Bugs Moran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Moran.

George Bugs Moran, né Adelard Leo Cunin, le 21 août 1893 à Saint Paul dans le Minnesota - mort le 25 février 1957 au pénitencier fédéral de Leavenworth dans le Kansas), alias : « le Branque ». Gangster américain des bas-fonds de Chicago, adversaire d'Al Capone et membre du North Side Gang. Les épisodes sanglants qui jalonnèrent son parcours sont emblématiques d’une période de décomposition dans la société américaine, lorsque l'état de droit était en déclin et le crime florissant.

Ses origines[modifier | modifier le code]

Né Adelard Leo Cunin, il était le fils de Jules Adelard Cunin et Marie Diana Gobeil, descendants d'immigrants français et catholiques. Son père, maçon, était natif d'Alsace-Lorraine, tandis que sa mère venait de Chicoutimi au Québec.
Les origines irlandaises et polonaises de Bugs Moran seraient donc une légende, selon une biographie que Rose Keefe a rédigé sur le gangster. Elle viendrait du fait que durant tout sa carrière criminelle, celui-ci prit plusieurs identités différentes (George "Bugs" Moran, George Gage, George Miller, George Morrissey ou John Phillips)[1],[2].

La vocation criminelle[modifier | modifier le code]

George Moran fait ses premières armes dans les quartiers nord de Chicago.

Membre de diverses bandes, il connaît la prison à trois reprises avant d’atteindre sa majorité. Le passage à tabac d’un tailleur, abandonné bras et jambes brisés pour avoir simplement dénigré ses origines étrangères, lui vaudra le surnom non usurpé de « Bugs » (le « Branque »). Il se taille une réputation dans la contrebande d'alcool et l’organisation de jeux de dés. Sa carrière s'étoffe aux côtés de Dean O'Banion, chef de la bande des North Siders.

Johnny Torrio jette l'éponge[modifier | modifier le code]

En 1924, O'Banion est assassiné par des hommes de main de Johnny Torrio, un patron du milieu. Hymie Weiss lui succède avec le « Branque » pour bras droit. Ensemble, ils entreprennent d’exécuter Johnny Torrio. Mais alors que ce dernier, surpris sur le pas de sa porte, est à leur merci, le plan tourne court avec l'arrivée inopinée d'un fourgon que les deux agresseurs, prenant la fuite sans achever leur victime, croient être celui de lieutenants de Torrio. Grièvement blessé, Johnny Torrio confie la succession à Al Capone et se range définitivement des affaires.

Al Capone relève le défi[modifier | modifier le code]

Ennemis jurés d’Al Capone, Weiss et Moran forment l’ultime rempart contre l'empire dont le Balafré est l’héritier. La lutte qui va les opposer sera jalonnée de cadavres. Moran proclame dans la presse son mépris pour Al Capone qu’il tient pour un « individu de bas étage ». Le « Branque » est, du reste, un catholique fervent convaincu de sa supériorité morale : à l’inverse de son rival, il ne s’intéresse pas à la prostitution.

Le 20 septembre 1926, il tente d’assassiner Al Capone dans son fief de Cicero, dans l’Illinois. L’entreprise est un fiasco, Al Capone s’en sort sans une égratignure.

Le 14 février 1929, au cours du fameux massacre de la Saint-Valentin, les hommes d'Al Capone déguisés en policers abattent dans le dos les lieutenants de Moran. Celui-ci, arrivé en retard au rendez-vous, échappe à la mort de justesse.

Une fin misérable[modifier | modifier le code]

Une loi de 1933 met fin à la Prohibition, entraînant le déclin des gangs de Chicago. En 1936, Moran le « Branque » accomplira l’un de ses derniers faits d'armes en prenant sa revanche sur Jack la Sulfateuse, l’instigateur du massacre de la Saint-Valentin. Son entreprise de jeux passera entre les mains de cartels mafieux dirigés par Meyer Lansky et Lucky Luciano.

En 1946, Moran est arrêté dans l’Ohio après avoir volé à un garçon de courses la somme de 10 000 dollars, maigre butin comparé au grand train de vie de ce même gangster sous la Prohibition. Condamné à dix ans de prison, il commet, à sa sortie, un nouveau braquage qui l’envoie pour dix autres années au pénitencier de Leavenworth. Le « Branque » y meurt d’un cancer et son corps est jeté dans la fosse commune.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rose Keefe, The Man Who Got Away: the Bugs Moran Story: A Biography, Cumberland House Publishing,‎ 2005 (ISBN 978-1-58182-443-8), p. 11–12
  2. Biographie de George Clarence Moran sur myalcaponemuseum.com

Lien externe[modifier | modifier le code]