Focalisation (narratologie)

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Dans le jargon sémiotique, le terme focalisation (ou point de vue) peut prendre deux sens différents. En un premier sens, il peut désigner une technique narrative qui consiste à recentrer l'œil du lecteur sur un détail (d'un objet, d'un personnage etc.) considéré précédemment dans l'ensemble auquel il appartient. En un second sens, il désigne le foyer de la perception de l'univers contenu dans un texte narratif, le point de vue à partir duquel les éléments de cet univers sont décrits et racontés. Dans ce second sens, la focalisation est également appelée perspective narrative et on en distingue usuellement trois types, conceptualisés par le théoricien de la littérature Gérard Genette : la focalisation externe, la focalisation interne et la focalisation omnisciente (ou zéro).

Focalisation externe[modifier | modifier le code]

  • Le lecteur voit tout de l'extérieur, comme une caméra qui n'enregistre que les actions, comme un témoin externe.
  • Il n'y a pas de justification. C'est une narration qui reste totalement neutre et objective.
  • Le personnage est donc supérieur au lecteur. P>L.
  • La littérature du XXe siècle a volontiers exploité cette technique narrative. Par exemple, Des souris et des hommes, roman de John Steinbeck, utilise uniquement la focalisation externe.

Focalisation interne[modifier | modifier le code]

  • Le lecteur est à l'intérieur d'un personnage et voit et ressent ce que le personnage voit et ressent.
  • La « caméra » est donc subjective et incomplète.
  • Il y a présence de verbes de perceptions, de tout ce qui facilite le regard (fenêtres...) et de tout ce qui repère l'espace par rapport au personnage (à droite, en face...)
  • Le lecteur en sait autant que les personnages. P=L.
  • La Symphonie pastorale d'André Gide ou L'Étranger d'Albert Camus. Il est tout à fait possible de rencontrer la focalisation interne dans un récit à la 3ème personne. À titre d'exemple, le début de L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert présente une description menée à la 3ème personne à travers le regard de son héros, Frédéric, donc en focalisation interne : « À travers le brouillard, il contemplait des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’œil, l’île Saint Louis... »

Focalisation omnisciente ou zéro[modifier | modifier le code]

  • C'est le point de vue d'un dieu, d'un narrateur démiurge, qui sait tout sur les personnages. C'est donc une focalisation totale, subjective et exhaustive.
  • Il connait leurs pensées, leurs sentiments, leur passé, leur avenir et il est capable de dire ce qui se passe dans plusieurs endroits à la fois.
  • Le lecteur en sait donc plus que les personnages. P<L.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Genette, Figures I, Éditions du Seuil, Paris, 1965.
  • Gérard Genette, Figures II, Éditions du Seuil, Paris, 1969.
  • Gérard Genette, Figures III, Éditions du Seuil, Paris, 1972.