Henry Darger
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Henry J. Darger. (né le 12 avril 1892 et décédé le 13 avril 1973) est un écrivain et peintre américain. Sa principale œuvre, composée tout au long de sa vie de solitude, est un récit épique illustré (15 143 pages) appelé "The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion". Il y raconte la violente guerre glandéco-angelinienne. Plus de 300 compositions (aquarelle, dessins, collages) l'accompagnent et le complètent, donnant naissance à une œuvre graphique unique et originale, proche de l'art brut ou outsider.
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[modifier] Biographie
Henry J. Darger voit le jour en 1892. Sa mère meurt lorsqu’il a quatre ans.
Du témoignage même de Darger, il fut bien traité par son père avec lequel il vécut jusqu'en 1900. Dans les temps précédents sa mort, ce dernier était trop faible pour s'occuper de son fils qui est pris en charge par l'établissement catholique qu'il fréquentait alors. Son comportement perturbe ses camarades qui ne tardent pas à le traiter de fou. Ils parlent seul, de manière irrépressible et inopinée. Il est probablement affecté par le syndrome Gilles de la Tourette. Persuadé d'avoir un don lui permettant de savoir quand les adultes lui mentent, il se montre très rétif à toute forme d'autorité. Sa pratique ponctuelle mais récurrente de l'onanisme en public ("self-abuse" comme le diagnostiquent pudiquement les docteurs qui l'auscultent) finira de le faire interner en 1905. Il séjournera plus de 7 ans à l'Institut Lincoln (Illinois), réputé pour la sévérité des traitement qu'y reçoivent les internés. Il tenta de s’en évader à plusieurs reprises. C'est lors d'une de ces fugues, en 1908, qu'il est témoin d'une puissante tornade qui ravage alors la ville de Countrybrown dans l'Illinois. Ce cataclysme laisse des traces prégnantes dans l’imaginaire de Darger comme en témoigne le motif récurrent de la tempête à l’intérieur de ses tableaux.
À 16 ans, lors de sa troisième tentatives d'évasion, il parvient à regagner Chicago. Il y trouve l'aide et le réconfort de sa marraine. Elle lui trouve un emploi de portier dans un hôpital catholique où il travaillera jusqu'à sa retraite, en 1963. Il commence alors à régler sa vie selon un emploi du temps immuable. Catholique dévot, il assiste à la messe jusqu'à cinq fois par jour. Il collectionne pour les amasser des détritus de toutes sortes (jouets, figurines religieuses, images de saints, chaussures, pelotes de ficelles, magazines et bandes-dessinées). Il consignait quotidiennement, dans un journal, l'état de l'atmosphère et les erreurs commises par les météorologues dans leurs prévisions. Cette vie de réclusion et de solitude est à peine infléchie par la seule amitié qu'on lui ait jamais connue et qui le lie à William Scholder. Tout deux s'investissent dans des œuvres de charité dédiées aux enfants abandonnés ou maltraités. Scholder décède en 1959.
De 1930 à 1973, Darger occupe la même chambre à Chicago, au 851 W Webster Avenue, non loin du Lincoln Center Park, dans le quartier de North Side. C'est là qu'il se consacre secrètement à l'écriture et à la peinture. Personne ne sait combien de temps lui ont demandé la composition de son œuvre. Outre les royaumes de l'irréel, il a rédigé son autobiographie (L'Histoire de ma vie, 5084 pages). Ce n’est qu’après sa mort que l’œuvre à laquelle il avait travaillé toute sa vie fut découverte. En 1973, Nathan et le Kiyoko Lerner, les propriétaires de l’appartement loué par Darger, mettent au jour les réalisations de l’artiste. Lerner est un photographe accompli et reconnu, ayant notamment travaillé pour le New York Time. Il identifie immédiatement l'intérêt du travail de son locataire et se charge de créer une fondation destinée à mettre ce fonds en valeur. Il aidera beaucoup à la réalisation du documentaire de Yu sur la vie et l'œuvre de Darger.
Henry Darger est inhumé au cimetière All Saints de De Plaines (Illinois), dans le carré réservé au personnes âgés des petites sœurs des pauvres. Sur sa pierre tombale, il est décrit comme un artiste et un "protecteur des enfants".
