A. Tom Grunfeld

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A. Tom Grunfeld est professeur d'histoire à l’Université d'État de New York (Faculté de l'Empire State), spécialisé dans l’histoire moderne de l’Asie orientale, et plus particulièrement de la Chine et du Tibet.

Il est titulaire d'une licence de l'Université d'État de New York (Faculté de Old Westbury) (1972), d'une maîtrise en histoire de la Chine de l'Université de Londres (École des études orientales et africaines) (1973) et d'un doctorat en histoire moderne chinoise de l'Université d'État de New York (1985)[1]. Il a bénéficié de nombreuses bourses de voyage et de recherche, entre autres de la Dotation nationale pour les humanités (1984), de la Fondation de recherche de l'Université de la ville de New York (1985) et de l'Université d'État de New York et de la Fondation Ford (1993).

Il est souvent appelé à commenter l'actualité chinoise et tibétaine pour la BBC et CNN International.

Un défenseur du juste milieu[modifier | modifier le code]

Pour le professeur Grunfeld lui-même, en dehors des idées reçues sur le Tibet, il y a une voie moyenne entre l'apologie de l'indépendance tibétaine et le point de vue de la République populaire de Chine mais beaucoup de gens refusent de le reconnaître[2].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Alice Ewing, rédactrice du site Chinese American Media Watch, estime que le professeur Grunfeld réussit, dans son livre (The Making of Modern Tibet), à présenter les points de vue opposés de la Chine communiste et du dalaï-lama, atteignant ainsi son objectif proclamé de faire de l'histoire impartiale et dépassionnée[3].

Pour Victor et Victoria Trimondi, le professeur Grunfeld est la victime de l'accusation systématique de relais de la propagande communiste de Pékin que Dharamsala brandit face à toute analyse historique du Tibet s'efforçant d'être neutre. Ainsi, son livre très bien documenté selon les Trimondi, se trouve qualifié, dans la revue indépendantiste (si l'on en croit Barry Sautman) Tibetan Review[4], de « présentation sophistiquée de la version des événements selon Pékin ». Tout en reconnaissant que le livre contient nombre d'informations ignorées des pro-Tibétains et que le professeur Grunfeld tente d'être impartial, l'auteur de la critique déclare que les [points de vue] sino-centrique et marxiste de l'auteur sont si prononcés qu'il est incapable de les maîtriser[5]. (L'article de la Tibetan Review auquel les Trimondi font référence – The making of a modern propaganda – a pour auteur Adrian Moon)[6].

Le Professeur Elliot Sperling affirme que dans son ouvrage The Making of Modern Tibet, A. Tom Grunfeld écrit dans l'édition de 1987 que le Traité d'amitié et d'alliance entre le Gouvernement de Mongolie et le Tibet semble être un cas classique de « désinformation » des autorités russes coloniales en Mongolie, une évaluation qu'il a supprimé de l'édition de 1996, dans laquelle il qualifie le traité d'allégation[7].

Pour les écrivains Anthony James Joes et Paul Ingram, Grunfeld est un apologiste du régime chinois[8],[9].

Selon Jamyang Norbu, un partisan de l'indépendance du Tibet[10], Grunfeld a été membre de la US-China Peoples Friendship Association – une association qui, d'après Simon Leys, sert la volonté du parti communiste chinois – et a collaboré à la revue New China[11]. De plus, il ne parle ni le chinois ni le tibétain[12].

