Je suis Juan de Pareja

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Je suis Juan de Pareja est un roman pour la jeunesse d'Elisabeth Borton de Treviño. Ce livre est paru en 1965 aux États-Unis et en 1989 en France. Il a obtenu la médaille Newbery en 1966.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le roman relate l'histoire de Juan de Pareja, esclave noir récemment passé au service de Don Diego, qui n'est autre que le peintre Diego Vélasquez.

Ce roman est librement inspiré de la vie de Juan de Pareja, dont on ne sait presque rien avant 1642 et un peu plus après. Celui-ci était un esclave et assistant de Vélasquez qui devint peintre après avoir été affranchi en 1652. A la différence du roman, il était d'origine maure, natif d'Antequera (non de Séville) et « de couleur étrange » d'après Palomino. Le portrait de Juan de Pareja que fit Diego Vélasquez à Rome en 1648 ainsi que les autoportraits de Juan de Pareja montrent un homme basané, mais non noir. De plus, les premières informations au services de Vélasquez, et dans l'entourage de la cour datent de 1642, date très largement postérieure à la visite de Rubens à Madrid (1628).

Chapitre 1: Où j'apprends mon alphabet[modifier | modifier le code]

Juan de Pareja est le fils d'une esclave noire et, il pense (car sa mère ne lui a jamais dit), qu'il vient d'un magasinier espagnol blanc. Sa mère meurt quand il a cinq ans et il devient alors le page de sa maîtresse, originaire du Portugal et mariée à un riche marchand de Séville. Elle le traite bien et lui apprend à lire et à écrire. C'est un excellent élève et rapidement, il écrit mieux que sa maîtresse et écrit alors à sa place ses lettres. Il est heureux quand, suite à des maladies, son maître meurt et plonge sa maîtresse dans un profond chagrin. Puis, moins d'un an plus tard, la peste s'abat sur la ville tuant ainsi de nombreuses personnes, dont sa maîtresse. Il parvient à survivre grâce à un moine, frère Isidro, et commence alors un long rétablissement. Il apprend alors que sa maîtresse l'a légué à son neveu, Don Diego Rodriguez da Silva y Velazquez, dit Velazquez, un grand peintre espagnol établi à Madrid.

Chapitre 2: Où l'on m'envoie à Madrid[modifier | modifier le code]

Après qu'un magistrat ait fait l'inventaire des nouvelles possessions de Velazquez, Juan de Pareja finit sa convalescence au monastère de frère Isidro où il aide à soigner les malades et les laissés-pour-compte en leur donnant à manger et en prodiguant tous les soins nécessaires aux occupants misérables du monastère. Un jour, frère Isidro vient le chercher et l'emmène chez le magistrat. Là, il est décidé que Juan partira très prochainement pour Madrid, chez son nouveau maître. Il fait alors de tristes adieux à frère Isidro. Il pense que des ennuis approchent...

Chapitre 3: Où je fais la connaissance de Don Carmelo[modifier | modifier le code]

Juan de Pareja voyage jusqu'à Madrid en compagnie de Don Carmelo (qui, même s'il n'est pas gentilhomme, exige de Juan de le faire appeler Don), un muletier qui transporte les affaires des anciens maîtres du jeune esclave noir jusqu'à Madrid, chez Velazquez. C'est un gitan qui, quand il n'est pas en compagnie de ses semblables le soir en faisant le fête toute la nuit, bat Juan pour s'amuser. Juan doit apprendre à trouver sa nourriture tout seul car Don Carmelo ne lui fournit pas de nourriture et exige même sa dîme tous les jours. Mais il n'accepte plus ces traitement et décide de fuir à l'arrivée dans une grande ville. Il se fait engager par un boulanger, Don Dimas, pour 40 jours en échange de nourriture et d'un manteau quand il repartira. Puis Juan reprend la route de Madrid en compagnie d'un jeune cavalier très sympathique. Juste avant leur rentrée dans Madrid, son compagnon de voyage l'abandonne car il a de nombreuses dettes et il a peur que les créanciers s'empare de Juan, ne sachant pas qu'il lui appartient. Il lui offre même un réal. Mais pendant la nuit, Juan est surpris par Don Carmelo qui le traine attaché à sa selle en le fouettant jusqu'à la maison de Velazquez car ce dernier a refusé de le payer tant qu'il n'aurait pas l'esclave. Velazquez accueille Juan gentiment et le traite avec délicatesse. Il le soigne et après une longue convalescence, Juan est de nouveau sur pieds.

