Village ibérique d'Ullastret

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Village ibérique d'Ullastret
Image illustrative de l’article Village ibérique d'Ullastret
Localisation
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Catalogne Catalogne
Municipalités Ullastret, Serra de Daró et Fontanilles
(Baix Empordà)
Coordonnées 42° 00′ 21″ nord, 3° 04′ 46″ est
Géolocalisation sur la carte : Espagne
(Voir situation sur carte : Espagne)
Village ibérique d'Ullastret
Village ibérique d'Ullastret
Géolocalisation sur la carte : Catalogne
(Voir situation sur carte : Catalogne)
Village ibérique d'Ullastret
Village ibérique d'Ullastret
Internet
Site web Site officiel du musée

Le village ibérique du puy de Sant Andreu d'Ullastret est un site archéologique situé dans le territoire communal d'Ullastret, au Baix Empordà (Girona)[1].

Le site archéologique[modifier | modifier le code]

Le village ibérique du puy de Sant Andreu d'Ullastret est le plus grand de Catalogne. On considère qu'il a été une véritable ville, la capitale de la tribu ibérique que les anciens auteurs appelaient indiketes. Le premier village ibérique d’Ullastret remonte à la première moitié du VIe siècle av. J.-C, bien que la zone ait été associée à des habitats antérieurs du début du premier âge du Fer. Il s'agit d'un village édifié sur un promontoire et ceint d’une grande muraille, d’où l’on pouvait surveiller l'ensemble du territoire environnant.

Le village fait partie d'un plus vaste ensemble archéologique de l'époque ibérique, dont nous connaissons un autre village, une nécropole et une série de petites colonies dispersées sur tout le territoire.

Part des murailles.
Citerne.

Espaces[modifier | modifier le code]

La muraille[modifier | modifier le code]

C'est l'une des fortifications indigènes les plus complexes et élaborées de la péninsule Ibérique. La muraille actuelle est le résultat de plusieurs étapes de construction et de différentes réparations. Nous en connaissons plus de 930 m des tronçons ouest, sud et une partie à l'est ; mais elle ceignait sans doute entièrement le village. La partie la plus complexe d'un point de vue architectural se trouve à l'ouest (on la rencontre en arrivant sur le site) ; elle défendait le secteur le plus vulnérable de la ville.

La muraille est renforcée par sept tours à l'ouest, séparées les unes des autres par environ 28 m, une tour à l’extrémité nord de la muraille et une tour de guet sur le côté méridional de la ville, à côté de l'enceinte des temples. Jusqu'ici, neuf portes d'entrée dans la ville ont été localisées. Certaines de ces portes ont été découvertes murées, preuve qu’elles n’étaient déjà plus utilisées dans les derniers temps du village.

Grâce à plusieurs prospections géophysiques récentes, un énorme fossé de défense a été découvert parallèlement au tracé de la fortification du versant est de la colline.

La zone des temples[modifier | modifier le code]

Sur les hauteurs du village, un quartier sacré révèle les vestiges de deux temples. Cette disposition d'un espace sacré sur les hauteurs cherche à imiter celle de nombreuses cités grecques, où l'acropole ou les sanctuaires s'élevaient au-dessus de la ville.

Le temple du côté sud est le seul bâtiment public dont le plan ait été relativement conservé, permettant ainsi d'étudier les caractéristiques de construction du bâtiment. Rectangulaire, il comprenait un vestibule et des contreforts externes ; il conserve des restes de revêtement de sol, à base de mortier étanche de sable, de chaux et de céramique agrémenté de tesselles blanches. À environ un mètre de ce temple, sur le côté nord et en parallèle, les vestiges d'un autre temple de grandes dimensions, situé en partie sous le bâtiment du musée actuel, ont été conservées.

Plusieurs types de mosaïques, de stucs, de moulures et de corniches y ont été retrouvés, donnant ainsi une idée de la monumentalité de ces bâtiments. De nombreux ex-voto de terre cuite moulée, représentant avec grand réalisme le visage de personnages mythologiques, ont également été mis au jour. Les ex-voto étaient revêtus de peinture polychrome, mais il en reste très peu.

Les maisons[modifier | modifier le code]

La structure urbaine du puy de Saint Andreu épouse l'orographie escarpée de la colline grâce à des terrasses qui permettent une distribution rationnelle de l'espace.

Il ne reste des murs que les socles de pierre de différentes hauteurs, unis par de la glaise ; la partie supérieure était en brique ou en pisé. Dans certains cas, les murs en pierre sont revêtus à l'intérieur d'un crépi de glaise, qui pouvait être peint, mais une telle pratique ne devait pas être très courante. À l’extérieur, les murs étaient imperméabilisés à l'argile.

La toiture des maisons se composait de poutres en bois et de branches recouvertes de terre glaise. Le sol était généralement en terre battue, presque sans aucun apprêt. Les pièces recouvertes de dalles ou de mortier de chaux sont peu nombreuses.

Presque toutes les maisons d'Ullastret sont de plain-pied et un grand nombre d'entre elles n'ont qu'une ou deux pièces. Cependant, dans la partie centrale du site, un grand bâtiment de caractère aristocratique a été identifié. Il est structuré autour d'une grande cour centrale.

