties médiatiques ont fait croire à la population qu’il serait un dictateur en miniature à qui il ne faut pas faire confiance. Dans la rue à Butembo et à Beni, ses détracteurs et anciens camardes du RCD-KML vont même plus loin le comparant à un enfant qui refuse l’identité de son père quand ce dernier devient pauvre, ou encore d’un enfant qui se fait adopter dans une autre famille lorsque ses parents ne sont plus en mesure de satisfaire à ses gourmandises. Sa réélection en 2011 comme député en milieu rural est d’ailleurs considéré à Butembo et à Beni comme le fruit de la ruse qui profite de l’ignorance des populations rurales qui n’ont pas accès aux informations contrairement au milieu urbain. Son échec, estiment-ils, serait cuisant à l’instar de tous les autres candidats de la majorité présidentielle qui s’y sont présentés. Pendant la même campagne électorale, Julien Paluku semble avoir choqué une certaine couche de la population catholique féminine pour avoir comparé dans son meeting la première dame du pays à Marie mère de Dieu pour son rôle d’intercession auprès du président sortant.

Il est accusé de détourner le fonds public en utilisant les projets de la province comme appât pour s’enrichir. Le détournement d’au moins 6 millions de dollars à la tête de la province serait aussi un des arguments utilisés pour les différentes motions de défiance. Le député Nzangi Muhindo et Jean-Chrysostome Vahamwiti ont été ainsi ses plus grands opposants voire ennemis à l’assemblée provinciale de Goma. La dégradation des routes dans la province pendant son mandat, les assassinats, ses distances du monde catholique qui constitue la majorité de la population sont autant d’éléments qui ne jouent pas à sa faveur.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Annexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]