Chapitre 4: Où je fais mon apprentissage[modifier | modifier le code]

La maison est occupée par 6 personnes (en plus de Juan): Velazquez, sa femme, leurs deux filles, Francisca et Ignacia, une servante et un cuisinier. Juan n'a pas à s'occuper des tâches ménagères mais doit aider le Maître à l'atelier. Il doit broyer les couleurs, préparer la palette du maître, laver les pinceaux, etc. Plus tard, il apprend à tendre les toiles sur les châssis, tache extrêmement difficile et on lui confie des tâches de plus en plus importantes. Petit à petit, il commence à aimer le maître et à éprouver de la loyauté et de l'affection pour lui. Il est bien traité et se sent même « utile et estimé » mais le refus du Maître de lui enseigner la peinture l'attriste. C'est Maîtresse qui lui apporte la raison en lui disant que les arts en Espagne sont interdits aux esclaves. Deux apprentis arrivent à la maison: Cristobal, doué pour la peinture mais méchant et perfide et Alvaro, tout l'inverse de Cristobal. Velazquez leur apprend avant tout que l'art doit être vrai et doit « reposer sur la plus solide vérité ». Un jour, un messager du roi arrive, annonçant que le roi veut que le Maître fasse son portrait et lui donne un atelier au palais. Cela signifie pour Velazquez gloire, fortune, honneurs et dignité.

Chapitre 5: Où Rubens visite notre cour[modifier | modifier le code]

Velazquez s'installe dans le nouvel atelier du palais. Il ne reçoit d'abord que la visite du duc d'Olivares, le favori du roi, puis un jour le roi, Philippe IV, vient en personne pour sa première séance de pose. Entre le peintre et le roi une amitié nait car le roi aime le caractère taciturne du maître. Velazquez a du succès et est invité par le roi à des bals, des fêtes... Juan grandit et commence à se raser. En 1628, la cour reçoit la visite de Rubens et le Maître est chargé d'être son guide. Les deux maîtres de la peinture s'entendent très bien. Un jour, ils vont visiter l'atelier d'un sculpteur, Don Gil, et Juan apprend là qu'il utilise des modèles vivants pour réaliser les crucifix et dernièrement, un des modèles étaient morts alors qu'il était sur la croix. Cela le choque beaucoup. Puis Velazquez fait à nouveau une leçon aux deux apprentis en leur répétant que l'Art doit être Vérité, que seul cela compte.

Chapitre 6: Où je tombe amoureux[modifier | modifier le code]

Lors d'un banquet, Juan tombe amoureux d'une jeune esclave noire de la suite de Rubens qui se nomme Miri. Elle se fait remarquer lors de cette fête en chantant d'une manière admirable. Le lendemain, en allant dans les appartements de la suite de Rubens pour porter une lettre, Juan voit Miri avoir une attaque. Le docteur que Juan va chercher parvient à la réveiller et lui redonner conscience mais Miri, se met à pleurer en disant qu'elle a peur que sa maîtresse la vende à cause de ses maladies, transmettant cette même peur à Juan, qui en est alors terrifié. Puis Miri s'en va et Juan mettra du temps à l'oublier.

Chapitre 7: Où je visite l'Italie[modifier | modifier le code]

Juan offre aux petites filles, Francisca et Ignacia, un petit chaton, Moushi, qui devient la mascotte de la maison et qui joue énormément avec elles. Puis le roi vient trouver Velazquez pour lui ordonner d'aller en Italie pour acheter des tableaux pour le palais et pour faire le portrait de la sœur du roi qui va devenir reine de Hongrie. Maîtresse restera avec ses filles en Espagne et retournera à Séville, chez son père, le temps du voyage. Le Maître est gravement malade avant et durant le voyage en bateau. Au moment du départ, Francisca pleure car elle ne veut pas quitter Juan. Cela lui fait très plaisir. Ils visitent toute l'Italie, voient des collections, achètent des tableaux, le maître peint et fait des copies de grands artistes italiens à Gênes, à Florence et à Rome. Juan décide alors de peindre en secret. Pour s'acheter du matériel, il vend une boucle d'oreille en or qu'il avait hérité de sa mère. Mais ses débuts ne sont pas une réussite et le maître lui ayant dit que ses sourires radieux lui manquaient, Juan décide d'arrêter sa peinture clandestine pour un temps. Le maître est à nouveau malade sur le bateau du retour. En rentrant, ils apprennent que Ignacia est morte et plus tard, le frère Isidro. Enfin, un jour un messager du roi les rappelle à la cour.