Le musée[modifier | modifier le code]

La visite du site ibérique d'Ullastret se poursuit par une visite du musée, qui présente les vestiges archéologiques les plus remarquables de l'ensemble archéologique.

Le musée explique la culture ibérique dans le nord-est de la Catalogne, au travers des fouilles de deux colonies ibériques qui composent le site archéologique d'Ullastret, du puy de Sant Andreu et de l’Illa d’en Reixac, et la nécropole du puy de Serra dans la Serra de Daró.

L'exposition des objets et des découvertes de ces sites s'organise autour de deux types de vitrines-panneaux : les premières donnent des informations générales sur la chronologie, le paléo-environnement, la formation et les caractéristiques de la culture ibérique ; les secondes abordent des sujets monographiques tels que le commerce, les croyances religieuses, les rites funéraires, l'urbanisme et l'économie.

Objets remarquables[modifier | modifier le code]

  • Marteau taillant. Marteau taillant à la forme allongée, avec un orifice pour y emboiter un manche en bois. Cet outil en fer présentait une pointe en forme de hache qui servait à marquer et à tailler la pierre, tandis que l'autre extrémité était utilisée pour l'écraser ou la casser. De tels outils servaient à extraire les gros blocs de pierre provenant de l'excavation du fossé ou de l'exploitation des carrières situées au nord et au sud du puy de Sant Andreu, blocs qui étaient ensuite utilisés pour construire la muraille.
  • Masque en terre cuite.
    Masques de terracota.
    Fragment de terre cuite en forme de visage. Cette pièce a été trouvée lors des fouilles du lieu sacré du puy de Sant Andreu, à l'intérieur du réservoir qui se trouve en face du plus grand temple. Trente-six fragments supplémentaires de terre cuite ont été retrouvés dans ce site cultuel, à l'intérieur du réservoir et parmi les ruines des deux temples. On pense qu'il s'agit d'ex-voto qui devaient être exposés sur les parois intérieures des temples, en rapport avec les cultes pratiqués en ces lieux. Les études réalisées jusqu'à présent suggèrent qu'ils correspondent probablement à des représentations de divinités.
  • Représentation en terre cuite du dieu Bès. Terre cuite représentant le dieu Bès sous les traits d’un nain barbu d'aspect grotesque, vu de face, avec une main levée, tirant la langue et portant un court jupon. Il devait porter un panache sur la tête, qui n'a pas été conservé, et il était sans doute entièrement revêtu d’un décor polychrome. Le dieu Bès, divinité qui gagna de l'importance au panthéon égyptien au fil du temps, fut adoptée par les Phéniciens qui la répandirent dans toute la Méditerranée. C’était une divinité qui protégeait la maison et ses habitants en général, en particulier les femmes enceintes et ceux qui y dormaient.
  • Le vase des chevaux. Le Vas dels cavalls (le vase des chevaux) est une jarre en poterie au tour, décorée de peinture blanche. C’est une production caractéristique de la zone indiketa. Ullastret et ses alentours constituent l'un des principaux centres de production. Ce vase est une pièce unique ; outre les motifs géométriques et végétaux, son décor présente, comme cela est habituel, une scène où l'on voit un cavalier sur sa monture, tenant un autre cheval par les rênes.
  • Crane traversé par un clou en fer. Crâne d’un individu de sexe masculin d’entre 40 et 50 ans, traversé obliquement par un clou en fer de façon à tenir la tête et la fixer sur un mur ou autre structure. Ce rituel était une pratique relativement habituelle chez les peuples gaulois méditerranéens et dans les tribus ibères du nord de la Catalogne actuelle. Après un combat, ces derniers coupaient la tête des ennemis vaincus et les emportaient chez eux. Ils les exposaient ensuite, accompagnés de leurs armes, sur les façades, dans les porches et dans les cours comme trophées de guerre.
  • Lettre ibérique sur plomb. Lettre en caractères ibériques : incisions sur feuille de plomb. De forme rectangulaire allongée, avec des contours irréguliers, elle devait être enroulée en neuf plis. Elle est rédigée sur les deux faces dans l’alphabet ibérique nord-oriental. Sur la face A, six lignes inscrites occupent toute la surface ; sur la face B, une seule ligne, de bout en bout. Il s'agit de l'une des inscriptions ibériques les plus complètes. On peut y lire des noms de personnes et des chiffres, ce qui a permis d'identifier ce document comme une lettre commerciale, semblable aux lettres grecques mise à jour à Empúries et Pech Maho.
  • Burette spatulée. Une « sitra » est un flacon en céramique, au corps globulaire dépourvu de col, pourvu d’une poignée et d’un bec sous le bord. Cette burette porte un décor intensément spatulé, très fréquent avec ce type de poterie. Des fragments de ce genre, caractéristique du haut Moyen-âge, ont été mis au jour en grand nombre lors de fouilles de sites archéologiques d'époque carolingienne menées dans les territoires de la Vieille Catalogne. Celui-ci a été trouvé près de l'un des deux fossés qui protégeaient les côtés sud et ouest du château carolingien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Generalitat de Catalunya, Agència Catalana del Patrimoni, « Musée d’archéologie de Catalogne - Ullastret · Visitmuseum · Catalonia museums », sur visitmuseum.gencat.cat (consulté le 23 février 2017)