Gérard Genette

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Gérard Genette

Activités Critique littéraire
Naissance 1930
Paris (Île-de-France)
Langue d'écriture Français
Genres Essai
Dictionnaire

Œuvres principales

  • Figures (1972-2002)
  • Mimologiques : Voyage en Cratylie (1976)
  • Introduction à l'architexte (1979)
  • Palimpsestes : La Littérature au second degré (1982)
  • Métalepse (2004)
  • Bardadrac (2006)
  • Codicille (2009)
  • Apostille (2012)

Gérard Genette, né en 1930 à Paris, est un critique littéraire et théoricien de la littérature qui a construit sa propre démarche au sein de la poétique à partir du structuralisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après ses classes préparatoires au Lycée Lakanal, il entre à l'École normale supérieure, obtient l'agrégation de lettres et enseigne en hypokhâgne au Lycée Montesquieu du Mans (en même temps que son condisciple de la rue d'Ulm, Jacques Derrida). De 1963 à 1967, il est assistant de Marie-Jeanne Durry à la Sorbonne où il dirige les travaux pratiques des étudiants qui suivent le cours magistral de Durry. Ensuite, grâce à Roland Barthes, il est nommé à l'École pratique des hautes études. Il restera comme directeur d'études, puis directeur de recherches à l'École des hautes études en sciences sociales jusqu'à sa retraite en 1994. Il a été aussi visiting professor à l'Université Yale, en 1969.

Il a fondé, en 1970, avec Tzvetan Todorov la revue Poétique et dirige la collection du même nom aux éditions du Seuil, collection spécialisée en théorie littéraire. Avec Henri Mitterand, il était un des premiers à soutenir une thèse d'État sur travaux (en l'occurrence Figures I-III), en 1972, à l'Université Paris IV-Sorbonne.

Gérard Genette a joué et continue de jouer un rôle fondamental dans l'avancée des études formelles de la littérature. Il est l'un des représentants les plus importants de la « nouvelle critique » dans les années 1960, et poursuit depuis l'entreprise théorique amorcée alors autour de Roland Barthes.

Au travers de nombreux essais, il a étudié le sens du discours, les aspects du langage, ses origines et ses mécanismes, grâce aux moyens qu'offre la critique, en regard de ce que peut proposer le structuralisme. Dans les trois premiers tomes de Figures (1966-1972), puis dans Nouveau Discours du récit (1983), il explore les divers aspects d'une science du narratif qu'il tente de mettre en place, la « narratologie ». Il se penche également sur la classification des genres dans Introduction à l'architexte (1979), et sur la transtextualité — les rapports des textes les uns envers les autres — dans Palimpsestes (1982). Avec Seuils (1987), il s'intéresse à l'entour du texte, à tout ce qui l'accompagne et le fait exister en tant qu'objet accessible, la présentation éditoriale et les divers textes de commentaire, le paratexte. Au cours des années 1990, sa réflexion s'élargit à l'esthétique dans les deux volumes de L'Œuvre de l'art, qui reprend et discute en ce domaine les propositions de l'esthétique analytique de Nelson Goodman et Arthur Danto.

Gérard Genette a été membre du groupe Socialisme ou barbarie. Il est marié à Raymonde Debray Genette, elle aussi enseignante et chercheuse littéraire.

Concepts inventés ou développés par Gérard Genette[modifier | modifier le code]

Transtextualité[modifier | modifier le code]

La transtextualité est un concept que Genette a développé, plus particulièrement, dans son livre Palimpsestes. Grossièrement, la transtextualité se définit par « tout ce qui met un texte en relation, manifeste ou secrète, avec un autre texte »[1].

Article détaillé : Transtextualité.

Termes définis dans Figures III[modifier | modifier le code]

Œuvre considérable dans l'évolution de la narratologie, mais plus largement de la poétique (littéraire), Figures III semble poser les bases d'une analyse littéraire aussi précise qu'essentielle. À travers son œuvre, Gérard Genette définit des termes clés de l'analyse narratologique. À cela s'ajoutent évidemment des termes venant des analyses de Franz Karl Stanzel ou encore de Tzvetan Todorov.

  • Diégèse (Diegesis pour l'analyse en anglais)

« La diégèse est l'univers spatio-temporel désigné par le récit. »[2]

Cette notion est évidemment centrale, puisque tout l'acte de narration se trouve lié à la diégèse. Cet univers purement littéraire, autant que l'est le narrateur, constitue l'essence même de l'histoire qui sera racontée, ou narrée, par l'instance narrative.

  • Métalepse (Metalepsis pour l'analyse en anglais)

Deux éléments sont nécessaires pour qu'une métalepse puisse s'établir; pour être plus précis, deux diégèses doivent être requises. Soit une instance narrative en train de raconter sa propre histoire avec ses personnages. Un de ses personnages (appartenant à la diégèse dite numéro 1 ou de niveau supérieur) raconte alors une autre histoire, créant ainsi une seconde diégèse (ou une diégèse de niveau 2 ou de niveau inférieur). Dans ces conditions-ci, le passage d'une diégèse à une autre, d'un niveau narratif à un autre, d'un monde fictif à un autre, constitue alors une métalepse.

Plusieurs moyens sont possibles pour passer d'un univers spatio-temporel à un autre (différent). Par exemple, un narrateur peut nous amener à passer d'une diégèse à une autre par l'intermédiaire, par exemple, d'une lettre. Ainsi un personnage (ou personnage-narrateur) lira une lettre, créant simultanément un autre univers spatio-temporel, totalement différent de celui dans lequel le personnage se situe lorsqu'il lit la lettre.

