Thomas Lacoste

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lacoste.
Thomas Lacoste
Description de cette image, également commentée ci-après

Ouverture de la soirée Penser Critique par Thomas Lacoste le 11 avril 2012 à la Maison des Métallos (Paris)

Nom de naissance Thomas Lacoste
Naissance (45 ans)
Bordeaux, Gironde, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur
Éditeur
Films notables La Paix Maintenant, une exigence populaire (2017)
Notre Monde (2013)
Ulysse clandestin (2010)
Les mauvais jours finiront (2009)
Rétention de sûreté, une peine infinie (2008)
Universités, le grand soir (2007)
Réfutations (2007)

Thomas Lacoste, né le à Bordeaux dans le département de la Gironde en France, est un réalisateur, scénariste, producteur et éditeur de nationalité française. Réalisateur de six longs-métrages qu'il qualifie de ciné-frontières[1] associés au genre du cinéma d'auteur. Il vit et travaille dans le 10e arrondissement de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1994, il fonde et dirige la revue internationale de pensée critique Le Passant Ordinaire[2] où interviennent, entre autres, Étienne Balibar, Daniel Bensaïd, Pierre Bourdieu, Judith Butler, Cornelius CastoriadisNoam ChomskyDavid Grossman, Axel HonnethFrancis JeansonNaomi Klein, Rem Koolhaas, Ken Loach, Le Sous-commandant Insurgé Marcos, Wu Ming, Jean-Luc NancyToni NegriEdward Saïd, le prix Nobel de littérature José Saramago, Paco Ignacio Taïbo II ou encore Immanuel Wallerstein[3].

En 1997, il fonde et dirige les Éditions du Passant[4] où sont notamment publiés Étienne Balibar, Patrick Baudry, Claude Corman, Jean-Marie Harribey, Hugues Jallon, Guillaume Le Blanc, Emmanuel Renault et Patrick Rödel.

De 1999 à 2004, il fonde et dirige à Bordeaux le festival transdisciplinaire de créations contemporaines les RIO, Rencontres Internationales de l’Ordinaire [Cinémas, Littératures & Sciences Humaines][5] en collaboration avec le cinéma Utopia.

En 2006, il initie et coordonne L'Autre campagne[6],[7] au côté du physicien Georges Debrégeas, vice-président de Sauvons La Recherche, soutenu par les résistants Lucie Aubrac et Raymond Aubrac qui préfaceront l'ouvrage collectif[8] en parallèle de la campagne présidentielle 2007.

En 2007, il réalise le film Réfutations (voir le film [3]), entre les deux tours des élections présidentielles françaises. Celui-ci réunit seize chercheurs et militants qui portent une analyse critique sur le programme du candidat Nicolas Sarkozy. Interviennent dans ce film Jeanne Balibar (comédienne), Monique Chemillier-Gendreau (juriste), Anne Debrégeas (Fédération Sud-Energie), Eric Fassin (sociologue), Hélène Franco (magistrate, Syndicat de la magistrature), Susan George (économiste), Michel Husson (économiste), Bruno Julliard (Unef), Christian Lehmann (médecin), Nacira Guenif-Souilamas (sociologue), Thomas Heams (biologiste, Convention pour la 6è République), Richard Moyon (Réseau Education Sans Frontière), Thomas Piketty (économiste), Emmanuel Terray (ethnologue), Louis-Georges Tin (maître de conférence, CRAN) et Alain Trautmann (biologiste, Sauvons la Recherche !).

La même année, il réalise le film Université, le grand soir[9] (voir le film [4]) qui va accompagner les mobilisations entre 2007 et 2009 contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités[10],[11] (loi LRU ou loi « Pécresse », du nom de la ministre de la recherche du gouvernement Fillon (UMP), promulguée le 10 août 2007).

Toujours en 2007, il a réalisé le blog filmique Portraits d’idées sur la campagne présidentielle française pour le quotidien Libération.

En 2008, il crée et dirige depuis La Bande Passante, réseau international de pensées critiques, de pratiques alternatives et de créations contemporaines[12].

