Finance de l'ombre

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La finance de l'ombre ou shadow banking ou finance fantôme, désigne l'ensemble des activités et des acteurs contribuant au financement non bancaire de l'économie.

Définition[modifier | modifier le code]

Le Shadow Banking est défini comme « le système d’intermédiation du crédit impliquant des entités et des activités se trouvant potentiellement à l’extérieur du système bancaire »[1] par le Conseil de stabilité financière.

Son périmètre exact demeure imprécis[2], en raison notamment des différences nationales de définition du secteur bancaire (restreint aux établissements de crédit constitués sous forme de société commerciale aux Etats-Unis, entendu comme l’ensemble des établissements de crédit dans l’Union européenne, étendu aux établissements intervenant dans la gestion et la distribution des prêts en Allemagne et en France).

L’expression « Shadow Banking » est en réalité principalement utilisée pour décrire le système de financement non bancaire de l’économie ayant précédé la crise financière de 2008[3]. Il présentait des risques importants (accumulation de levier important et opaque, structures de financement de type dépôt pouvant faire l’objet de désengagements massifs brutaux, défaillances pouvant affecter le reste de l’économie via le système bancaire).

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Alors que les activités fondamentales des banques d'investissement sont soumises au règlement et au suivi des banques centrales et d'autres institutions gouvernementales, il est devenu pratique courante d'effectuer des transactions de manière à ne pas figurer sur les bilans conventionnels et à ne pas être visible aux régulateurs. Par exemple, avant la crise financière 2008, les banques d'investissement finançaient les emprunts de logement par moyen de titrisations hors bilan (off-balance sheet) et se protégeaient grâce aux couvertures de défaillance hors bilan.

Acteurs[modifier | modifier le code]

Ils impliquent les firmes de capital-investissement, les banques d'affaires, les agences de notation, des spéculateurs sur les matières premières, les chambres de compensation et des sociétés hors bilan[4]. Parfois le terme est appliqué aussi aux mécanismes tels que les fonds de couverture (hedge funds), les fonds du marché monétaire, et les placements structurés - le sens et l'envergure de la finance fantôme étant en discussion.

Étendue[modifier | modifier le code]

La somme de transactions effectuées dans le système fantôme a connu une hausse remarquable depuis sa naissance dans les années quatre-vingts[5] mais la crise de 2008 a enrayé sa progression, et pendant une courte période le secteur s'est rétréci, aux États-Unis et dans le reste du monde. En 2007 le Conseil de stabilité financière évalua la finance fantôme américaine à $24 000 milliards en 2007, un chiffre qui aurait baissé à $24 000 milliards en 2011. À l'échelle mondiale, une étude des onze plus grandes organisations de finance fantôme estima leur valeur à $50 000 milliards en 2007, alors que tout le secteur fantôme avoisinait $60 000 milliards vers la fin de 2011. La multiplication de ces acteurs depuis les années 2000 est désignée comme l'une des causes de la crise économique mondiale de 2008[4][réf. insuffisante]. Néanmoins on craint que la finance fantôme ne subisse pas sa propre crise [6].

Plusieurs acteurs de l'ombre sont apparus entre les années 2000 et 2008[7]. En juin 2008, le Secrétaire du Trésor des États-Unis et président-directeur-général de la Federal Reserve Bank of New York Timothy Geithner décrit l'importance de la finance de l'ombre en affirmant que le poids financier de cette dernière dépasse le poids de la finance « traditionnelle »[trad 1],[8].

Régulation[modifier | modifier le code]

À la suite de la crise financière de 2008, des gouvernements nationaux ont cherché à mettre en place des mesures visant les transactions fantômes de crainte que les banques ne s'en servent pour éviter les régulations imposées aux activités traditionnelles[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « In early 2007, asset-backed commercial paper conduits, in structured investment vehicles, in auction-rate preferred securities, tender option bonds and variable rate demand notes, had a combined asset size of roughly $2.2 trillion. Assets financed overnight in triparty repo grew to $2.5 trillion. Assets held in hedge funds grew to roughly $1.8 trillion. The combined balance sheets of the then five major investment banks totaled $4 trillion. In comparison, the total assets of the top five bank holding companies in the United States at that point were just over $6 trillion, and total assets of the entire banking system were about $10 trillion. »

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roger Lowenstein, When Genius Failed: The Rise and Fall of Long-Term Capital Management, Random House,‎ 2000 (ISBN 0-375-50317-X)
  • (en) David Harvey, The Enigma of Capital: And the Crises of Capitalism, Oxford, Oxford University Press,‎ 2010 (ISBN 978-0-19-975871-5)
  • (en) Paul Krugman, The Return of Depression Economics and the Crisis of 2008, W.W. Norton Company Limited,‎ 2009 (ISBN 978-0-393-07101-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]