Jōsei Toda

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Jōsei Toda

Jōsei Toda (戸田 城聖, Toda Jōsei?, 11 février 1900, préfecture d'Ishikawa – 2 avril 1958 à Tokyo), éducateur, éditeur et disciple de Tsunesaburo Makiguchi, il fut à l’origine de la reconstruction de la Soka Gakkai au Japon après la Seconde Guerre mondiale. Sous son impulsion, le mouvement se développa rapidement.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1928 il se convertit à la Nichiren Shōshū et fonde, deux ans plus tard, la Soka Kyoiku Gakkai (Société pour la création des valeurs par l'éducation). Pour avoir refusé de porter le talisman d'Ise[1], il fut emprisonné le 6 juillet 1943, avec son mentor Tsunesaburo Makiguchi, par le régime militariste japonais de l'époque qui imposait à toutes les religions une allégeance à l'empereur et à la religion d'État. Affaibli et en mauvaise santé, Jōsei Toda sort de prison le 3 juillet 1945, quelques jours avant la reddition du Japon. Le 20 mai 1951, Nissho, le soixante-quatrième Grand-patriarche de la Nichiren Shoshu donne un gohonzon à la Soka Gakkai, répondant à la requête de Toda. À cette époque la Soka Gakkai conclut un accord avec la Nichiren Shoshu qui stipulait que 1) tous les membres seront enregistrés auprès d'un temple de la Nichiren Shoshu ; 2) observera strictement toutes les enseignements de la Nichiren Shoshu ; 3) protégera les Trois trésors tels qu'ils sont définis pas la Nichiren Shoshu. Dès lors, la Soka Gakkai entreprit sa campagne de shakubuku[1].

Le 3 mai 1951, il devient président de la Soka Gakkai. Avec son disciple Daisaku Ikeda, il va entreprendre une large action de diffusion et d'enseignement du bouddhisme de Nichiren au Japon. En 1952 il publie l'anthologie des textes de Nichiren Daishonin en un volume sous le titre Nichiren Daishonin Gosho Zenshû (œuvres complètes de Nichiren Daishonin). Cette compilation des écrits de Nichiren était l'œuvre de Nichikô Hori (1867-1957), le 59e grand patriarche de la Nichiren Shoshu entre 1925 et 1927.

En septembre 1957, lors d'un rassemblement de membres de la jeunesse de la Soka Gakkai à Yokohama, il fait une déclaration appelant à l'abolition des armes nucléaires[2] établissant la base des activités pacifistes du mouvement. Il meurt le 2 avril 1958, après avoir réalisé son vœu de convertir 750 000 foyers à ce bouddhisme.

Le 3 mai 1960, deux ans après la mort de Toda, Daisaku Ikeda devient le troisième président de la Sōka Gakkai et commence, la même année, une série de voyages en Amérique, en Asie et en Europe pour faire connaître le bouddhisme de Nichiren hors du Japon [3] Suite à l’accroissement du nombre de membres de la Soka Gakkai hors du Japon, il fondera sur l’île de Guam (États-Unis) en 1975, avec des représentants de la Sōka Gakkai de 51 pays, la Sōka Gakkai internationale (SGI)[4].

En 1996, l'Institut Toda pour la paix et une politique prospective est créé par Daisaku Ikeda en hommage à son maître. Il est dirigé par l'universitaire d'origine iranienne Majid Téhranian[5] et est reconnu comme Organisation Non Gouvernementale par le Département des relations publiques des Nations unies (UNDPI).

Kosen-rufu[modifier | modifier le code]

Kosen-rufu est une expression du Sutra du Lotus qui signifie « annoncer et diffuser largement [le Dharma] ». Toda a déclaré : « Certains pensent que kosen rufu sera achevé si l'empereur accepte un gohonzon et lui témoigne le respect. C'est une idée totalement absurde. Kosen rufu aujourd'hui peut être atteint seulement si chacun de vous se charge des religions erronées et convertit toutes les personnes dans ce pays, leur faisant accepter un gohonzon. C'est le seul moyen pour nous d'établir le Honmon no Kaidan »[6]

« Lorsque kosen rufu sera achevé ou sur le point de l'être, tous les hommes, qu'ils soient hommes d'affaires, journalistes, cinéastes, gouvernants, qu'ils soient au sommet de la hiérarchie ou simples portiers, tous auront compris la valeur du gohonzon. Il y aura des membres de la Diète parmi ces personnes et ils présenteront une pétition pour la construction du honmon no kaidan qui sera approuvé par la Diète. Alors l'empereur comprendra le grand bienfait divin du gohonzon. Et alors kosen rufu sera achevé. »[7]

Toda organisa ses divisions des Jeunes gens et des Jeunes filles comme des unités militaires et les envoya convertir les autres et mener des débats religieux avec les responsables des autres religions, avec éventuellement l'exigence d'excuses écrites de la part des perdants de ces débats {ref}. Le 31 octobre 1954, se tint au Taisekiji une réunion massive de milliers de jeunes de la Soka Gakkai. Tel un général, Toda passa en revue ses "troupes" à cheval et leur adressa les paroles suivantes[8] :

« Dans notre combat pour Kōsen rufu nous n'avons pas d'alliés. Nous devons considérer toutes les religions comme nos ennemis et nous devons les détruire. Mesdames et messieurs, il est évident que la route devant nous est pleine d'obstacles. C'est pourquoi vous devez vénérer votre vie (Gohonzon), garder l'esprit de la création de valeur (Gakkai) dans votre cœur et développer vos jeunes forces. Je m'attends à ce que vous vous leviez pour relever les nombreux défis qui se dressent devant vous. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.nichiren-etudes.net/articles/lineage/gakkai.htm
  2. (en) La déclaration de 1957 appelant à l'abolition des armes nucléaire
  3. Karel Dobbelaere, La Soka Gakkai, Elledici, 2001, p. 12.
  4. Source SGI : (en) [1]
  5. (en) Majid Téhranian, directeur de l'Institut Toda
  6. (Murata, p. 104) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : Walker/Weatherhill, 1969.
  7. (Murata, p. 113) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : Walker/Weatherhill, 1969.
  8. (Murata, p. 100) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : alker/Weatherhill, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]