Beatrice Cenci

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Portrait de Beatrice Cenci, par Guido Reni ou peut-être Elisabetta Sirani, Galleria Nazionale d'Arte Antica, Rome

Beatrice Cenci surnommée La belle parricide (Rome, - ) est une femme noble italienne célèbre en tant que protagoniste dans un procès pour un meurtre sordide à Rome[1]. Elle a inspiré de nombreuses œuvres littéraires, musicales et dramaturgiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Beatrice Cenci est la fille de Francesco Cenci, un aristocrate qui, en raison de son tempérament violent et d'un comportement immoral, s'était trouvé souvent confronté à la justice papale.

La famille Cenci a vécu à Rome au Palais Cenci, construit sur les ruines d'un château fort médiéval situé dans le rione de Regola, à proximité du ghetto juif de Rome.

Dans ce palais avec Beatrice et son père Francesco vivaient Lucrezia Petroni (seconde femme de Francesco), Giacomo (frère aîné de Beatrice) et Bernardo (le deuxième garçon né du mariage de Francesco et Lucrezia Petroni).

Parmi leurs autres possessions figurait le château de La Rocca del Petrella Salto, un petit village près de Rieti, au nord de Rome.

Histoire[modifier | modifier le code]

Francesco Cenci, de tempérament violent et dont le comportement était immoral, avait abusé de son épouse et son fils et était sur le point de commettre l'inceste avec Beatrice. Il avait été emprisonné pour d'autres crimes, mais grâce à la clémence dont les nobles bénéficiaient il avait été rapidement libéré.

Beatrice avait essayé à plusieurs reprises, mais en vain, d'informer les autorités sur les agissements de son père. Quand celui-ci découvrit les accusations de sa fille à son encontre, il envoya Beatrice et Lucrezia vivre dans le château de famille loin de Rome.

Les quatre membres de la famille Cenci estimèrent qu'ils n'avaient pas d'autre choix que d'essayer de se débarrasser de Francesco et tous ensemble organisèrent un complot.

Le , au cours d'un séjour au château de Francesco, deux vassaux (dont l'un était devenu en secret l'amant de Beatrice) avaient empoisonné celui-ci, mais cela n'avait pas suffi pour le tuer.

Afin de l'achever, Beatrice, sa mère, ses frères et sœurs avaient frappé avec un marteau Francesco jusqu'à ce que mort s'ensuive et jeté le corps par dessus un balcon afin de simuler un accident, mais personne ne crut à cette thèse.

Dès que son absence fut remarquée, le pape dépêcha la police papale afin d'enquêter sur l'affaire. L'amant de Beatrice fut torturé et mourut sans révéler la vérité. Pendant ce temps, un ami de la famille qui était au courant de l'assassinat et pour éviter tout risque ordonna le meurtre du deuxième vassal, mais le complot fut tout de même découvert et les quatre membres de la famille Cenci furent arrêtés, reconnus coupables et condamnés à mort.

Le peuple de Rome au courant des raisons de l'assassinat protestèrent contre la décision du tribunal et obtinrent une suspension de l'exécution. Mais le Pape Clément VIII refusa la grâce et le à l'aube les condamnés furent conduits au Pont Sant'Angelo où se situait l'échafaud.

Giacomo eut la tête écrasée sur le billot, d'un coup de maillet, puis il fut démembré et ses membres accrochés aux quatre coins de la place. Ensuite arriva le tour de Lucrezia et enfin de Beatrice, amenées sur le billot où elles furent décapitées à l'aube à l'aide d'une espèce de guillotine appelée mannaya[1] Seul le jeune garçon fut épargné. Conduit à l'échafaud afin d'assister à l'exécution de ses proches, avant d'être remis en prison, ses biens furent confisqués au profit de la famille du pape.

Beatrice fut enterrée dans l'église de San Pietro in Montorio à Rome. Sa tête coupée reposait sur un plat d'argent. La tombe fut profanée en 1798 par les soldats de Bonaparte qui fouillaient les sépultures à la recherche d'objets précieux et de plomb pour fondre des balles. La tête de Beatrice disparut à ce moment-là et ne fut jamais retrouvée.

Pour le peuple de Rome, elle est devenue le symbole de la résistance contre l'arrogance de l'aristocratie.

Une légende demeure : chaque année, dans la nuit précédant la date anniversaire de sa mort, elle revient à la passerelle du pont Saint-Ange portant sa tête.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres inspirées de sa vie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Page 375 Firmin-Didot,1854 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]