Cette même année, il réalise le film ciné-frontières[1] Rétention de sûreté, une peine infinie (voir le film [5])   qui s’oppose fermement à la loi du même nom adoptée le 25 février 2008[13],[14]. Dans ce film, huit intervenants (praticiens, militants et chercheurs) prennent la parole pour déconstruire le populisme pénal et constitutionnel sous-jacent à la loi qui méprise les principes supérieurs du droit. Le film est projeté en avant-première à La Nuit des libertés publiques à la Bourse du travail à Paris, le 20 mars[15]. Parallèlement à la sortie du film un appel à l’initiative du collectif contre la rétention de sûreté : La rétention de sûreté doit être abolie ! est lancé qui réunira plusieurs milliers de signataires[16].

En 2009, il réalise le film ciné-frontières[1] Les mauvais jours finiront, 40 ans de justice en France (voir le film [6]) dans le cadre du quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature.

En 2010, il réalise le film ciné-frontières[1] Ulysse clandestin ou les dérives identitaires (voir le film [7]) et le court métrage introductif Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut[17] pour s’opposer à la création du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale[18] qui sera supprimé quelques mois après, le 13 novembre 2010. Participent à ce film les historiens Pap Ndiaye (EHESS), Gérard Noiriel (EHESS), Tzvetan Todorov (CNRS) et Sophie Wahnich (CNRS), les anthropologues Michel Agier (EHESS), Marcel Detienne (EPHE), Françoise Héritier (Collège de France) et Emmanuel Terray (EHESS), les sociologues Luc Boltanski (EHESS) et Éric Fassin (ENS), tous membres du Collectif pour la suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, ainsi que la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi et la comédienne et metteur en scène Anaïs de Courson. La même année avec ce collectif, il participe avec La Bande Passante au lancement de l’appel pour suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration[19] qui réunira plus de 45 000 signataires.

Le 11 septembre 2010, suite aux multiples expulsions de Roms par le gouvernement français de ressortissants de l’Union européenne vers la Roumanie et la Bulgarie durant l’été, avec Cécile Canut et Cécile Kovacshazy, il organise à la Maison de l’arbre (La Parole Errante à Montreuil-sous-bois) un important rassemblement « Les Roms, et qui d’autre ? » contre le racisme d’État où participeront, entre autres, Sophie Wahnich, Luc Boltanski et Eric Fassin, les philosophes Étienne Balibar et Jacques Rancière, et la juriste Danièle Lochak[20]. Lors de cette journée, le film Ulysse clandestin ou les dérives identitaires sera projeté en avant-première.

En 2011, il écrit le scénario Chronique du possible, un diptyque en quatre actes, pour saluer la révolution tunisienne.

Le 2 janvier 2012 à 7h30 du matin, les locaux de La Bande Passante et son domicile situés dans le Xe arrondissement de Paris sont détruits à la suite d’un incendie[21],[22].

En 2012, les éditions Montparnasse consacrent un coffret à 47 de ses films (24h), intitulé Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crise[s][23].

Une rétrospective marquante est consacrée à ses films ciné-frontières[1] du 19 mars au 23 avril 2012 au cinéma Reflet Médicis à Paris.

 Le 11 septembre 2012, face à la banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français et son nouveau gouvernement, avec Étienne Balibar, Éric Fassin, Danielle Lochak, Cécile Cornut, Isabelle Saint Saens, Christophe Mileschi, Sophie Danish, Marie Gaille, Cécile Kovàcshàzy, Luc Boltanski et Serge Guichard, il initie l’appel « Roms : la commune humanité bafouée »[24] qui sera signé par plus de 25 000 personnes.

