Tori et uke

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Ikkyō (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude et effectue un mouvement de coupe de sabre
Tachi waza nikyō omote, c'est-à-dire « technique debout », deuxième principe, forme avant. Tori à gauche, uke à droite.

Tori (取り?, lit. « prendre ou choisir ») et uke (受け?, lit. « recevoir ou subir ») sont les deux rôles dans l'entraînement avec son partenaire dans les arts martiaux japonais. Tori est « celui qui exécute l'exercice », « qui fait l’action » et uke est « celui qui subit l'exercice ».

Dans la pratique du sabre, on parle aussi de uchi tachi, « le sabre qui frappe », et uke tachi, « le sabre qui reçoit ».

Étymologie et signification[modifier | modifier le code]

Tori se compose de deux kanjis :

  • (toru) qui signifie « prendre » ;
  • (te) qui désigne la main.

Le caractère est l'hiragana ri. L'adjonction du kanji « main » a donc changé la prononciation du premier kanji (torute est devenu torite, puis tori).

Le kanji de uke représente deux mains s'échangeant un objet, et porte l'idée de recevoir. Le caractère est l'hiragana ke. Le verbe ukeru, « recevoir », a aussi donné le terme ukemi qui désigne les chutes.

Définition offensive[modifier | modifier le code]

Si le but de l'exercice est offensif, alors tori attaquera et uke défendra. C’est par exemple le cas en karaté et en judo[1], où le but de la plupart des exercices est l'attaque.

Définition défensive[modifier | modifier le code]

Si le but de l'exercice est défensif, alors tori défendra et uke attaquera. C'est par exemple le cas en aïkido où le but des exercices est exclusivement de la défense, ainsi qu'en ju-jitsu, où la plupart des séquences techniques sont étudiées en situation de défense personnelle.

Rôle de uke[modifier | modifier le code]

Uke est loin d'avoir un rôle passif. En sollicitant le partenaire, c'est lui qui permet l'action, il permet donc au partenaire de progresser. C'est donc véritablement un partenaire actif et pas seulement une « cible ».

Uke doit donc appliquer les mêmes principes martiaux que tori afin que l'action soit « réaliste » : il doit bien gérer sa distance, s'engager suffisamment dans l'action (attaque) tout en se protégeant… C'est sa rigueur qui permettra à tori de réellement progresser. Ce faisant, uke progresse donc lui aussi dans la pratique, puisqu'il travaille dynamiquement.

Uke reçoit donc la technique, mais doit rester « organisé », actif, afin d'être en mesure de retourner la situation si tori faisait une erreur (kaeshi waza, « contre-technique ») : par exemple, « absorber » le coup par un déplacement afin de ne pas être déséquilibré, relâcher sa position afin de pouvoir se rétablir, chuter pour pouvoir se relever en s'étant dégagé…

En aïkido, les deux termes uke et aite sont différenciés :

  • Uke : « celui qui subit », terme tiré du judo.
  • Aite : « à la fois partenaire et adversaire »[2], aite suit le mouvement de tori et peut y réagir, il ne fait pas que « subir » la technique. Aite (« la main mutuelle ») qui prête sa main au partenaire : (ai, « mutuel », kanji représentant un arbre et un œil ) et 手 (te, « la main »). Le fondateur du aïkido utilisait d'ailleurs exclusivement le terme de aite, pour marquer la non-passivité du partenaire.
  • Shite, « la main qui sert », qui permet au partenaire de travailler : (shi, « servir ») et 手 (te, « la main »).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le travail du judo est considéré comme offensif ; en compétition de judo, il est demandé aux compétiteurs de faire preuve d’offensivité, la passivité est même sanctionnée.
  2. Tamura senseï, 8e dan, Aïkido, Budo Éditions, 2003, 143 p. (ISBN 9782846170130).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]