École de production

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École de production
Devise « Faire pour apprendre »
Informations
Type Enseignement technique

(privé à but non lucratif)

Localisation
Ville
Pays Drapeau de la France France
Chiffres clés
Niveau CAP - Bac Pro
Divers
Affiliation Fédération nationale des écoles de production
Site web www.ecoles-de-production.com
logo de la Fédréation Nationale des Ecoles de Production

Les écoles de production sont des établissements d'enseignement technique que l’on trouve en France, pour des jeunes de 14 à 18 ans[1]. Leur principale spécificité est de former en mettant le jeune en situation réelle de production pendant les 2/3 du temps de formation au sein d'une "école-entreprise". Une troisième voie[2] à côté de celle de la formation scolaire à plein temps en lycée professionnel et de celle de l'apprentissage.

Présentation[modifier | modifier le code]

Parmi les dispositifs actuels de formation des jeunes, l’école de production n'est ni un lycée professionnel, ni un centre de formation par apprentissage, mais participe des deux à la fois : il permet d'apprendre en produisant (principe de l'apprentissage) et sans devoir alterner entre l'école et l'entreprise. L'élève-apprenti reste au sein de "l'école-entreprise" pour la formation pratique et théorique. C'est un apprentissage intégré[2].

Ces écoles sont des établissements privés, à but non lucratif, déclarés au rectorat de l’académie. À ce titre elles préparent aux diplômes d'état : CAP et Bac Pro, participent à l'élaboration des sujets d'examens et sont elles-mêmes lieux d'examen[2].

Les écoles de production sont regroupées au sein de la Fédération nationale des écoles de production (FNEP)[3]. Il existe également une fédération régionale, « Écoles de Production Rhône-Alpes » (EPRA)[4], pour les huit écoles situées dans la région Rhône-Alpes, dont l'École de Production Boisard, créée en 1882, qui est la plus ancienne.

Pédagogie du sens[modifier | modifier le code]

L’élève consacre deux tiers de son temps dans la réalisation de commandes aux conditions du marché pour de vrais clients, industriels ou particuliers[2].

Par cette dimension entrepreneuriale, la pédagogie des écoles de production vise l'intégration progressive à la vie professionnelle et adulte, avec ses rythmes (35 heures annualisées), ses exigences et ses liens sociaux. L'apprentissage du métier et du travail en équipe se fait à travers les contraintes qu'impose la production. Le vecteur de la transmission des savoir-faire et des savoir-être du métier est le travail commun du jeune et du Maître-Professionnel pour réaliser ensemble les commandes des clients.

Cette approche pédagogique vise également à remettre le jeune dans une logique de confiance en lui-même et de valorisation de ses capacités. Pour cela, l'élève est responsable des travaux à produire et à livrer. L'exigence de qualité l'engage personnellement par rapport à ce qu'il produit. La réalisation de l'objet de la commande est alors le moyen de faire prendre concrètement conscience au jeune de ses capacités (preuve tangible pour un jeune qui doute). Chaque fois que cela est possible, la démarche pédagogique inclut l'installation chez le client, ou la remise, de la commande réalisée. L'expérience de la satisfaction du client étant un vecteur essentiel de la reconstruction de la confiance en soi[2].

De ce fait ces écoles se montrent efficace en termes d’insertion des jeunes dans la vie sociale et professionnelle, notamment ceux qui sont en difficulté dans le système traditionnel. Elles contribuent ainsi à la lutte contre le décrochage scolaire[5],[6](dès 14 ans) et contre le chômage des jeunes (qualification et insertion).

La réussite aux examens, l'employabilité des jeunes en sortie de cursus, la poursuite des études ont motivé entre mars et avril 2006 une série d'inspections par les rectorats des différentes académies où se trouvaient les écoles[7]. Ces rapports d'inspections ont conclu pour ces huit écoles de production par l’attestation suivante : « cette école, appelée "Ecole de Production" , participe de manière utile et efficace au service public de l'enseignement ». Des attestations qui ont conduit à la reconnaissance par l'État de ces huit écoles représentatives de la pédagogie des écoles de production comme « Établissements Privés d’Enseignement Technique » par arrêté ministériel du 19 juin 2006[8].

Les écoles de production ont des liens étroits avec les entreprises et leurs branches professionnelles, notamment l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM)[9], la Fédération française du bâtiment (FFB), la Fédération Interprofessionnelle du Bois en Rhône-Alpes (FIBRA)[10], l’Association Nationale pour la Formation Automobile (ANFA)[11] qui fait partie du Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA).

