Acte de suprématie

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L'Acte de suprématie (1534) est la loi principale qui fonde l'Église anglicane au XVIe siècle, et déclenche le début des persécutions anticatholiques en Angleterre.

Acte de Suprématie de 1534 (Henri VIII)[modifier | modifier le code]

Cet Acte fut promulgué en Angleterre en novembre 1534 : Henri VIII avait demandé en vain à la papauté d'annuler son mariage avec Catherine d’Aragon qui ne lui avait pas donné d’héritier mâle. Passant outre l’autorisation papale et faisant voter l'annulation par une cour ecclésiastique anglaise, Henri VIII est excommunié. En retour, il fait voter l’Acte de Suprématie qui donne au roi et à ses successeurs le titre de « chef unique et suprême de l'Église d’Angleterre ». Aussitôt cet acte voté, Henri VIII met en application ses nouveaux pouvoirs en supprimant les monastères dont les biens sont sécularisés ; il oblige chaque paroisse d'Angleterre à se doter d’une bible en anglais d'après la traduction de Tyndale (en 1526) pour le Nouveau Testament et de Coverdale (en 1535) pour la Bible en entier. Toute personne majeure devait prêter serment au roi comme chef absolu de l'Église. Parallèlement, le Parlement adopte le Treasons Act qui punit de mort tout manquement à ce serment. Thomas More en fut la victime la plus célèbre.

En 1536, Henri fait également voter cet acte par le Parlement irlandais, ce qui entraîne la suppression des abbayes en Irlande.

Mais Henri VIII reste attaché à de nombreux aspects de la foi catholique et fait rédiger l’Acte des six articles (1539) qui condamnent les idées de Luther. Il a simplement mis en place une Église d’Angleterre indépendante de la papauté.

Il fut abrogé par la catholique Marie Ire

Acte de Suprématie de 1558 (Élisabeth I)[modifier | modifier le code]

L'Acte est rétabli sous une forme un peu différente par Élisabeth Ire sous le nom d’Acte de Suprématie et d’Uniformité qui déclenche une véritable persécution religieuse et s’en prend directement au dogme catholique.

En exigeant de tous les ecclésiastiques, de tous les membres du parlement et des fonctionnaires de prêter un « serment de suprématie » (Oath of Supremacy), les catholiques et les dissidents étaient, de fait, exclus de toute responsabilité politique et des fonctions publiques. La réponse officielle de Rome est contenue dans la bulle Regnans in Excelsis, qui autorise le renversement de la reine.

Il faut attendre 1829 pour que ce serment soit remplacé pour les catholiques par un serment spécial, compatible avec leurs croyances. Il fut définitivement supprimé en 1867.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1534 : Vote de l'Acte de Suprématie par Henri VIII
  • 1535 : L’archevêque Fisher et le chancelier Sir Thomas More, qui, fidèles à Rome, refusent l’Acte de Suprématie, sont exécutés pour trahison.
  • 1536 : Henri VIII fait voter par le Parlement irlandais l'Acte de Suprématie.
  • vers 1554 : Marie Tudor supprime l'Acte de Suprématie. Persécutions contre les protestants.
  • 1559 : Elisabeth 1re rétablit l'Acte de Suprématie et d'Uniformité. Sévères persécutions contre les catholiques.
  • 1829 : Le Serment de Suprématie est adapté pour les catholiques.
  • 1867 : Suppression de l'Acte de Suprématie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]