John Powers, Professeur de l'Université nationale australienne[13], affirme que Grunfeld, dont il compare les écrits à ceux d’Israel Epstein, endosse avec enthousiasme la version chinoise des événements utilisant le même vocabulaire que les écrivains chinois pour décrire les conditions au Tibet d'avant 1950. The making of modern Tibet, le livre de Grunfeld sur le Tibet comprend de nombreux jugements sévères au sujet de l’ancien Tibet, mais il ne donne aucune indication qu’il ait pu visiter le pays, soit avant, soit après l’annexion chinoise, il n’a pas non plus interviewé de réfugiés tibétains. Il ne parle ni ne lit le tibétain, et ne cite aucune expérience de travail de terrain parmi ses sujets. En dépit de ces faiblesses, il affirme penser avoir vérifié la réalité de l’ancien Tibet. Pour ce faire, il rejette les comptes rendus des Tibétains ayant vécu au Tibet, et ceux des voyageurs occidentaux qui ont présenté une image positive, et privilégie les comptes rendus occidentaux présentant le Tibet sous un aspect négatif. Dans le calcul de Grunfeld, un compte rendu négatif joue toujours contre un autre positif, et un visiteur occidental au Tibet est toujours plus crédible qu’un Tibétain qui a vécu[14].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) World Civilization: Sources, Images and Interpretations, Volume II (Paperback).
  2. (en) Charles Ealy, Tibet's shaky history. Much of this ("7 years in Tibet") "true" story just isn't so, Dallas Morning News, 12 octobre 1997. Cet article, reproduit sur le site photo.net, rapporte les paroles suivantes du professeur Grunfeld : « "There is an accepted wisdom on Tibet and it's very difficult to get the U.S. media interested in an intellectual discussion," he says. "Many people won't accept that there's a middle ground between being an advocate for Tibetan independence and being a Chinese communist, but there is." »
  3. (en) Alice Ewing, How the Tibet movement can backfire on America, in Chinese American Forum, octobre 2001, reproduit ici : « One of the best books on Tibet history is "The Making of Modern Tibet", by A. Tom Grunfeld, professor of history at Empire State College of the State University of New York. The author wrote, "I choose to call this book disinterested and dispassionate history", to present views and facts "from contending points of view". I found his work a fulfillment of his goal. Anyone interested in the Tibet issue should read this book to learn about both the Communist China's and the Dalai Lama's position on Tibet. Certainly, many events are illustrated by words from both sides of the debate ».
  4. (en) Barry Sautman, All that Glitters is not Gold, p. 10 : « the exile pro-independence organ »
  5. (en) Victor & Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalai Lama, Part II – 4. Social Reality in Ancient Tibet : « One can safely assume that official statements from Dharamsala will defame as communist propaganda every historical analysis of Tibet which strives for neutrality. To give a further example, we quote their reaction to A. Tom Grunfeld‘s well-researched book, The Making of Modern Tibet. "This book", a review in the Tibetan Review says, "can only be considered a sophisticated presentation of Peking’s version of events. Although a lot of material is included in the book which is often overlooked by pro-Tibetan, and the author has evidently made an attempt to be impartial [!], his Sinocentric and Marxist [views] seem to be so extreme that he is quite unable to master them" (Tibetan Review, July 1989, p. 13) ».
  6. Tibetan Review.
  7. (en) Tibet - Mongolia Treaty of 1913, a proof of Tibet’s independence « Tom Grunfeld described it with the adjective “alleged.” In the 1987 edition of his book on modern Tibet he said of the treaty that “It appears to be a classic case of ‘disinformation’ on the part of Russian colonial officials in Mongolia.” He omitted this evaluation from the 1996 edition. »
  8. (en) Anthony James Joes, Resisting rebellion: the history and politics of counterinsurgency.
  9. (en) Paul Ingram, Tibet: The Facts, Scientific Buddhist Association/TYBA, 1990 : « Mr Grunfeld, while giving the appearance of relative impartiality, has in fact weighted his material in favour of the Chinese to the detriment of balanced and accurate analysis of the Tibetan tragedy. He uses sources most selectively, employs a great deal of extenuating phraseology when examining the Chinese legacy in Tibet, which while appearing to be balanced, is in fact prejudiced, rarely gives insights into the suffereing of the Tibetan people ».
  10. Il est présenté comme tel sur le site Dreams of Tibet, auquel il a donné un interview : « among the minority of Tibetan exiles who are for total independence ».
  11. (en) Jamyang Norbu, Acme of Obscenity.
  12. (en) Jamyang Norbu, Running dog propagandists.
  13. (en) Is genuine autonomy possible under current Chinese law? A panel discussion in Dharamsala, India.
  14. (en) John Powers, History as propaganda: Tibetan exiles versus the People's Republic of China, 2004, lire en particulier les pages 20 et 21.

Liens externes[modifier | modifier le code]