Chapitre 8: Où je parle d'une petite fleur rouge[modifier | modifier le code]

Une complicité se développe entre le roi et Velazquez. Ce dernier peint beaucoup le roi ainsi que ses enfants. Le Maître a constamment des apprentis. Parmi eux arrive Juan Bautista del Mazo, recommandé par le duc d'Olivares. Il s'intéresse alors à Francisca (nommée aussi Paquita) qui tombe elle aussi amoureuse de lui. Les deux amoureux se font passer des mots doux par Juan, sous le nez du Maître, et ont même des rendez-vous en cachette. Le titre du chapitre est dû à des fleurs rouges que Paquita fait passer à Juan Bautista pour qu'il pense à elle. Mais le Maître comprend tout et intercepte un billet. Juan Bautista décide alors de demander la main de Paquita. Le Maître accepte et toute la famille est heureuse du mariage, en particulier, bien évidemment, les deux amoureux. Il réalise aussi un portrait de Francisca sur lequel il peint la petite fleur rouge.

Chapitre 9: Où je me fais des amis à la cour[modifier | modifier le code]

Un an après le mariage de Paquita, qui attend alors un enfant, Juan accompagne Velazquez à la chasse avec le roi. Il a de nombreuses œuvres réalisées en secret qu'il veut cacher. Le Maître lui offre un coffre avec un cadenas, ignorant les choses précieuses qu'il voulait mettre à l'intérieur. À la chasse, Juan est choqué par les cadavres des animaux et le peu de pitié dont font preuves les êtres humains envers les animaux. Un des chiens du roi tombe malade et Juan parvient à le soigner. Il reçoit en échange une bourse remplie de ducats et le roi est reconnaissant. En revenant à Madrid, le Maître peint des nains et des idiots. Juan fait la connaissance du « Niño de Vallecas », un nain avec qui il lie amitié. Ils remarquent que tous deux sont esclaves, un de son corps et l'autre de naissance, parce qu'il est noir.

Chapitre 10: Où je me confesse[modifier | modifier le code]

Un nouvel apprenti arrive à l'atelier. Il se nomme Bartolomé Esteban Murillo, il vient de Séville et Juan s'entend très bien avec lui. C'est un peintre de scènes religieuses talentueux et assez sentimentale dans sa peinture. Il remet de la gaieté dans la maison qui était devenue morne depuis le départ de Paquita. Juan passe des moments heureux où il se remet à peindre en secret. Grâce aux ducats que le roi lui a donné, il achète du matériel mais il est obligé de voler des couleurs. Mais sa conscience ne le laisse pas tranquille car il enfreint la loi, commet des péchés et surtout trompe la confiance de son maître. Il n'arrive plus à « recevoir la grâce » et Bartolomé, qui s'en aperçoit, lui propose de se confesser ou de s'ouvrir à lui. Mais Juan n'y parvient pas et il décide alors de peindre l'annonciation. Cependant, il représente la vierge Marie comme une femme noire et pense que cela aussi est un péché d'orgueil. Il décide finalement de montrer son œuvre à Bartolomé. Ce dernier le félicite car il trouve sa peinture très belle, il lui dit d'aller se confesser car excepté le péché de voler, il n'a commis aucun crime condamnable aux yeux du Seigneur et lui propose même de lui donner des couleurs. Juan va donc se confesser et il en ressort purifié de ses péchés, l'âme en paix à nouveau prêt à recevoir le corps du seigneur. Bartolomé conseille à Juan de ne pas dévoiler son secret tout de suite mais plutôt d'attendre un peu.

Chapitre 11: Où je retourne en Italie[modifier | modifier le code]

Bartolomé reste trois ans à Madrid puis retourne à Séville mais il leur écrit de temps en temps. En 1649, le roi charge Velazquez de retourner en Italie pour acheter des tableaux et des sculptures destinés aux musées et au palais. Durant le voyage en bateau, une grande tempête éclate durant laquelle le maître tombe en écorchant sa main droite (celle qui lui sert à peindre). Hélas, la blessure s'infecte et la main enfle. Grâce à des herbes, Juan parvient à lui rendre son aspect normal et en échange, le Maître lui promet tout ce qu'il veut. Velazquez craint cependant tout de même de perdre sa main et il est terrifié à cette idée. Les deux hommes se promènent dans toute l'Italie et de nouveau, le Maître peint, copie des tableaux et en achète. Mais un orage violent lui fait à nouveau enfler la main. Juan va prier la vierge Marie en lui demandant de sauver la main de son maître en lui promettant en échange de tout avouer sur sa peinture secrète à leur retour en Espagne. Quand il rentre à l'hôtel, Velazquez et sa main sont guéris. Don Diego se remet à peindre mais n'est pas satisfait de son travail. En arrivant à Rome, on lui demande de faire le portrait du Pape. Mais il veut d'abord s'entraîner et Juan lui demande de le peindre ce que le Maître accepte.