[modifier] Œuvres
Son œuvre raconte les aventures des filles de Robert Viviam, les sept princesses du royaume Abbieannia. Celui-ci est en proie aux attaques répétées et violentes du diabolique John Manley. À la tête du domaine de Glandelia, il menace de réduire en esclavage tous les enfants d'Abbienne. Les sept sœurs sont à la tête d'une rébellion acharnée, aidées par leurs légions de fillettes prêtes à en découdre. Parmi ces vaillantes nymphettes, le lecteur retrouve de géantes créatures aux ailes de papillons, les "blengins". Leur corps couverts d'écailles se terminent en queues pointues. Le reste du bataillon se compose de jeunes filles prépubères, souvent nues et pourvues d'organes génitaux masculins. Nombre d'entre elles sont sacrifiées à la barbarie des hommes en uniformes de Manley. Elles sont souvent éviscérées, étranglées ou pendues. Toutes ces aventures se déroulent sur une large planète autour de laquelle gravite la terre, à la façon d'une lune. Elle est peuplée de chrétiens, la plupart sont même catholiques. Son écriture est directe. Les descriptions les plus crues peuvent aller jusqu'à laisser entendre au lecteur les rires forcées des fillettes se transformer en cris de souffrance. Son style comporte également de nombreux emprunts fleuris à la littérature victorienne.
Ses capacités de dessinateur étant limitées, Darger s'inspire et copie les comics américains (Miss Muffet, Donald Duck ou little Annie Rooney). Il les découpe, les fait agrandir et démultiplier au rayon photographie du bazar local. Une fois muni d'une infinité de formats, il les décalque pour former des compositions souvent très complexes, pourvus de nombreux plans. Il montre ensuite l'étendu de son talent de coloriste. Il manie les contrastes, sachant rehausser des palettes de tons fades, à certains endroits, par des couleurs éclatantes, des rouges sang ou des jaunes vifs.
Au début uniquement considérée par le prisme de l'Art brut, l'œuvre de Derger quitte progressivement son statut d'outsider. "Sa complexité thématique, sa sophistication technique et son amplitude narrative ont été mieux comprise. Elle occupe désormais une place singulière parmi les œuvres visionnaires, les plus novatrices et les plus profondément personnelles du XXe siècle"[1]. L’œuvre de Henry Darger est répartie entre différents musées nord-américains, notamment l'American Art-Folk Museum ou le MoMA de New York ainsi que l'Art Institute de Chicago). Elle a fait l'objet d’une exposition monographique à la fondation de Galbert, la Maison rouge, à Paris durant l’été 2006.
[modifier] Références
[modifier] Livres
- (fr) Bourrit, Bernard (2005), Henry Darger. Espace mouvant. in "La Part de l'Œil" n°20, Bruxelles, 252-259.
- (en) Morrison, C.L. (2005), The Old Man in the Polka-Dotted Dress: Looking for Henry Darger.
- ↑ in Edward Madrid Gomez "Henry Darger: une vie et un art d'exception", introduction du "bruit et fureur: l'oeuvre de Henry Darger" Andrew Edlin Edition, New york, 2008,
Edward Madrid Gomez "Henry Darger: une vie et un art d'exception", introduction du "bruit et fureur: l'œuvre de Henry Darger" Andrew Edlin Edition, New york, 200
- (en) Schjeldahl, Peter (2002). "The New Yorker January 14", 88-89.
- (en) MacGregor, John (2002), In The Realms of the Unreal. Delano Greenidge Editions: New York.
- (en) Brooke Davis Anderson, (2001 ), Darger : The Henry Darger Collection at the American Folk Art Museum, Harry N. Abrams, New York.
- (en) Bonesteel, Michael (2000), Henry Darger: Art and Selected Writings.
- (fr) MacGrego, John (1997), Henry J. Darger : Dans les Royaumes de l’Irréel, Collection de l’Art Brut, Lausanne / Galleria Gottardo, Lugano.
[modifier] DVD
- (en) Yu, Jessica (2005), featuring Larry Pine, In the Realms of the Unreal - The Mystery of Henry Darger, Wellspring Media, In.
Le documentaire associe des scènes réalisées d'après l'aventure épique des Vivian Girls à l'histoire de la vie de Darger, d'après les souvenirs des rares personnes l'ayant connu. Jessica Yu définit l'œuvre de Darger comme "la rencontre d'Alice au Pays des Merveilles avec l'Ancien Testament".
[modifier] Article
- (en) McGregor, John (1995), Henry Darger : Art by adoption, Raw Vision N°13.

