Ulli Lust

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lust et Schneider.
Ulli Lust
Description de cette image, également commentée ci-après
Ulli Lust, à Stockholm en 2010.
Nom de naissance Ulli Schneider
Naissance
Vienne, Autriche
Nationalité autrichienne
Profession

Ulli Lust, de son vrai nom Ulli Schneider, née à Vienne, en Autriche, en 1967, est un auteur de bande dessinée, une illustratrice, et une éditrice autrichienne. Elle est notamment connue pour son activité d'éditrice de bande dessinée en ligne, pour ses propres bandes dessinées érotico-mythologiques, ses bandes dessinées-reportages, et son album autobiographique Trop n'est pas assez.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ulli Lust, de son vrai nom Ulli Schneider (Lust est en fait le nom de jeune fille de sa mère[1]), est née en 1967 à Vienne. Elle a grandi à Jetzelsdorf, un village tranquille de Basse-Autriche situé à la frontière avec la Tchéquie, à soixante-dix kilomètres de Vienne. À quinze ans, elle commence une formation en apprentissage dans une école professionnelle de design et de dessin de mode, à Vienne, où elle loge tout d'abord dans un couvent, puis en colocation. Devenue punk, renvoyée de l'école, elle part avec une amie deux mois en Italie, en 1984, l'année de ses dix-sept ans, de la mi-août à la mi-octobre, sur un coup de tête, sans bagages ni papier ni argent — expérience éprouvante, et même traumatisante, qui marquera fortement sa vie par la suite.

Revenue en Autriche, elle travaille cinq ans comme costumière et deux ans comme dessinatrice de mode. De 1993 à 1995, elle publie également trois livres pour enfants (les deux premiers comme illustratrice seulement).

En 1995, elle s'installe à Berlin, où elle reprend des études de graphisme. À partir de 1998, elle commence, sous le nom de Lust, à publier des bandes dessinées. Avec d'autres compagnons d'études, elle fonde en 1999 le groupe de dessinateurs de bande dessinée Monogatari, qui prône la primauté du fond sur la forme (le groupe se séparera en 2005).

Deux de ses genres de prédilections sont la bande dessinée érotico-mythologique (la série des Spring Poems, dont Airpussy) et la bande dessinée-reportage (Fashionvictims, Trendverächter, Alltagsspionage), souvent basée sur des recherches journalistiques minutieuses[2]. Elle publie des illustrations dans de nombreux journaux ou magazines, et participe à plusieurs ouvrages collectifs de bande dessinée (par exemple Alltagsspionage, Pommes d’amour).

En juin 2005, Le Monde diplomatique publie un de ses reportages dessinés sur le Spreuerbrücke. Au même moment, elle lance avec Kai Pfeiffer le site d'édition de bandes dessinées en ligne electrocomics.

Mais c'est surtout avec la parution de sa bande dessinée Trop n'est pas assez (en allemand Heute ist der letzte Tag vom Rest deines Lebens, littéralement : « Aujourd'hui est le dernier jour du reste de ta vie »[Note 1]) qu'elle se fait plus largement connaître. Narrant l'épisode de son épopée italienne de deux mois de 1984, ce livre autobiographique, qui lui demandera en tout environ 1 380 jours de travail étalés sur quatre ans (sans compter les vacances et le temps consacré à d'autres travaux, ni les quelques mois perdus à devoir redessiner les premiers chapitres)[3], à raison d'une moyenne de trois jours de travail pour chacune des 463 pages du volume[1], lui vaut un gros succès public et critique, avec plusieurs récompenses prestigieuses, dont le Prix Révélation du festival d'Angoulême 2011.

Elle publie ensuite en 2013 Flughunde, une adaptation du roman du même nom par l'écrivain Marcel Beyer. Le personnage principal de cette histoire est un acousticien fictif utilisé par le régime nazi pour veiller à la diffusion sonore de sa propagande. Il devient ainsi proche de Joseph Goebbels et de ses enfants, dont il enregistre les derniers instants de vie après qu'ils ont été empoisonnés peu après la mort d'Hitler. Le roman graphique est traduit en français en 2014 aux éditions Çà et là sous le titre Voix de la nuit. Fin décembre 2014, pour le magazine Télérama, l'album fait partie des « 10 meilleures BD de l’année 2014[4]. »

Style[modifier | modifier le code]

Lust n'est pas tant dessinatrice que « conteuse[5],[6] ». Ses observations des scènes de la vie quotidienne nourrissent les portraits, reportages, et bandes dessinées qu'elle réalise. Le style et la technique de dessin et d'écriture sont adaptés au sujet, au cas par cas, selon ce qu’« exige l'histoire[5] ». L'histoire, le contenu, priment sur les mots et l'image[6],[Note 2].

