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Turkestan russe

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Délimitation 1900

Le Turkestan russe (en russe: Русский Туркестан, Russkiy Turkestan) est la partie occidentale du Turkestan conquise par l'Empire russe. Son nom officiel était gouvernement général du Turkestan, puis à partir de 1867, kraï du Turkestan, depuis le règne d'Alexandre II, jusqu'au 30 avril 1918, date à laquelle il devient la République soviétique autonome du Turkestan.

Sa population comptait 5 280 983 habitants au recensement de 1897.

À partir des derniers siècles av. J.-C., l’histoire de la région est marquée par les invasions de guerriers nomades originaire des monts Altaï. Il s’agit des Turcs.

Colonisation Russe et formation de l'oblast du Turkestan

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L'oblast du Turkestan formée en 1865 entre dans le gouvernement général d'Orenbourg par un oukase du 11 (23) juillet 1867 renommé en gouvernement-général du Turkestan. Celui-ci est composé de deux oblasts (provinces) : l'oblast du Syr-Daria, dont la capitale est Tachkent (où se trouve la résidence du gouverneur-général), et l'oblast des Sept-Rivières dont la capitale est Verny (renommée ensuite en Alma-Ata, puis Almaty).

Mariage juif au Turkestan (avant 1872)

L'expansion russe au sud des steppes date du XVIIIe siècle, mais elle est relancée au milieu du XIXe siècle dans le cadre du Grand Jeu entre l'Empire russe et l'Empire britannique, ce dernier défendant ses positions au nord des Indes. Les troupes russes s'emparent du khanat de Kokand en 1852 avec la prise de la citadelle de Kyzylorda sur le Syr-Daria. En 1868, l'émirat de Boukhara (en vert sur la carte) est placé sous protectorat russe, ainsi que le khanat de Khiva en 1873. Ils ne font donc pas partie du territoire administré directement par la Russie et conservent une indépendance administrative strictement locale, mais leur souveraineté est contrôlée par la Russie. L'expansion russe se termine en 1884 avec la victoire contre les Turkmènes et la prise de Merv.

Cette conquête progressive se fait au gré d'expéditions militaires initiées par les officiers de l'armée russe au Turkestan. L'historien Firuz Kazemzadeh emploi l'expression de "légende de l'insubordination" pour décrire la complaisance du gouvernement russe vis-à-vis d'opérations militaires menées prétendument contre sa volonté. Ainsi, Mikhaïl Chernyaev s'empare par la force de Tachkent, contre les instructions de Saint-Petersbourg. Il est écarté discrètement de l'armée, mais administre le Turkestan de 1865 à 1867, avant de devenir gouverneur général en 1882 et d'être à nouveau écarté en 1884[1].

La colonisation des terres provoque l'arrivée de 1,2 million de paysans russes et d'autres nationalités de l'Empire (dont un certain nombre d'Allemands) et de 300 000 cosaques qui reçoivent souvent les meilleures terres, jusqu'alors traversées de tribus nomades. Dans les steppes, les colons russes forment dans certains endroits 40 % de la population (avec les Sept-Rivières, où ils représentent 20 % de la population), mais en fait dans l'ensemble du Turkestan ils ne dépassent pas 5 %.

Développement de l'économie et de l'industrie

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En 1897, environ 100 000 colons russes occupent les campagnes de l'Asie centrale, et environ 96 000 sont installés dans les villes. En 1911, le nombre total de colons au Turkestan se porte à 400 000 (1,5 millions dans l'ensemble de l'Asie centrale Russe)[2]. Ils représentent alors 6,5% de la population totale du Turkestan Russe.

L'industrie se développe également : en 1914, 425 entreprises industrielles emploient 18 000 ouvriers dans le Turkestan[3]. L'économie s'organise autour de la culture et de la transformation du coton, l'exploitation du pétrole à Petropavlovsk et Kazalinsk et l'extraction minière de charbon, de cuivre et d'or.

Alors que les facteurs de production se développent rapidement, de nombreux petits producteurs agricoles, Russes comme centra-asiatiques, font faillite du fait de la monoculture, de la concurrence et du développement de l'usure[4].

La colonisation russe entraîne progressivement la sédentarisation forcée des Turkmènes, avec l'adoption dès 1886 de réglementations favorisant les sédentaires.

Contestations face à la colonisation Russe

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Du fait de la dégradation des conditions de vie des agriculteurs et nomades Centre-Asiatiques, des émeutes d'importance variable se produisent dès la décennie 1870. En 1875, la population du Kokand, placé sous la protection de l'Empire Russe, se soulève et chasse son chef, favorable à l'administration Russe. La révolte est matée par le major-général Skobelev[5].

