Abu Jahl

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`Amrû ibn Hichâm ibn al-Mughîra[1] (arabe : عمرو بن هشام بن المغيرة) était le fils de Hichâm et le chef des Banû-makhzum. Il fut tout d'abord surnommé Abû al-Hakam[2] (arabe : أبو الحكم), qui signifie « Père de la Sagesse » ou « Père de la justice », car il était considéré comme un sage parmi les Quraysh. Il fut ensuite surnommé 'Abû Jahl[3] (arabe : أبو جهل) « Père de l'ignorance », par les musulmans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Abû Jahl a été un des plus fervents adversaires de Mohammad au début de sa prédication. Il tortura de ses mains de nombreux musulmans, faibles esclaves mecquois. Il transpercera de sa lance Sumayyah bint Khayyat, considérée comme la première femme martyre de l'islam, après l'avoir attaché et longuement torturé. Avant l'hégire il blessa Mohammad :

« Un autre jour, le prophète se trouvant sur le mont Safâ, Abû Jahl ibn Hichâm, s'approcha de lui, l'accabla d'injures, lança contre lui une pierre et lui fit une blessure à la tête. Le sang coula sur la figure du prophète ; mais il ne dit rien, se leva et retourna dans sa maison[4] »

.

Après l'hégire, il est présent à chaque expédition. Abû Jahl meurt au cours de la première véritable bataille entre les musulmans et les clans mecquois à Badr (en mars 624[5]), assailli par deux jeunes garçon, dont un perdit un bras dans le combat.

« Abdallah ibn Mas`ud, l'un des plus faibles des musulmans, s'était dit : Je m'occuperai des morts ; j'irai voir lesquels d'entre les quraychites ont été tués. En examinant les cadavres, il trouva Abû Jahl, qui avait encore un souffle de vie. [...] Abdallah lui trancha la tête, la porta au prophète et la jeta sur la terre devant lui. Le prophète se prosterna et rendit grâce à Dieu[6] »

À la tombée de la nuit, les cadavres sont jetés dans un puits sans eau, le prophète, se plaçant au bord du puits et appela chacun des morts par son nom et dit :

« Vous étiez tous mes parents ; vous m'avez accusé de mensonge, tandis que des étrangers ont cru à mes paroles ; vous m'avez chassé de ma patrie, des étrangers m'ont accueilli ; vous m'avez combattu, et des étrangers ont combattu pour moi. Tout ce que Dieu m'a promis, la victoire sur vous et votre châtiment, s'est réalisé sur vous[6]. »

Citations coraniques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : ʿamrū ben hišām ben al-muḡīra ben ʿabd allāh ben ʿumar ben maḫzūm,
    عمرو بن هشام بن المغيرة بن عبد الله بن عمر بن مخزوم
  2. arabe : ḥakam, حكم, arbitre, juge
  3. arabe : jahl, جهل, ignorance, sottise
  4. Tabarî, La Chronique Tome II : Mohammed, sceau des prophètes, Éd. Actes Sud / Sindbad, (ISBN 978-2-7427-3318-7), p. 74
  5. Ramadan 2 A.H.
  6. a et b Tabari, ibidem, p. 162

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]