Charles-Albert Demoustier

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Charles-Albert Demoustier

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Demoustier, huile sur toile de Le Barbier, 54 x 65 cm,
Vizille, Musée de la Révolution française.

Nom de naissance Charles-Albert de Moustier
Activités Écrivain
Naissance 13 mars 1760
Villers-Cotterêts
Décès 2 mars 1801
Paris
Langue d'écriture Français

Charles-Albert Demoustier, né à Villers-Cotterêts en France le 13 mars 1760 et mort à Paris le 2 mars 1801 de tuberculose pulmonaire, est un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il prétendait descendre du célèbre Racine par son père et du grand fabuliste La Fontaine par sa mère. Les recherches généalogiques sur Charles-Albert Demoustier tendraient à prouver que ses prétentions étaient erronées.

Charles-Albert exerça quelque temps avec distinction la profession d’avocat, tout en se livrant à la littérature. Il préféra finalement les lettres au barreau, et débuta, en 1786, par les Lettres à Emilie sur la mythologie (1re partie) dont la 6e et dernière partie parut en 1798, qui connurent un grand succès. En 1799, il fut élu membre de l'Institut national des sciences et des arts devant Rouget de Lisle.

Demoustier ne se dissimulait pas les défauts de son principal ouvrage, il se proposait même de refondre les deux dernières parties qui paraissent effectivement les plus faibles. Mais le libraire qui vers 1800 acheta les droits d’auteur des Lettres lui interdit contractuellement toute correction pour l’édition de 1801 sur les cinquième et sixième parties. En effet, Renouard possédait encore un stock important d’une première édition qu’il voulait écouler sereinement. Demoustier n’eut pas le loisir d’attendre, une mort douloureuse et prématurée, une pneumonie foudroyante, l’emporta. On retient de lui les derniers mots qu'il écrivit à Mme du Boccage, son amie, quelques jours avant de mourir :

" Je sens que je n'ai plus la force de vivre ; mais j'ai encore celle de vous aimer. "[1]

Les Lettres à Emilie[modifier | modifier le code]

Les Lettres à Emilie sur la mythologie, écrit en prose et en vers, est constitué de leçons en forme de lettres adressées par un narrateur à sa jeune élève en vacances dont le modèle fut peut-être la fameuse dame Benoist. Si l'ouvrage était déjà passé de mode à la fin du XIXe siècle où l'on juge son « style faux, maniéré et prétentieux »[2], il obtint le plus vif succès en son temps, et fit presque école. L'ouvrage est en effet semé de traits d’esprit, de saillies et de madrigaux, qui en font une extraordinaire satire de la société du temps. Qu'on en juge !

Sur le cocuage (lettre VII) :

" Aujourd'hui, (contrairement à Jupiter), le front des hommes n'accouche plus ; mais on prétend qu'il indique souvent, par de certains signes, que leurs femmes sont accouchées. Je tiens cette découverte de quelques initiés, dont le témoignage est fondé sur une longue expérience, et qui portent avec eux les preuves authentiques de ce qu'ils avancent. "

Sur les médecins (lettre XI) :

" Esculape, malgré sa science divine, auroit assez mal figuré parmi nos docteurs modernes :

Il ne marchoit point escorté

D'un leste et brillant équipage ;

Il ignoroit le doux langage

Des Nestors de la faculté ;

Il parloit sans point, sans virgule :

On comprenoit ce qu'il disoit ;

Et, pour comble de ridicule ;

Presque toujours il guérissoit. "

Ou sur les mauvais écrivains (lettre XIV) :

" Pégase s'abattit sur un rocher, et d'un coup de pied fit jaillir l'Hippocrène :

Cette poétique fontaine,

Dont quelques écrivains badauds

Se vantent de boire les eaux,

En buvant les eaux de la Seine. "

Oeuvres[modifier | modifier le code]

Son œuvre la plus célèbre

Pièces de théâtre et opéras

  • Alceste ou le misanthrope corrigé, en 3 actes et en vers.
  • Le Conciliateur ou l’Homme aimable, cinq actes, 1791. Accessible sur Gallica
  • Le Tolérant ou la Tolérance morale et religieuse, pièce de théâtre Accessible sur Gallica ici et
  • Les Femmes, comédie en 3 actes, chez Maradan, Paris, 1795. (Jouée pour la première fois au Théâtre de la Nation le 19 avril 1793).
  • Apelle et Campaspe : opéra en un acte, Paris, chez Huet, libraire et éd. de pièces de théâtre 1797-1798. Accessible sur Gallica
  • L’Amour filial, opéra en 1 acte
  • Théâtre de Ch. A. Demoustiers, Paris, A.-A. Renouard, 1804. Accessible sur Gallica. Contient :
    • Le Conciliateur ou l’Homme aimable
    • Les Femmes
    • Alceste à la campagne
    • Le divorce
    • La toilette de Julie
    • L’Amour filial

Autres œuvres

On lui doit également encore quelques opéras-comiques.

Citations et poèmes[modifier | modifier le code]

Cette solitude profonde
Commençait à la désoler ;
Dans le plus beau palais du monde
On veut trouver à qui parler.[3]
Un pauvre amant dit ce qu'il pense, sans trop penser à ce qu'il dit ;
Le désordre est son éloquence ; quand le cœur parle, adieu l'esprit.'' [4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oeuvres de C.-A. Demoustier, Renouard, 1803, notice biographique de F. Fayolle, p.15.
  2. Julien Travers, 1883.
  3. Dictionnaire des locutions françaises, Paris, Larousse, 1957.
  4. Lettres à Emilie.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société historique et scientifique de Soissons, Soissons, 1887.