Cuisse de Nymphe

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La Cuisse de Nymphe est une variété de rose. Elle est d'un rose très pâle tirant légèrement sur le mauve. Elle fut apportée en France à la fin du XVIe siècle, depuis la Crimée. Elle porta tout d'abord le nom de "Rosier blanc royal". C'est une variété de Rosa ×alba (rose blanche). Dans les pays anglo-saxons, elle est appelée "great maiden's blush" (grand rougissement virginal).

Couleurs[modifier | modifier le code]

« — (...) Une douzaine de danseuses, vêtues de maillots couleur cuisse de nymphe (..) sont en train, poursuivit le faux commissaire, de s'en donner plus qu'il n'est permis, à quelques pas de chez vous »

— Marc de Montifaud, La chaste Suzanne, 1895[1]

Cuisse de nymphe[réf. nécessaire]

Composante
RVB (r, v, b) (254, 231, 240)
Triplet hexa. FEE7F0
CMJN (c, m, j, n) (0 %, 9 %, 6 %, 0 %)
TSL (t, s, l) (337°, 92 %, 95 %)

Le nom de la fleur est également employé pour désigner une couleur, qui passait à Paris, à la fin du XIXe siècle, pour avoir été à la mode pour les robes de dames un siècle plus tôt, quelle que soit la date de publication[2]. Le nom semble concerner plus le domaine de la mode que celui des beaux-arts.

Le terme de nymphe, utilisé fréquemment au XIXe siècle par euphémisme pour désigner des prostituées, avait également un sens médical bien connu ; il a permis, joint à cuisse, désignant indirectement le sexe, une quantité de jeux de langage appropriés à une couleur chair, qui ont contribué à sa pérennité, à la différence d'autres noms de coloris utilisés dans le commerce de mode, tombés dans l'oubli. En contrepartie, la description de la nuance est rare. Ce nom ne figure pas dans les catalogues de marchands de couleur, ni dans les noms commerciaux indiqués au Colour Index international.

Si cette couleur a des références précises[réf. nécessaire], elle ne fait cependant pas partie des couleurs nommées en langage HTML.

On connaît aussi les noms cuisse de nymphe émue et cuisse de nymphe à peine émue, où il est permis de soupçonner une certaine ironie.

Cuisse de nymphe émue[modifier | modifier le code]

« Les femmes (...) demandèrent au Chevalier quelles étaient les couleurs les plus en vogue ; il leur répondit qu'on portait maintenant le Soupir étouffé, la cuisse de Nymphe émue, les désirs satisfaits, la passion dévorante, le lendemain de noces. On raisonna beaucoup sur toutes ces couleurs (...) »

— Lettres iroquoises (1783)[3]

HTML/CSS hotpink

Composante
RVB (r, v, b) (255, 105, 180)
Triplet hexa. FF69B4
CMJN (c, m, j, n) (0 %, 59 %, 29 %, 0 %)
TSL (t, s, l) (330°, 100 %, 71 %)

Les frères Goncourt attribuent au modiste Beaulard[4] l'utilisation vers 1775 du nom de la nuance cuisse de nymphe émue, parmi une quantité d'autres noms évocateurs[5].

En 1885, Félix Bracquemond écrit « La nomenclature des couleurs est (...) variée par la fantaisie et l'allure d'esprit d'une époque. Elle augmente sans cesse. Elle diminue de même par l'abandon des noms de nuances qui désignent pendant un moment une teinte bien définie pour tout le monde. Quel rose, quel orangé, quel jaune, quel lilas, était-ce que cuisse de nymphe émue ?[6] ».

En 1923 la Revue hebdomadaire explique qu « ton cuisse de nymphe émue » est « un cliché populaire » destiné à évoquer « un rose délicat[7] ».

La couleur cuisse de nymphe émue est assimilée par certains à hot pink (rose chaud)[réf. nécessaire], un nom de couleur X11 repris dans HTML, CSS, SVG. Le rendu effectif d'une couleur HTML dépend de la technique et des réglages de l'écran.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Pendant le règne de Louis XV pour F. Séré, Les arts somptuaires..., 1852 (sur Gallica) ; à la fin de l'Ancien régime pour le comte de Reiset, Modes et usages au temps de Marie-Antoinette, 1885, (Gallica) ; en 1895, répondant à une question sur la couleur cuisse de nymphe, l’Intermédiaire des curieux écrit « vers la fin du siècle dernier, on disait de certaines étoffes qu'elles étaient couleur cuisse de nymphe émue »(sur Gallica).
  3. Lettres iroquoises, ou correspondance politique, historique et critique entre un iroquois voyageant en Europe, et ses correspondants... (30 juillet 1781.). Au berceau de la vérité (Londres), 1783 (lire sur Gallica).
  4. Sur ce personnage, lire La feuille sans titre, Amsterdam 1777, p. 3, 213-215 ou Grimm, Correspondance littéraire, novembre 1774.
  5. Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, La femme au XVIIIe siècle : Nouvelle édition, revue et augmentée, Paris, G. Charpentier,‎ 1882 (lire en ligne).
  6. Félix Bracquemond, Du dessin et de la couleur, Paris, Charpentier,‎ 1885 (lire en ligne), p. 55.
  7. 30 juin 1923, lire sur Gallica