Certaines écoles de production sont liées à l'Institut catholique des arts et métiers (ICAM)[12] et aux Apprentis d'Auteuil[13],[14]. Depuis 2005 l'École de Production Boisard participe au Challenge SIA en partenariat avec l'Écurie Piston Sport Auto de l'École centrale de Lyon. L'École de Production Boisard fournis les réalisations mécaniques en Commande Numérique et la peinture, ainsi que la décoration des carrosseries. L'École de production La Giraudière rejoint l'écurie en 2009 pour la réalisation du châssis mécano-soudé. En mai de cette même année, ce partenariat sera consacrée par la victoire du prototype Osmoz, 1er véhicule hybride estudiantin européen, qui gagne à la fois le Prix Général du Trophée SIA'2009 et le Prix Michelin de l'Innovation[15],[16],[17].

Les élèves-apprentis obtiennent souvent des distinctions, notamment aux concours :

Les écoles de production Française s'inscrivent dans une réflexion plus large au niveau européen. La FNEP participe au programme Grundtvig (Lifelong Learning Programme) au travers du projet Grundtvig Learning Partnership Empowerment via self-organized learning (ESOL) (2010-2011)[20],[21]. Par ailleurs, le FNEP a pris part à la rédaction d'une résolution commune à six fédérations (finlandaise, allemande, autrichienne, suédoise, danoise et française) qui doit être déposée devant le Parlement européen en janvier 2012, à l'occasion de la présidence danoise de l'Union européenne[22].

Origines des écoles de production[modifier | modifier le code]

En 1882, les Ateliers d'apprentissage Boisard (devenus l'Ecole de Production Boisard) sont fondés à Lyon par le Père Boisard[23], ingénieur, industriel et prêtre[24]. Il s'est donné pour mission de proposer à des jeunes des formations à un métier manuel. Il était persuadé que le travail pratique était plus adapté à certains jeunes en désir d'apprendre un métier : Faites faire d'abord, expliquez après ! disait-il[24]. C'est pourquoi il fonde des ateliers-écoles dont les travaux réalisés seront vendus. Il souhaite recréer les conditions de la transmission du métier de l'atelier familiale[24] qui disparait à cette époque avec la révolution industrielle. Le premier atelier sera un atelier de cordonnerie. Suivra, deux ans plus tard, la mise en place d'un atelier de menuiserie. Le principe des écoles de production est lancé. Dès 1895, l'académie de Lyon distingue les "ateliers du père Boisard"[2].

Les fondamentaux d'une école de production[modifier | modifier le code]

Le titre d’École de Production fait l'objet d'une labellisation par la Fédération nationale des écoles de production (FNEP). Cette labellisation repose de manière centrale sur le respect des Fondamentaux d'une école de production[25] qui sont au nombre de huit :

  1. Former à un métier, avec un objectif d’excellence : formation professionnelle qualifiante, préparation à l’exercice d’un métier et intégration à la vie professionnelle (vers l’emploi ou vers la continuation des études professionnelles).
  2. Une pédagogie partant de la pratique pour aller à la théorie : « faire pour apprendre ». Une orientation pédagogique clairement affirmée et mise en œuvre, non seulement dans les matières professionnelles mais aussi dans les matières générales.
  3. Associer pratique et théorie au même endroit : la formation pratique et la formation théorique se font sur le même site, avec les mêmes formateurs pour les matières professionnelles et avec un lien étroit entre ceux-ci et les formateurs des matières générales.
  4. Un nombre important d’heures de formation en situation de production, au minimum 60 % de l’horaire total.
  5. Un volume significatif de production (produits et services), destiné à la vente dans les conditions réelles de marché.
  6. Une école ouverte à tous les élèves, dès 14 ans, qui manifestent de l’intérêt pour une formation professionnelle. Leur admission est indépendante de leur seul parcours scolaire. Ils bénéficient d’un accompagnement individualisé et personnalisé.
  7. Une approche pédagogique clairement éducative, et pas seulement professionnelle, formalisée dans un projet écrit et structuré.
  8. Un conseil d’administration ou un comité de pilotage spécifique (selon que l’école est une association indépendante ou une partie d’une structure plus importante) ; il porte et garantit la spécificité d’école de production et il comprend notamment des professionnels des métiers enseignés.

