Iasnaïa Poliana

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Iasnaïa Poliana
Image illustrative de l'article Iasnaïa Poliana
Nom local Ясная Поляна
Site web www.yasnayapolyana.ru/
Coordonnées 54° 04′ 34″ N 37° 31′ 34″ E / 54.07611, 37.5261154° 04′ 34″ Nord 37° 31′ 34″ Est / 54.07611, 37.52611  
Pays Drapeau de la Russie Russie
Localité Près de Toula

Géolocalisation sur la carte : Russie européenne

(Voir situation sur carte : Russie européenne)
Iasnaïa Poliana

Iasnaïa Poliana (en russe Ясная Поляна, écrit également Yasnaïa Poliana, litt. « La clairière aux hêtres (du russe yasen' hêtre et polyana clairière, souvent mal traduit - même dans de célèbres encyclopédies publiées - en clairière lumineuse) » est un grand domaine (380 hectares)[1] dont Léon Tolstoï hérita à la mort de sa mère. La tombe de Tolstoï s'y trouve[2]. Le domaine se trouve à 12 km au sud-ouest de la ville de Toula. Tolstoï déménagea de ce lieu à l'âge de neuf ans, ce qui lui procura une tristesse et une mélancolie si fortes qu'il retourna y vivre après son séjour à Moscou jusqu'à sa mort en 1910. C'est à cette époque qu'il se vit attribuer le surnom de Liova riova, ce qui signifie Léon le pleurnicheur, du fait de sa grande sensibilité.

C'est à Iasnaïa Poliana que Tolstoï a écrit ses fameux romans Guerre et Paix et Anna Karénine. Il passait ses hivers jusqu'au mois de mai de 1882 à 1901 dans sa maison de Moscou, rue Khamovniki.

Sophie Tolstoï a laissé des milliers de clichés du domaine, aujourd'hui dans les archives.

Musée Tolstoï[modifier | modifier le code]

La salle à manger

Après la mort de Tolstoï, le domaine fut transformé en musée à la mémoire de l'écrivain. Il fut d'abord dirigé par la fille de Tolstoï, Alexandra Tolstoï. Le directeur actuel du musée est lui aussi un descendant de Léon Tolstoï. Le musée contient les effets personnels de Tolstoï, ses meubles, ainsi que sa bibliothèque de 22 000 volumes. Le musée comprend également l'école fondée par Tolstoï ainsi que sa tombe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, celle-ci fut profanée par la Wehrmacht. Le domaine fut protégé du pillage, les soviétiques ayant évacué les objets les plus précieux. Après la guerre le domaine fut restauré pour revenir exactement au même état que lors de la vie de Tolstoï.

La maison[modifier | modifier le code]

La chambre de Tolstoï

La maison en elle-même date des premières années du XIXe siècle. Ce n'est à l'origine que l'aile du château de Nicolas Volkonski, grand-père de Tolstoï. Ce château construit en 1763 est en fait celui dans lequel Tolstoï est né. Il fut vendu en 1854 (sans les ailes) pour être démonté et reconstruit trente kilomètres plus loin, dans la localité de Dolgoïe. Tolstoï et sa famille s'installèrent alors dans l'aile nord, modifiée et agrandie, tandis que l'aile sud, dans laquelle l'écrivain allait fonder son école, est restée la même qu'à l'origine. Plus d'une dizaine de personnes vivaient constamment dans la maison, qui comprenait de nombreuses pièces, de la chambre de Tolstoï à la chambre du docteur (un médecin étant en effet attaché à la famille Tolstoï; le dernier fut Dushan Makovitsky)[1].

L'école[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tolstoï pédagogue.

Tolstoï ouvrit en 1859 une école dans l'aile sud de l'ancien château, dans laquelle il voulait offrir à ses paysans l'éducation qu'il n'avait jamais eue et appliquer ses principes pédagogiques. Tolstoï affirmait qu'il était prêt à se sacrifier à ce projet « Je consacrerai tout mon bien et toutes mes forces à la réalisation de ce programme »[3]. Néanmoins, la visite des gendarmes en 1862 l'obligea à cesser cette expérience.

La tombe de Tolstoï[modifier | modifier le code]

La tombe de Tolstoï dans le parc de Iasnaïa Poliana.

La tombe de Tolstoï est particulière et a produit, notamment sur l'écrivain Stefan Zweig, un vif effet[2]. Il dit n'avoir « rien vu en Russie de plus grandiose, de plus saisissant que la tombe de Tolstoï ». Cette tombe n'est en fait qu'un simple monticule, sans croix, ni pierre tombale, ni inscription.

« Ni la crypte de Napoléon sous la coupole de marbre des Invalides, ni le cercueil de Goethe dans le caveau des princes, ni les monuments de l'abbaye de Westminster n'impressionnent autant que cette tombe merveilleusement silencieuse, à l'anonymat touchant, quelque part dans la forêt, environnée par le murmure du vent, et qui ne livre par elle-même nul message, ne profère nulle parole. »

— Stefan Zweig, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen

L'écrivain et académicien français Dominique Fernandez a lui aussi été profondément marqué par cette tombe: il dit ainsi dans un entretien au Courrier de Russie[4] que « c'est la tombe la plus émouvante que j'aie jamais vue. La simplicité du génie, tout est là ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Iasnaïa Poliana sur le site Russie.net
  2. a et b Visite de Stefan Zweig à Iasnaïa Poliana
  3. Léon Tolstoï, Œuvres pédagogiques
  4. Article sur le site du Courrier de Russie

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]