Édition à compte d'auteur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Presse à bras en bois de Gutenberg

L'édition à compte d'auteur consiste pour un auteur à faire éditer ses propres ouvrages par un éditeur qui assure seulement la partie technique de l'édition et de la diffusion, en dehors du choix éditorial proprement dit. C'est donc l'auteur qui paie les frais d'impression et de publicité de son livre. Il reste cependant propriétaire des droits d'auteur et contrôle le nombre de livres édités. L'édition à compte d'auteur n'est pas toujours réalisée par des maisons d'édition mais par des « prestataires de services » qui n'assument aucun « risque éditorial »[1]. Des éditeurs traditionnels peuvent pratiquer un genre d’édition « à compte d’auteur » : c’est souvent le cas d’ouvrages commandés par une municipalité, un conseil général, un conseil régional, voire par une entreprise, pour promouvoir ville, département, région ou divers aspects économiques ou touristiques, et financés soit totalement, soit partiellement, par ces collectivités.

Prestation commerciale[modifier | modifier le code]

Ce mode de publication est considéré comme une prestation commerciale plutôt qu'une entreprise éditoriale. Le caractère péjoratif de cette pratique est mis en avant par son appellation anglaise : « Vanity press » (l'édition qui utilise la vanité des auteurs).

Le reproche le plus fréquent à l'encontre de l'édition à compte d'auteur est d'être choisie par des auteurs n'ayant pas réussi, ayant été refusés, ou n'ayant pas voulu passer par un éditeur professionnel qui prend en charge les frais de publication et de publicité. Les maisons d'édition de ce type sont supposées publier n'importe qui et n'importe quoi, sans exercer le moindre contrôle. Toutefois, certaines de ces maisons font correctement leur travail, et des ouvrages de qualité peuvent aussi être publiés à compte d'auteur. Le désavantage de ce type d'édition réside souvent dans la confidentialité des livres ainsi édités.

Des conditions[modifier | modifier le code]

Le contrat de compte d'auteur doit être parfaitement transparent, et il convient d'éviter des formules « à demi » comme on en trouve chez certains éditeurs[2]. L'éditeur peut apporter son savoir-faire en matière de réalisation du livre, son assistance en termes de diffusion. En revanche, l'auteur reste propriétaire des ouvrages et, surtout, des droits de l'œuvre publiée.

D'autres modes d'édition[modifier | modifier le code]

  • Il ne faut pas confondre l'édition à compte d'auteur avec l'auto-édition, dans laquelle l'auteur prend en charge lui-même l'édition, sans intermédiaire. De nombreux auteurs confirmés, ayant été publiés à compte d'éditeur, choisissent l'auto-édition, que ce soit pour garder une entière liberté quant aux choix éditoriaux, pour exploiter un marché spécifique, ou pour utiliser des méthodes commerciales inhabituelles. Les techniques modernes d'impression (notamment l’impression à la demande) permettent à un nombre croissant d'auteurs de publier eux-mêmes leurs ouvrages. Le 8 octobre 2012, dans Les Échos, Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, déclara néanmoins : « L'auto-édition a toujours existé : ça s'appelle l'édition à compte d'auteur[3]. » Une affirmation immédiatement contestée par plusieurs auteurs [4].

Historique[modifier | modifier le code]

Historiquement, une forme de « compte d'auteur » a précédé le compte d'éditeur : du XVIe jusqu'au milieu du XIXe siècle, les libraires qui « éditaient » des ouvrages ne le faisaient que contre paiement de l'impression de la part des auteurs ou, souvent, d'un mécène. Certains auteurs ont connu le succès avec ce système de compte d'auteur : Béranger (30 000 exemplaires de ses œuvres), Arthur Rimbaud et Paul Verlaine, Marcel Proust (qui exigeait de ne subir aucune correction de la part d'un éditeur).[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]