Abd al-Masih ibn Ishaq al-Kindi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pour le théologien musulman "Al-Kindi", voir Abū-Yūsuf Ya’qūb ibn Ishāq al-Kindī

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Masih.

Abd al-Masih ibn Ishaq al-Kindi est un personnage chrétien de l’Apologie d’al-Kindi

« L'apologie »[modifier | modifier le code]

Ce que l'on appelle « l'apologie d'al-Kindi » (Risalat al-Kindi, ar: رسالة الكندي) rassemble deux lettres, l'une d'un musulman, Abdallah Al-Hashimi ; l'autre d'un chrétien, Abd al-Masih al-Kindi, chacun faisant l'apologie de sa religion et invitant l'autre à le rejoindre.

Cette correspondance aurait eu lieu à l'époque du calife Al-Ma'mun (813-834). Ce que l'on sait de l'ouverture d'esprit du Calife ne vient pas contredire cette assertion.

Le plus ancien témoignage externe sur cette "Apologie" appartient à Al-Biruni (973-1048). Dans sa Chronologie (chapitre VIII "Sur les ères des faux prophètes"), il écrit, à propos des Sabéens : "De même, Abd-al-Masih ben-Ishaq Al-Kindi, le chrétien, dans sa réponse au livre d'Abdallah ben-Ismaïl Al-Hashimi, rapporte à leur propos, qu'il est connu qu'ils pratiquaient des sacrifices humains quoique dans les temps actuels, ils ne soient pas autorisés à les pratiquer publiquement."[1].

La question de l'authenticité et de la date reste débattue.

Identité des protagonistes[modifier | modifier le code]

Les noms des protagonistes laissent à penser qu'il pourrait s'agir de pseudonymes, voire de personnages emblématiques.

En effet, le chrétien s'appelle Abd al-Masih ibn Ishaq al-Kindi (en arabe : عبد المسيح ابن اسحاق الكندي ) ce qui signifie : Abd-al-Masih = serviteur du Christ, ibn-Ishaq = fils d'Isaac, al-Kindi = de la tribu de Kindah.

Le nom du musulman, Abdallah ben-Ismaïl Al-Hashimi (ar: عبد الله بن إسمعيل الهاشمي) se traduit : Abdallah = serviteur d'Allah, ben-Ismaïl = fils d'Ismaël, Al-Hashimi= du clan de Hashim.

On notera, outre la désignation "serviteur du Christ" ou "serviteur d'Allah" la précision des indications suivantes : "fils d'Isaac" et "fils d'Ismael". En effet, tandis que la Bible désigne Isaac comme la descendance promise par Dieu à Abraham [2], les musulmans considèrent qu'Ismaël est l'un des ancêtres des Arabes et qu'en compagnie d'Abraham, son père, il reconstruisit la Ka'aba.

Enfin, tandis que le clan des "Fils d'Ashim" (les Achémites) est ce clan de la tribu arabe des Qurayshites dont est issu Mahomet, la tribu de Kindah comportait en son sein des clans juifs et chrétiens même après l'avènement de l'islam.

Traductions[modifier | modifier le code]

L'Apologie a été traduite en latin en 1142 pour Pierre le Vénérable, abbé de Cluny par Pierre de Tolède et révisée par Pierre de Poitiers sous les titres "Epistola Sarraceni" et "Rescriptum Christiani".

Des extraits en ont été publiés en anglais en 1882 par l’orientaliste écossais William Muir. Son ouvrage a par ailleurs été traduit en russe.

En 1985, le pasteur G. Tartar publia une traduction française des lettres d'Abd-al-Masih Al-Kindi et d'Abd-Allah Al-Hashimi.

En 1998, parut une traduction italienne : "Al-Kindi, Apologia del cristianesimo, introduzione, traduzione, note ed indici" réalisée par Laura Bottini, 4° volume de la collection "Patrimonio culturale arabo-cristiano".

Liens externes[modifier | modifier le code]

Texte et traductions

Etudes sur l'Apologie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Al Biruni : The chronology of the ancient nations, trad Sachau, 1879, p 187
  2. "Dieu dit : Certainement Sara, ta femme, t'enfantera un fils ; et tu l'appelleras du nom d'Isaac. J'établirai mon alliance avec lui comme une alliance perpétuelle pour sa postérité après lui", Genèse XVII,19