Batrachochytrium dendrobatidis

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Batrachochytrium dendrobatidis est un champignon aquatique (Chytride (récemment devenu invasif), parasite des amphibiens et qui provoque le chytridiomycose, une maladie infectieuse, occasionnant la mort des individus infectés en bloquant leurs organes respiratoires (phénomène reconnu depuis 1998, en Australie et à Panama).

La fin des tests de grossesse avec les œufs de Xenopus laevis a eu pour effet la dissémination hors des élevages de cette grenouille porteur sain du Batrachochytrium dendrobatidis, un des responsables du déclin des populations d'amphibiens dans différentes régions du monde, affectant plus de 200 espèces (plus de 40% des espèces d’amphibiens ont disparu dans certaines régions d’Amérique centrale)[1], notamment le Bufo baxteri.

Depuis 2009, ce champignon microscopique pathogène frappe aussi l'Europe.
Il semble notamment avoir été récemment identifié comme la source d'une mortalité en hausse des crapauds accoucheurs au lac d'Arlet dans les Pyrénées françaises[2].

Une autre espèce de chytride, découverte récemment, Batrachochytrium salamandrivorans serait responsable du déclin de la population de salamandres aux Pays-Bas (96% des salamandres y ayant disparu)[3], en Wallonie[4].

Le chytride appartient à un groupe de moisissures qui décomposent la matière organique morte. Il est présent dans la nature depuis longtemps, mais ces variants pathogènes pourrait être des mutants dont la dispersion a été facilité par l'Homme et dont l'évolution aurait pu avoir été favorisée par la dégradation anthropique des zones humides et de l'environnement en général[5].

Les amphibiens se contaminent quand ils sont dans l'eau. Le champignon qui s'y trouve à l'état de spore s'incruste dans leur peau, s'y développe et forme alors des zoosporanges qui produisent à leur tour des zoospores.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre vient des mots grecs batracho (grenouille) et chytr (pot de terre), alors que le nom d'espèce est dérivé de Dendrobates[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ché Weldon et col, « Origin of the Amphibian Chytrid Fungus », Emerging Infectious Disease, vol. 10, no 12,‎ 2004 (lire en ligne)
  2. Parc national des Pyrénées, « Un champignon décime les crapauds accoucheurs des Pyrénées », Maxisciences.com, Maxisciences.com,‎ 2011 (lire en ligne)
  3. (en) An Martel et col, « Batrachochytrium salamandrivorans sp. nov. causes lethal chytridiomycosis in amphibians », Proceedings of the National Academy of Sciences,‎ 18 avril 2013 (DOI 10.1073/pnas.1307356110)
  4. Alain Wolbertz, « La salamandre va sans doute disparaître », sur L'Avenir,‎ 6 mai 2014
  5. Plowright RK et al. (2008) Causal inference in disease ecology: Investigating ecological drivers of disease emergence. Front Ecol Environ 6(8):420–429.
  6. Longcore JE, Pessier AP, Nichols DK. (1999). Batrachochytrium Dendrobatidis gen. et sp. nov., a chytrid pathogenic to amphibians. Mycologia 91(2): 219-227.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Batrachochytrium salamandrivorans sp. nov. causes lethal chytridiomycosis in amphibians Proc. Natl. Acad. Sci. USA 2013 110 (38) 15325-15329 (résumé)
  • Do pathogens become more virulent as they spread? Evidence from the amphibian declines in Central America Proc R Soc B 2013 280 (1766) 20131290 (résumé)
  • James P. Collins History, novelty, and emergence of an infectious amphibian disease ; Proc. Natl. Acad. Sci. USA 2013 110 (23) 9193-9194
  • Rosenblum EB & al. (2013) Complex history of the amphibian-killing chytrid fungus revealed with genome resequencing data. Proc Natl Acad Sci USA 110:9385–9390 (résumé)
  • Fisher MC & al (2012) Emerging fungal threats to animal, plant and ecosystem health. Nature 484(7393):186–194.
  • Morehouse EA, et al. (2003) Multilocus sequence typing suggests the chytrid pathogen of amphibians is a recently emerged clone. Mol Ecol 12(2):395–403.
  • Farrer RA & al. (2011) Multiple emergences of genetically diverse amphibian-infecting chytrids include a globalized hypervirulent recombinant lineage. Proc Natl Acad Sci USA 108(46):18732–18736.
  • Longcore JE, Pessier AP, Nichols DK (1999) Batrachochytrium dendrobatidis gen et sp nov, a chytrid pathogenic to amphibians. Mycologia 91(2):219–227
  • Lips KR et al. (2006) Emerging infectious disease and the loss of biodiversity in a Neotropical amphibian community. Proc Natl Acad Sci USA 103(9):3165–3170.
  • Retallick RW, McCallum H, Speare R (2004) Endemic infection of the amphibian chytrid fungus in a frog community post-decline. PLoS Biol 2(11):e351.
  • Vredenburg VT, Knapp RA, Tunstall TS, Briggs CJ (2010) Dynamics of an emerging disease drive large-scale amphibian population extinctions. Proc Natl Acad Sci USA 107(21):9689–9694
  • Goka K & al. (2009) Amphibian chytridiomycosis in Japan: Distribution, haplotypes and possible route of entry into Japan. Mol Ecol 18(23):4757–4774
  • Soto-Azat C & al.(2010) Widespread historical presence of Batrachochytrium dendrobatidis in African pipid frogs. Divers Distrib 16(1):126–131
  • Joneson S, Stajich JE, Shiu SH & Rosenblum EB (2011) Genomic transition to pathogenicity in chytrid fungi. PLoS Pathog 7(11):e1002338.
  • Collins JP & al. (2005) Meeting the challenge of amphibian declines with an interdisciplinary research program. Lannoo MJ, ed. Amphibian Declines : The Conservation Status of United States Species (Univ of California Press, Berkeley, CA), pp. 23–27