Les métiers enseignés en école de production[modifier | modifier le code]

Métiers d’Arts
Métiers de l’Automobile
Métiers de l’Industrie
Métiers du Bâtiment
Métiers des Services
  • Restauration (cuisine)
  • Maintenance de bâtiments collectifs

Les Écoles de Production en France[modifier | modifier le code]

Les écoles de production sont au nombre de quinze en France. Elles sont principalement répartis sur la région Rhône-Alpes (neuf sur les quinze), les autres étant à Lille, Paris, Toulouse, Dole et Marseille :

Références[modifier | modifier le code]

  1. 15 ans si machines dites "dangereuses"
  2. a, b, c, d, e et f ONISEP - Les Ecoles de Production en Rhône-Alpes : la 3ème voie ?
  3. FNEP - Fédération Nationale des Écoles de Production (site officiel)
  4. EPRA - Écoles de Production Rhône-Alpes (site officiel)
  5. Philippe MEIRIEU - Vers un Service public régional de formation
  6. a et b ICAM Dynaméca - Soutenir des jeunes en difficulté scolaire
  7. Académies de Lyon (BOISARD Rapport d'Inspection (RI) du 5/4/2006 - ETB RI du 6/4/2006 - La Giraudière RI du 6/4/2006 - AFEP RI du 6/4/2006 - Gorge de Loup RI du 5/4/2006) , Académie de Grenoble (ELAG RI du 16/03/2006 - ECAUT RI du 17/03/2006) et Académie de Nantes (La Tourtelière RI du 22 mars 2006)
  8. Éducation Nationale - Bulletin officiel Reconnaissance par l'Etat accordée aux Ecoles de Production
  9. Convention en faveur de l'apprentissage dans la métallurgie
  10. Livre Blanc la filière bois de l’Ain
  11. Lieux de formation - ANFA
  12. Écoles de Production au sein de l'ICAM
  13. Apprentis d'Auteuil - École de Production Jean-Marie VIANNEY
  14. École de Production Apprentis d'Auteuil Saint François de Salle
  15. Écurie Piston Sport Auto
  16. Première édition du Trophée SIA à l'UTAC (Montlhéry) (SIA - Site officiel)
  17. L'Ecurie Piston Sport Auto - Palmarès
  18. Mathieu Gozzi, élève à l'École de Production Boisard a reçu le 23 février 2011 au Sénat la médaille d'or de Meilleur Apprenti de France en menuiserie (cf. Mathieu Gozzi Meilleur Apprenti de France 2011 - Menuiserie Agencement)
  19. Nicolas Bai, élève à École de production La Giraudière a reçu le 7 juillet 2011 le 1er prix de Technicien menuisier Agenceur au Concours Général des Métiers (cf. Concours général 2011 - Luc Chatel récompense l'excellence)
  20. Mit Europäern für Lernkonzepte lernen
  21. VOLKSHOCHULEN Europaweiter Austausch zum Thema lebenslanges Lernen (Main-Spitze)
  22. L'ambition européenne des écoles de production (Lyon-Capitale)
  23. Père Boisard
  24. a, b et c Le Père Boisard et l'Œuvre des Ateliers d'Apprentissage de la Guillotière Cf. Bibliographie
  25. Les Fondamentaux d'une école de production (FNEP - Site officiel)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fondateur des Ateliers d'apprentissage Boisard devenus l'Ecole de Production Boisard:

  • Le Père Boisard et l' Œuvre des Ateliers d'Apprentissage de la Guillotière - Auteur : J.F. Saffange - Collection sciences de l'éducation, Éditions Don Bosco, Paris, octobre 2007 Prêtres et Ouvriers.
  • Le Père Boisard prêtre ouvrier Éditeur : LARDENCHET - Auteur : Lestra Antoine - Date de parution : 1949

Fondateur de l'Ecole de Production ELAG (Grenoble):

  • "Paul Cayère (1892-1967). Ingénieur, Prêtre Et Citoyen, Un Acteur De L'histoire Industrielle" Jean Linossier Éditeur : Archives Departementales Isere - Parution : 01/12/2000.

Témoignages de jeunes élèves-apprentis des écoles de production

  • "Plus forts que l'échec, 39 jeunes racontent" - Auteur : Georges Jousse (préface Bertrand Schwartz) Ed. de l'Atelier, Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne)- Parution : mai 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]