En 2013 son dernier film (voir la Bande-annonce [8]) ciné-frontières[1] Notre Monde (voir le site dédié au film [9]) sort dans les salles française le 13 mars (voir les retours des spectateurs [10]) et dans les salles suisses le 11 décembre. Autour du film[25] s’organise un peu partout en France plus de 130 débats publics[26] auxquels participera Thomas Lacoste[27]. Décrit comme « nettement orienté à gauche », mais également "film de l'année" selon la LDH[28]Les Inrockuptibles évoquent à son propos « un projet cinématographique sortant de l’ordinaire. Faire dialoguer en un même lieu autant de paroles diverses est déjà une rareté en soi. Mais filmer ces idées et ces discours en les incarnant et faire advenir à l’écran leur complexité, leur cheminement, leur limpidité, leur utilité, c’est un spectacle extraordinaire. »[29]

En mai 2014, il rassemble une série de ciné-entretiens sous le nom de Travail et Luttes sociales (voir les films [11]) en libre accès. Cette série d’entretiens croise les regards de philosophes, de sociologues, de psychiatres, de juristes et de syndicalistes sur la centralité du travail dans les questions sociales.

À l’automne 2015, il dirige à Toulouse un Chantier nomade cinéma sur le thème Frontière-s.

En 2016, il écrit le scénario de sa prochaine fiction, un long métrage intitulé La Forêt des signes.

Le vendredi 17 mars 2017 sort son dernier court métrage sur le processus de désarmement et de Paix au Pays Basque, La Paix Maintenant, une exigence populaire (voir le film) qui sera suivi dans les prochaines semaines par un long métrage sur la nécessaire résolution du dernier conflit armé d'Europe occidentale.  Les deux premières projections publiques ont lieu à Bayonne devant plus de 20 000 personnes, le 8 avril 2017, dans le cadre de la journée de désarment total de l’organisation politico-militaire ETA.

Entre 2007 et 2017, il réalise plus de quatre-vingt-dix ciné-entretiens où interviennent notamment les philosophes Étienne Balibar, Barbara Cassin, Elsa Dorlin, Jean-Luc Nancy, Toni Negri, Bertrand Ogilvie, Immanuel Wallerstein, les sociologues Luc Boltanski, Laurent Bonelli, Robert Castel, Bernard Convert, Keith Dixon, Éric Fassin, Nacira Guénif-Souilamas, Bernard Lahire, Christian de Montlibert, Frédéric Neyrat les anthropologues Michel Agier, Marcel Detienne, Françoise Héritier, Emmanuel Terray, les historiensChristophe Charle, Pap Ndiaye, Gérard Noiriel, Tzvetan Todorov, Sophie Wahnich, les médecins, psychiatres et psychanalystes Christophe Dejours, André Grimaldi, Alain Mercuel, Daniel Zagury, les économistes François Chesnais, Thomas Coutrot, Michel Husson, Frédéric Lordon,Thomas Piketty, les juristes Monique Chemillier-Gendreau, Jean-Pierre Dubois, Bastien François, Danièle Lochak, Jean-Pierre Massias, les magistrats Eric Alt, Patrice de Charette,Patrick Henriot, Louis Joinet, Pierre Lyon-Caen, Serge Portelli, Renaud Van Ruymbeke, les avocats Robert Badinter, Michel Tubiana, les syndicalistes ou militants Michel Berhocoirigoin, Anaiz Funosas, Pierre Joxe, Gabriel Mouesca, Richard Moyon, Arnaldo Otegi, Charles Piaget, Louis-Georges Tin, Txetx (Etcheverry), les biologistes Thomas Heams, Alain Trautmann, l'ancien secrétaire général d’Interpol Raymond Kendall, le cinéaste Jean-Luc Godard, la danseuse Latifa Laâbissi, les comédiennes Jeanne Balibar, Anaïs de Courson, Marianne Denicourt, les écrivains Michel Butel, Susan George, Marie Ndiaye, etc.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Thomas Lacoste est le fils du militant d'extrême gauche Bernard Lacoste et de l’enseignante spécialisée Marguerite Lacoste (née Gire). Il est le père du rugbyman aux cinq titres de champion de France[30], Peyo Lacoste, dont la mère est la bibliothécaire Dominique Dat, de Cerise (Diotime) Lacoste-Ravez, dont la mère est l’angliciste beckettienne Stéphanie Ravez, et de Baruch (Artavazd) Lacoste-Paratian, dont la mère est la productrice Julie Paratian.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Dernier ouvrage publié (dir. avec Georges Debrégeas), L’Autre campagne, 80 propositions à débattre d’urgence, préface Lucie et Raymond Aubrac (La Découverte).

