Concerto pour piano nº 2 de Prokofiev

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Le Concerto pour piano n° 2 de Sergueï Prokofiev, opus 16, a été composé en 1912-1913 et réécrit en 1923. Il est créé le 5 septembre 1913 à Pavlovsk près de Saint-Pétersbourg.

Il adopte la structure peu courante du concerto en quatre mouvements (comme le deuxième concerto de Brahms) avec un bref deuxième mouvement. Il s’agit du second des cinq concertos pour piano du compositeur. Il a été écrit deux ans après son premier concerto et un an avant son troisième concerto, bien avant ses symphonies. Il s'agit d’une œuvre de jeunesse, Prokofiev achevant ses études au conservatoire de Saint-Pétersbourg. Sa durée d'exécution est d'environ une demi-heure :

L'œuvre est dédié à Maximilian Schmidthof, un étudiant du même conservatoire et ami du compositeur, qui s’était récemment suicidé ; sa création provoqua un scandale sans précédent. La partition fut perdue dans les suites de la révolution de 1917[1] et le musicien pendant un séjour en Allemagne en fit une nouvelle version en 1923 à partir d’une réduction pour piano seul[2]. Il la considérait même comme son quatrième concerto[2], le troisième étant achevé peu avant. La création de cette seconde version eut lieu à Paris le 8 mai 1924 sous la direction de Serge Koussevitzky, avec un accueil mitigé[2].

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Le premier et dernier mouvements durent une douzaine de minutes encadrant deux brefs mouvements.

1 Andantino Le premier mouvement frappe par son atmosphère extrêmement sombre, tourmentée. Il comporte notamment une très longue cadence, dont la difficulté technique et la complexité vont de pair avec une intensité dramatique rare ; cette cadence débouche finalement sur un le retour de l'orchestre tout entier, dans un crescendo énorme et déchaîné qui constitue le paroxysme de ce mouvement.

2 Scherzo (vivace) Le second mouvement, de trois minutes seulement, en ré mineur, dévoile dès le début un caractère sauvage qui annonce très clairement le quatrième mouvement. Là encore, le piano étonne par sa virtuosité ; celle-ci caractérise souvent l'écriture pianistique de Prokofiev (lui-même pianiste virtuose).

3 Intermezzo (allegro moderato) Le troisième mouvement sur un rythme de marche plein d'ironie acide, pesant par son introduction (les notes "piochées au hasard", dirait-on) met en avant la clarinette. Ce mouvement se conclut sur une coda fougueuse et puissante.

4 Allegro tempestoso Le titre indique son contenu : la rage et les restes de sauvageries hérités du Scherzo explosent dans ce mouvement où l'orchestre et le piano s'embrasent. Résolument virtuose, le concerto s'achève (dans la tonalité de sol mineur) par tout l'orchestre et le piano.

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation du 2e concerto pour piano et orchestre
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses,

Bois
2 Flûtes, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en la, 2 Bassons,
Cuivres
4 Cors en ré, 2 Trompettes en ré, 3 Trombones, 1 Tuba
Clavier
Piano
Percussions
timbales, petite batterie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Goodwin N, notice de l’enregistrement par Boris Berman et Neeme Järvi, Chandos classics
  2. a, b et c Nissman B, The many faces of Prokofiev as seen through his piano concertos sur le site de la Fondation Prokofiev