En 1885, 200 hommes armés s'attaquent à des colons Russes à Andijan, et les émeutes gonflent jusqu'à être écrasées militairement. En 1889, la vallée du Fergana est le théâtre de soulèvements massifs, auxquels participent plus de 2000 hommes armés. Les autorités russes procèdent à 700 arrestations et près de 400 exécutions pour mater les insurgés[6].

Le développement de l'administration Russe, celui des facteurs de production et la proximité avec les idées de réforme nées du mouvement Jeunes-Turcs mènent au développement de mouvements mêlant réforme sociale, libération nationale et réforme religieuse et culturelle. Ils sont principalement incarnés par le mouvement jadidiste ou le mouvement Jeunes-Boukhares et des intellectuels tels que Zeki Velidi Togan (en)[7].

La crise économique provoquée par la monoculture alimente un banditisme à portée nationaliste et religieuse, le mouvement basmatchi, qui gagne en ampleur en 1916 lorsque le gouvernement Russe tente de soumettre les populations centre-asiatiques à la conscription.

Ces contestations préparent la guerre civile qui se poursuit après la création de la République soviétique autonome du Turkestan, qui divise notamment le mouvement jadidiste entre ceux qui rejoignent la révolte Basmatchi comme Zeki Velidi Togan, et ceux qui se rallient au nouveau gouvernement soviétique comme Fayzulla Khojaev (en).

Dans la culture et dans l'art

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Divisions administratives

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Par la suite, le gouvernement est divisé en cinq territoires administratifs :

Liste des gouverneurs-généraux

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Vue de Tachkent au début du XXe siècle.

Le général-major Tcherniaïev est le premier gouverneur militaire de l'oblast du Turkestan du à 1866. Le général Golovatchov lui succède, jusqu'en juillet 1867, lorsque est formé le gouvernement général avec à sa tête les personnalités suivantes :

Rassemblement équestre, ou baïga, près de Samarcande en 1905. Photographie de Prokoudine-Gorski.

Notes et références

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  1. (en) Firuz Kazemzadeh, Russia and Britain in Persia, 1864-1914 : A study in imperialism, Yale, Yale university press, , 711 p.
  2. (en) Robert Baumann, Russian-soviet unconventional wars in the Caucasus, Central Asia and Afghanistan, Fort Leavenworth, Leavenworth papers, , 228 p. (ISBN 978-1907521737), page 92
  3. (en) Shahin Mustafayev, The history of public and cultural reformation in the Caucasus and Central Asia (19th - early 20th century), Samarcande, International institute for Central Asian Studies, , 312 p., page 41
  4. (en) Shahin Mustafayev, The history of public and cultural reformation in the Caucasus and Central Asia (19th – early 20th century), Samarcande, International Institute for Central Asian Studies, , 312 p. (ISBN 978-9943-11-088-5), page 29
  5. (en) Shahin MUSTAFAYEV, The history of public and cultural reformation in the Caucasus and Central Asia (19th – early 20th century), Samarcande, International Institute for Central Asian Studies, , 312 p. (ISBN 978-9943-11-088-5), p. 41
  6. (en) Robet Baumann, Russian-Soviet Unconventional wars in the Caucasus, Central Asia and Afghanistan, Fort Leavenworth, Leavenworth papers, , 228 p. (ISBN 978-1907521737), page 69
  7. (en) Shahin Mustafayev, The history of public and cultural reformation in the Caucasus and Central Asia (19th – early 20th century), Samarcande, Samarcande, International Institute for Central Asian Studies, , 312 p. (ISBN 978-9943-11-088-5), page 41

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (de) Konstantin Graf von der Pahlen (hrsg. von Rudolf Mirbt), Im Auftrag des Zaren in Turkestan 1908–1909, Stuttgart, 1969.
  • (en) Shahin Mustafayev, The history of public and cultural reformation in the Caucasus and Central Asia (19th - early 20th century), Samarcande, International institute for Central Asian Studies, 2013, 312p (ISBN 978-9943-11-088-5)
  • (en) Robert Baumann, Russian-Soviet Unconventional wars in the Caucasus, Central Asia and Afghanistan, Fort Leavenworth, Leavenworth papers, 2010, 228p. (ISBN 978-1907-52-173-7)
  • (en) Firuz Kazemzadeh, Russia and Britain in Persia, 1864-1914 : A study in imperialism ; Yale,Yale University press, 1968, 711p
  • (en) Seymour Becker, Russia's protectorates in Central Asia. Boukhara and Khiva, 1865-1924 ; Londres, Taylor & Francis, 2005. 348p (ISBN 9780203390832)

Liens externes

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