Ulli Lust affirme avoir été le plus marquée par « les dessinateurs de Simplicissimus, en tête desquels : Olaf Gulbransson, Karl Arnold […], José Muñoz, Alan Moore, Eddie Campbell[6]… »

Publications[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Drapeau : Allemagne Prix spécial du jury ICOM pour le webcomic electrocomics.
  • 2009 : Drapeau : Allemagne Prix Freistil online de la meilleure bande dessinée allemande de l'année 2009 pour Trop n'est pas assez[7].
  • 2010 : Drapeau : Allemagne Prix Max et Moritz du public pour Trop n'est pas assez.
  • 2010 : Drapeau : Allemagne Prix ICOM de la meilleure bande dessinée allemande pour Trop n'est pas assez.
  • 2011 : Drapeau : France Prix Artémisia pour Trop n'est pas assez[8].
  • 2011 : Drapeau : France Prix Révélation du festival d'Angoulême 2011 pour Trop n'est pas assez.
  • 2013 : Drapeau : États-Unis Prix Ignatz du meilleur roman graphique pour Trop n'est pas assez
  • 2013 : Drapeau : Suède Prix Urhunden du meilleur album étranger pour Trop n'est pas assez
  • 2014 : Drapeau : Allemagne Prix Max et Moritz de la meilleure auteure germanophone de bande dessinée
  • 2014 : Drapeau : États-Unis Prix littéraire du LA Times, catégorie « roman graphique », pour Trop n'est pas assez[9]
  • 2018 : ALL-d Prix Max et Moritz de la meilleure bande dessinée de langue allemande pour Alors que j'essayais d'être quelqu'un de bien

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le titre allemand n'a pas été traduit en français car « il y a en France un film populaire et une chanson de noms similaires » ((de) Quinze questions à Ulli Lust, Der Tagesspiegel, 18 novembre 2010).
  2. À la question du Tagesspiegel : « Qu'est-ce qui vient en premier dans votre travail ? Les mots ou les images ? », Ulli Lust répond : « La plupart du temps c'est d'abord une histoire ou une scène forte qui me convainc. Ensuite j'essaye de trouver les images et les mots qui lui conviennent. Il arrive rarement qu'une image émerge, et que le scénario se développe à partir d'elle. »
  3. (de) Un premier jet de la première moitié de l'histoire est d'abord paru en version électronique sur le site electocomics.com (disponible (contre rétribution laissée à la libre appréciation du lecteur) en plusieurs parties pour lecture et téléchargement ici : http://www.electrocomics.com/ebook_unterseiten/punked.htm
    (fichiers PDF accessibles directement ici : [PDF] Parties 1 et 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11)). La version papier est relativement différente de la version électronique : elle est deux fois plus longue ; la technique de dessin a changé et les dessins sont passés en bichromie ; la mise en page a été modifiée en relation avec le support ; certaines parties de l'histoire ont même été redessinées, et le découpage de l'action modifié.
  4. Bande dessinée (quasiment) sans paroles disponible (contre rétribution laissée à la libre appréciation du lecteur) pour lecture et téléchargement ici : http://www.electrocomics.com/airpussy.htm (fichier PDF accessible directement ici : [PDF] http://www.electrocomics.com/pdfs/springpoem06_ullilust.pdf).
  5. Cet album fait partie de la série des Spring Poems.
  6. a et b Les six autres récits sont de Paz Boïra, Verena Braun, Élodie Durand, Claire Lenkova, Laureline Michon et Barbara Yelin.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) Andreas Platthaus : Meine italienische Geisterfahrt, FAZ, 12 septembre 2009.
  2. (de) Andreas Platthaus, Andreas Brand : Der dokumentarische Comic. Die Comiczeicherin Ulli Lust, vidéo FAZ.net, septembre 2009.
  3. (de) http://www.electrocomics.com/ebook_unterseiten/punk_vorbestellungen.htm.
  4. « La bédéthèque idéale : les 10 meilleures BD de l’année 2014 », article Télérama du 22/12/2014.
  5. a et b http://www.ullilust.de/info/info.htm.
  6. a b et c (de) Quinze question à Ulli Lust, Der Tagesspiegel, 18 novembre 2010.
  7. (de) Bester deutscher Comic 2009, freistil-online.de.
  8. Ulli Lust reçoit le quatrième prix Artémisia de la bande dessinée féminine , sur le site de l'Association Artémisia pour la promotion de la bande dessinée féminine.
  9. (en) Liste des lauréats « Copie archivée » (version du 5 mai 2014 sur l'Internet Archive)


Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Intensive Grenzerfahrung. Ulli Lusts feministischer Punk-Comic, portrait télé, Allemagne, 2009, 5 min 24 s, réalisation : Lotar Schüler, production : 3sat, émission Kulturzeit, texte du reportage disponible sur le site de 3sat.
  • (de) Der dokumentarische Comic, deux reportages, Allemagne, 2009, réalisation : Andreas Platthaus, Andreas Brand, production : FAZ.

Liens externes[modifier | modifier le code]