Pour continuer dans la définition des termes introduits dans Figures III, deux critères permettent de définir précisément le statut du narrateur. Le premier correspond à la relation du narrateur à l'histoire, permettant d'opposer les termes de « hétérodiégétique » et « homodiégétique » (ou « autodiégétique » si tel est le cas); pour le second critère, il s'agit du niveau narratif du narrateur. Cette dernière distinction met en exergue les termes de « extradiégétique » et « intradiégétique ».

  • Hétérodiégétique
  • Homodiégétique
  • Autodiégétique
  • Extradiégétique
  • Intradiégétique

Immanence et transcendance[modifier | modifier le code]

Dans L'Œuvre de l'art, tome 1, Genette développe une ontologie de l'art structurée autour des concepts d'immanence et de transcendance. L'immanence désigne les multiples façons dont une œuvre peut exister, consister en un objet. Ainsi, l’œuvre d’art va immaner en un objet qui est soit matériel soit idéal. Cette distinction entre les objets matériels et idéaux coïncide avec la distinction formulée par Nelson Goodman entre les œuvres autographiques et allographiques.

L'objet d'immanence d'une œuvre est matériel et existe en régime autographique lorsqu'il peut-être contrefait de sorte qu'il se révèle « irremplaçable dans sa singularité physique». Pour d'autres productions artistiques, un texte littéraire, une composition musicale, on ne peut parler de contrefaçon ou d'authenticité; la présence d'une règle de correction pour cette catégories d'œuvres leur permettant d'être reproduites en un nombre illimité d'exemplaires tous aussi valables les uns que les autres les établit comme allographiques : l'objet d'immmanence est de nature idéale.

Toutefois, les œuvres ne sont pas qu’immanence : elles n’ont pas pour seule mode d’existence le fait de consister en un objet, qu'il soit matériel ou idéal. Les œuvres sont aussi susceptibles de transcender cette consistance. Les œuvres sont aptes à la transcendance notamment parce que leur histoire de production ou de réception amène de nouvelles propriétés aux objets qui les abritent. Par exemple, la Danse de Carpeaux possède certains attributs qui s'appliquent à l’œuvre mais non à l’objet matériel: cette Danse est légère, impudique, académique mais le bloc de marbre dans lequel elle est sculptée ne l'est pas.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Gérard Genette a commenté son article Wikipédia en disant « Il paraît qu'il y a des erreurs, l'article qui m'est consacré est assez nunuche, mais je n'aurais pas l'idée de le corriger moi-même. »[3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Figures, essais, Éditions du Seuil, Paris, 1966-2002 :
    • Figures I, coll. « Tel Quel », 1966 ;
    • Figures II, coll. « Tel Quel », 1969 ;
    • Figures III, coll. « Poétique », 1972 ;
    • Figures IV, coll. « Poétique », 1999 ;
    • Figures V, coll. « Poétique », 2002.
  • Mimologiques : Voyage en Cratylie, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1976.
  • Introduction à l'architexte, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1979 ; coll. « Points essais », 2004.
  • Palimpsestes : La Littérature au second degré, Seuil, coll. « Essais », Paris, 1982.
  • Nouveau Discours du récit, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1983.
  • Seuils, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1987.
  • Fiction et diction, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1991 ; coll. « Points essais », 2004.
  • L'Œuvre de l'art (rééd., 1 vol., 2010 (ISBN 978-2-02-102252-0)) :
    • 1 : Immanence et transcendance, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1994 ;
    • 2 : La Relation esthétique, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 1997 ;
  • Métalepse, Seuil, coll. « Poétique », Paris, 2004 (ISBN 978-2-02-060130-6).
  • Bardadrac, Seuil, coll. « Fiction & Cie », Paris, 2006 ; éditions Points, coll. « Essais », Paris, 2012 (ISBN 978-2-7578-2538-9).
  • Discours du récit, éditions Points, coll. « Essais », Paris, 2007 (réunit « Discours du récit » (Figures III, p. 71-273) et Nouveau Discours du récit) (ISBN 978-2-7578-0538-1).
  • Codicille, Seuil, coll. « Fiction & Cie », Paris, 2009 (ISBN 978-2-02-099306-7).
  • Apostille, Seuil, coll. « Fiction & Cie », Paris, 2012 (ISBN 978-2-02-105114-8).
  • Épilogue, Seuil, coll. « Fiction & Cie », Paris, 2014 (ISBN 978-2-02-11428-91).

Sur Gérard Genette[modifier | modifier le code]

  • Joseph Delaplace, Pierre-Henry Frangne, Gilles Mouëllic, La Pensée esthétique de Gérard Genette (avec un CD audio), Presses universitaires de Rennes, coll. « Aesthética », 2012 (ISBN 978-2-75351749-3).
  • Vincent Engel, Histoire de la critique littéraire des XIXe et XXe siècles, Bruylant, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 60-65 (ISBN 978-2-87209-512-4)
  • Vincent Kaufmann, « Gérard Genette », dans La Faute à Mallarmé. L'aventure de la théorie littéraire, Seuil, Paris, 332 p. (ISBN 9782021048551)
  • Christine Montalbetti, Gérard Genette : une poétique ouverte, Bertrand-Lacoste, Paris, 1998, 125 p. (ISBN 2-7352-1244-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]