Festivals et expositions[modifier | modifier le code]

Thomas Lacoste a participé avec le film Notre Monde à l’ouverture du cycle documentaire des Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid, au Palais de Tokyo (Paris), à la clôture du festival Les Écrans documentaires d’Arcueil en 2012, au Printemps des Laboratoires d'Aubervilliers les 18 et 19 mai 2013, au 100e débat public autour du film qui s'est déroulé lors du 67e Festival d'Avignon le 15 juillet 2013 et à l'exposition The Happy Show à La Gaîté Lyrique (Paris) dans le cadre du cycle de projections Happiness is a Warm Gun le 14 janvier 2014[31].

Rétrospectives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f La notion, élaborée par Thomas Lacoste, désigne des films associant entretiens, fictions, littératures, œuvres picturales et créations sonores assurant la présence de différentes lignes ou véhicules narratifs au sein d’une même œuvre cinématographique se jouant des frontières de genre et refusant toutes naturalisations notamment entre fiction et documentaire.
  2. Voir le site du Passant Ordinaire « Le Passant Ordinaire »
  3. « Dix ans passant », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  4. Éditions du Passant sur le site du Passant Ordinaire « Les éditions du Passant »
  5. « RIO »
  6. « L'Autre campagne Georges Debrégeas et Thomas Lacoste »
  7. Sylvia Zappi, « Des intellectuels lancent une "autre campagne" contre le "marasme ambiant" », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  8. « Pour un autre Programme Lucie Aubrac et Raymond Aubrac »
  9. Luc Vinogradoff, « "L'Autre Campagne" propose sa propre analyse de la réforme des universités », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. Erwan Desplanques, « "Universités, le grand soir", le film qui va au fond des choses », Télérama,‎ (lire en ligne)
  11. « « Universités, le grand soir » : la réforme combattue à l'écran », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  12. « La Bande Passante »
  13. Sophie Lherm, « L'Autre Campagne ou Sarko pris aux mots », Télérama,‎ (lire en ligne)
  14. Martine Delahaye, « Des spécialistes dénoncent la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  15. « Une peine infinie », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  16. « Appel à l'initiative du collectif contre la rétention de sûreté : La rétention de sûreté doit être abolie ! - Syndicat de la magistrature », sur www.syndicat-magistrature.org (consulté le 1er mars 2017)
  17. « Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut »
  18. « Le poing sur l'identité nationale », Télérama,‎ (lire en ligne)
  19. « Pour la suppression du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration », sur www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org (consulté le 1er mars 2017)
  20. « Roms : l’UE doit sanctionner la discrimination d’Etat », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  21. Clarisse Fabre, « Le "kit de survie" de Thomas Lacoste, cinéaste très politique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  22. Marc Tertre, « La "Bande passante" en danger de mort ! », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne)
  23. Clarisse Fabre, « Le », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  24. « Roms : la communauté humaine bafouée », sur gisti.org,‎ (consulté le 27 février 2017)
  25. Lire le reportage du journal Le Monde de Clarisse Fabre sur le tournage du film intitulé Thomas Lacoste filme « Notre Monde » 
  26. Voir une liste partielle des lieux des débats [1]
  27. « La politique autrement », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  28. « La LDH soutient le film documentaire "Notre monde" de Thomas Lacoste - Ligue des droits de l’Homme », Ligue des droits de l’Homme,‎ (lire en ligne)
  29. Lire l’article des Inrockuptibles de Jean-Marie Durand et Serge Kaganski [2]
  30. Titres remportés avec l’équipe de Bègles et la sélection de Côte d’Argent, équipes dont il a été le capitaine.
  31. Voir l'événement sur le site de la Gaîté Lyrique

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Radio[modifier | modifier le code]