Hasankeyf
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| Hasankeyf | ||
| Administration | ||
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| Pays | ||
| Région | Région de l'Anatolie du sud-est | |
| Province | Batman | |
| District | Hasankeyf | |
| Préfet | Halûk İmga 2004 |
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| Indicatif téléphonique international | +(90) | |
| Plaque minéralogique | 72 | |
| Démographie | ||
| Population | 7 464 hab. | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Localisation | ||
Districts de la province de Batman |
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| Liens | ||
| Site de la province | http://www.batman.gov.tr | |
| Sources | ||
| World Gazetteer | ||
| Index Mundi/Turquie | ||
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Hasankeyf (Heskîf en kurde, Hiṣn Kayfā, حصن كيفا en arabe, Hesno d-kifo en syriaque) est une ville de Turquie située à l'Est de l'Anatolie. Elle possède un patrimoine historique particulièrement riche. Cette petite cité touristique est surtout fréquentée les week-ends d'été par les touristes locaux de la région de Batman - grande ville ouvrière distante de quelque 30 km.
Cette ville était menacée de disparition suite au projet de construction du barrage d'Ilisu. La Suisse s'est retirée définitivement du projet[1].
Sommaire |
Origine du nom [modifier]
Selon la légende que relate Cheref-Ouddine, prince kurde de Bitlis, dans son livre, les Fastes de la Nation Kurde, ou Cheref-Nameh, écrit il y a plus de cinq cents ans (en 1497), un prisonnier arabe du nom de Hasan qui allait être mis à mort, demande une dernière faveur au seigneur qui avait construit cette forteresse dominant de façon vertigineuse les eaux du Tigre : pourrait-il monter son cheval bien aimé pendant quelques instants dans la cour de la forteresse ? Cette faveur lui fut accordée, et le prisonnier fit avec son cheval un bond dans le Tigre de 150 mètres. Le cheval mourut en s’écrasant dans les flots, mais le prisonnier put s’échapper, et tous les spectateurs s’exclamèrent : Hasan Keif (« Hasan, comment »), et selon la légende, ce nom resta attaché à la forteresse[2].
Présence chrétienne [modifier]
L'islam n'est d'ailleurs pas la seule religion qui a marqué Hasankeyf de son empreinte. Hier comme aujourd'hui, la présence chrétienne y est très forte. Dès le Ve siècle, Hasankeyf abritait un évêché syrien et les chrétiens bénéficièrent à la fin du Moyen Âge, sous les sultans turcs, d'un certain régime de faveur. En effet, nouvellement arrivés, les tribus turcomanes se ménagèrent les bonnes grâces des populations chrétiennes, grecques et syriaques, pour faire face à l'hostilité des Kurdes et des Arabes musulmans de la région, qui acceptaient mal de perdre leur suprématie politique et militaire[3].
Monuments historiques [modifier]
La citadelle et la ville haute [modifier]
La citadelle construite par les Ayyoubides au XIIIe siècle et remaniée par de nombreux chefs kurdes au cours des siècles gît en ruine au sommet d’une falaise de calcaire monumentale qui se dresse verticalement au-dessus du Tigre. La ville ancienne de Hasankeyf, construite à côté de la vieille mosquée de la forteresse, est aussi en ruine: dans les années 1970, ses habitants ont été forcés par le gouvernement turc d’abandonner leurs maisons centenaires, souvent creusées dans la roche, et de venir s’installer plus bas, dans la vallée, près du vieux pont[2].
Le petit palais [modifier]
Les ruines du petit palais construit sur l’éperon de la falaise dominent la vallée du Tigre. Les chefs kurdes y vivaient jusqu'à la fin du XIXe siècle et on peut y admirer le Tigre et la vallée qui s'étend en contre-bas[2].
Le grand palais [modifier]
Il ne reste plus rien du grand palais, à l’exception d’un pilier de son ancien portail[2].
La mosquée Ulu [modifier]
La vieille mosquée Ulu, construite en 1325 par les Ayyoubides sur les ruines d’une église antique, se dresse toujours au milieu des ruines de la ville, et l’on peut lire une inscription très ancienne sur le socle de son minaret[2].
Le vieux pont [modifier]
Construit par le seigneur artukide Fakreddine Karaaslan (1144 - 1167), c’est le pont ayant l’arche la plus large (40 mètres) construite au Moyen Âge. Selon certaines sources, la partie centrale de l’arche médiane était en bois, et elle était retirée quand un ennemi s’approchait de la ville[2].
Le tombeau de Zeynel bey [modifier]
Zeynel bey, le fils de Uzun Hasan, appartenait à la dynastie Akkoyunlu qui régna brièvement sur Hasankeyf au XVe siècle. Décoré de carreaux de céramique vernissés de couleur turquoise et bleu sombre, il constitue un des rares exemples de son genre en Anatolie.Il est actuellement (2010) en restauration et sera déplacé pour échapper aux eaux du barrage.
Population [modifier]
La population actuelle de Hasankeyf est à majorité kurde. Cependant, il y a longtemps eu une présence assyrienne/syriaque et arabe dans la ville. La population chrétienne syriaque a été presque entièrement anéantie pendant le génocide Assyrien de 1915 lors de la Première Guerre mondiale. Jusque dans les années 1990, des populations chrétiennes assyriennes/syriaques étaient présentes autour de leur village et église situés sur les hauteurs de la ville. L'État turc les a contraint à quitter leur village.
Notes et références [modifier]
Liens externes [modifier]
- Hasankeyf, ville condamnée - Chris Kutschera
- Rapport d'information du parlement européen : « Aspects culturels du projet relatif au barrage d’Ilisu - Turquie »
- photos de Hasankeyf