Chapitre 12: Où le Maître peint mon portrait[modifier | modifier le code]

Le Maître, bien qu'il le fasse rapidement, réalise un portrait magnifique (Portrait de Juan de Pareja) où Juan dit même pouvoir voir ses propres pensées. Les nobles italiens n'ont jusque là fait aucune commande au peintre espagnol, affirmant que les italiens était les meilleurs peintres d'Europe et que Velazquez ne les égalait pas. Pour les amener à faire des commandes, Juan se rend chez les dix principaux patrons de la peinture à Rome et leur montre son portrait. Ils sont tous alors convaincus que Velázquez est bien le meilleur portraitiste d'Europe et les commandes affluent alors. Le portrait de Sa Sainteté est un succès retentissant (Portrait d'Innocent X). Puis aux alentours de Noël, ils rentrent en Espagne. Ici une surprise attend Juan : Maîtresse a engagée une esclave, Lolis, qui fait la cuisine et les courses mais qui surtout s'occupe de Maîtresse, car elle est très malade et la mort la suit de près. C'est une femme forte, à l'esprit libre et rebelle et qui déteste l'esclavage. Elle prédit l'avenir et dit à Juan qu'il sera couvert d'honneurs après sa mort. Elle n'en dit rien à personne mais elle prédit aussi qu'elle va se marier avec Juan et que tous les deux seront libres. Juan, lui, tombe petit à petit amoureux de Lolis.

Chapitre 13: Où je suis affranchi[modifier | modifier le code]

Dans l'atelier au palais, les tableaux de Velazquez sont face contre le mur et régulièrement, le roi vient, en retourne une, la contemple puis repart. Juan a donc l'idée pour révéler sa faute de peindre les chiens de chasse favoris du roi en soignant les ressemblances. Puis il place son tableau au milieu des autres en attendant que le roi le retourne. Le roi tombe sur son œuvre et demande alors à Velazquez ce qu'il pense devoir faire en ce qui concerne Juan. Après avoir examiné le tableau, le Maître affranchit Juan et le nomme son assistant. En rentrant chez eux, Juan demande la main de Lolis en récompense d'avoir sauvé la main du Maître. Ce dernier accepte avec plaisir. Maîtresse offre sa liberté à Lolis qui accepte alors d'épouser Juan en garantissant que ses enfants ne seraient pas esclaves. Lolis s'est prise d'affection pour Maîtresse et décide de rester à son service jusqu'à sa mort.

Chapitre 14: Où je fais de tristes adieux[modifier | modifier le code]

Lolis et Juan se marie et habite alors dans la même maison que leurs anciens maîtres. Hélas, Paquita meurt lors de l'accouchement de son deuxième enfant qui meurt lui aussi et son décès est suivi rapidement de celui de sa mère. Velazquez se renferme sur lui même et ne dit plus un mot. Mais le roi lui confie la construction du pavillon qui servira à accueillir la cour française à l'occasion du mariage de l'Infante et de Louis XIV. Il se reprend alors en main et, aidé de Juan de Pareja, il réalise un pavillon exceptionnel de raffinement et de beauté et prépare une cérémonie splendide. Mais la fièvre le prend et l'affaiblit fortement. Il se remet lentement et, quand il remarche pour la 1re fois tout seul, il trébuche et meurt sur le coup. Le roi, désireux de faire de Velazquez un chevalier de Saint Jacques, peint à l'aide de Juan la croix de Saint Jacques sur la poitrine du Maître dans le tableau Les Ménines, rendant ainsi un dernier hommage à son ami. Juan décide de quitter Madrid et de se rendre à Séville.

Chapitre 15: Où je trouve un nouveau foyer[modifier | modifier le code]

En arrivant à Séville, Juan se rend chez Bartolomé. Ce dernier lui propose de venir habiter avec sa femme chez lui et de partager son atelier, tout cela sans savoir que Juan a été affranchi. Juan accepte, heureux d'avoir un ami aussi sincère.