Frédéric Schiffter

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Frédéric Schiffter est l'auteur de nombreux ouvrages dont Sur le blabla et le chichi des philosophes (PUF, 2001). Parmi ses influences, on peut citer, entre autres, Lucien de Samosate, Montaigne, Baltasar Gracián, La Rochefoucauld, Schopenhauer, Cioran, Roland Jaccard et Clément Rosset.

Sommaire

Biographie [modifier]

Frédéric Schiffter est né en 1956 en Haute-Volta (l'actuel Burkina Faso). Il revient en France, après la mort de son père, alors qu'il est âgé de dix ans. Il est actuellement professeur de philosophie dans un lycée de la côte basque. Parfois, il est acteur de cinéma. Jean-Charles Fitoussi l'a choisi pour interpréter dans deux de ses films le rôle de l'inquiétant docteur William Stein.

Frédéric Schiffter se nomme lui-même « philosophe sans qualités », par opposition à des auteurs contemporains — tels André Comte-Sponville, Michel Onfray, Luc Ferry, Bernard-Henri Lévy, et d’autres encore — spécialisés, selon ses termes, dans « le commerce florissant des raisons de vivre » (Le bluff éthique). À l'école des penseurs sceptiques et pessimistes, il considère qu'une pensée philosophique n'a pas vocation à fournir aux hommes des visions du monde, ni à leur faire miroiter une vie heureuse, un épanouissement de soi, une spiritualité accomplie, des sentiments vertueux, mais, au contraire, et quitte à les démoraliser, à élucider certains aspects de leur condition tragique.

Sa réflexion, essentiellement critique, se décline en trois concepts-clés : le « chichi », le blabla » et le « gnangnan ».[réf. nécessaire]

1- Le « chichi » (notion empruntée à Clément Rosset) désigne l'attitude consistant à ne pas percevoir le réel ou à le discréditer du fait même de sa cruauté — de son essence tragique. Tant chez les philosophes que chez les non philosophes, le « chichi » s’exprime comme le rejet du hasard, du temps, des passions dévastatrices et de la mort.

2- Le « blabla » définit tout type de discours servant à édulcorer le réel et, partant, à faire croire à la réalité de l’Irréel. Par exemple, pour nier le chaos, la douleur et la violence de l'existence, nombre de « blablas » philosophiques et/ou éthiques utilisent les mots vagues mais séduisants de « monde », de « nature », de « bonheur », d' « humanité », de « justice », etc., lesquels deviennent objets de croyances ou d'espoir. Le « blabla » est la formulation doctrinale ou théorique du « chichi ».

3- Le « gnangnan » qualifie une forme d'altruisme dont le ressort est l'indignation mêlée de sensiblerie contre une forme de tragique frappant les foules humaines et rebaptisée le « Mal » (terrorisme, catastrophe naturelle, guerre civile, épidémie, etc.). Donnant lieu à bien des « blablas » moraux, politiques, religieux, médiatiques, etc., le « gnangnan » permet aux individus tournés en temps ordinaire vers l'hédonisme égoïste et consumériste de se sentir bons, justes et indispensables — du côté du Bien.

En raison même de sa critique des illusions et des croyances, Frédéric Schiffter reste lucide quant à l'impact de sa pensée démystificatrice. « Autant il est concevable que [les humains] renoncent à une croyance particulière […], autant il est illusoire d'en induire qu'ils ne désireront plus croire. Pour que les humains en finissent avec le désir de croire, il faudrait qu’ils ne fussent plus enclins à la crainte comme à l'espérance […] ; autant dire qu’ils n'eussent plus la certitude effrayante de mourir .»[1].

Œuvres [modifier]

  • ''Métaphysique du frimeur (Lettre sur l'élégance), Milan (1985, 2003)
  • Sur le blabla et le chichi des philosophes, PUF, Perspectives critiques, 2001 (ISBN 978-2130521471)
  • Pensées d’un philosophe sous Prozac, Milan 2002
  • Le plafond de Montaigne, éd. Milan, Pause philo, 2004
  • Contre Debord, PUF, Perspectives critiques, 2004
  • Petite philosophie du surf, éd. Milan 2005
  • Le philosophe sans qualités, Flammarion, 2006
  • Traité du cafard, Finitude, 2007
  • Le bluff éthique, Flammarion, 2008
  • Délectations moroses, le Dilettante, 2009
  • Philosophie sentimentale, Flammarion, 2010 - Prix Décembre 2010[2]

Voir aussi [modifier]

Citations [modifier]

  • « […] Je souhaiterais que sur ma tombe fût inscrite l'épitaphe suivante : « Il est arrivé trop tard à tout, mais sans se presser ». » (Sur le blabla et le chichi des philosophes)
  • « Bien dire et ne rien faire. » (op. cité)
  • « La vertu est une ruse de notre instinct de mort. » (op. cité)
  • « Les mélancoliques n'ont pas de patrie mais quelques terrasses de café attitrées. » (Le Philosophe sans qualités)
  • « Les optimistes excellent à remplir les bagnes et les cimetières. » (Philosophie sentimentale)
  • « L'amour est la forme la plus exquise de l'inconfort de vivre. » (op. cité)
  • « Ce qui est éternel ne vaut rien. » (Traité du cafard)

Liens externes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Le bluff éthique, sans référence de page
    • La beauté : une éducation esthétique, Autrement, 2012
    {{Lien web
    • "La Beauté — Une éducation esthétique" Autrement, 2012
    | url =http://bibliobs.nouvelobs.com/20101109/22346/le-prix-decembre-a-frederic-schiffter | titre = Le prix Décembre à Frédéric Schiffter | auteur=David Caviglioli | en ligne le = 9/11/2010 | éditeur = http://bibliobs.nouvelobs.com | consulté le = 9/11/2010 }}