Thibaud Gaudin

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Blason de Thibaud Gaudin.

Thibaud Gaudin, surnommé le « moine Gaudin »[1], fut le 22e maître de l'ordre du Temple. Grand commandeur du Temple au moment de la mort de Guillaume de Beaujeu, il prit le commandement des troupes restantes lors du siège d'Acre en 1291 et il se retira à Sidon. Il embarqua avec ce qui restait de Frères templiers vers le château de Sagette où il fut élu maître de l'ordre en octobre 1291. Son magistère fut assez court puisque fin 1292 il était déjà remplacé par Jacques de Molay. Il mourut le 16 avril 1292.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thibaud Gaudin est issu d'une famille noble originaire de Chartres ou de Blois[2]. On ne sait presque rien sur sa vie avant qu'il soit Templier. On ne sait pas même la date où il rejoint l'ordre. Les premières mentions de sa personne remonte à 1260, lorsqu'il est fait prisonnier suite à une expédition sur Tibériade. En 1279, il est nommé commandeur de la Terre de Jérusalem, quatrième fonction la plus élevée au sein de l'ordre. En 1291, il côtoie Guillaume de Beaujeu et défend avec lui la ville d'Acre lors du siège de la ville par les troupes d'Al-Ashraf Khalil. Lorsque Guillaume de Beaujeu meurt le 18 mai, il ne reste plus que 500 personnes pour défendre la ville. Pierre de Sevry et lui sont chargés de superviser la défense d'Acre. Ils acceptent une reddition et laisse pénétrer un détachement de cavaliers musulmans dans l'enceinte mais ceux-ci s'en prennent aux femmes, ce qui conduit les deux hommes à repousser les cavaliers hors de la ville. Pierre de Sevry décide de défendre la ville pendant que Thibaud Gaudin gagnera Sidon par la mer avec le trésor du Temple. Il défend alors cette dernière avec ses troupes jusqu'à l'arrivée de l'émir al-Shujâ'i où les habitants fuient la forteresse pour se rendre à Chypre où se trouvent déjà les Hospitaliers. Limassol devient le quartier général des deux ordres. Sidon tombe aux mains des musulmans le 14 juillet. Les autres possessions franques cèdent une à une, et début août, il ne reste plus que deux places aux mains des Templiers. L'ensemble des Templiers se replient sur Chypre et sur l'îlot de Ruad, au sud de Tortose, qui restera en leur possession jusqu'en 1303.

Il est désigné maître de l'ordre du Temple en octobre 1291 tandis que Jacques de Molay est fait maréchal, succédant à Pierre de Sevry, mort en défendant Acre. Il entreprend une réorganisation des Templiers, mis à mal par leurs défaites successives. Il lui faut également assurer la défense du Royaume de Petite Arménie, encerclé par les Seldjoukides, et de l'île de Chypre, occupée par une multitude de réfugiés. Mais il meurt au cours de l'année suivante[3] suite aux rudes conditions de vie qu'il connut les mois précédents et laisse inachevé ses projets qui reviennent à son successeur, Jacques de Molay. Il est inhumé en la chapelle des Templiers à Limassol[4].

Armoiries[modifier | modifier le code]

L'Armorial des Maîtres de l'Ordre du Temple écrit par Bernard Marillier donne un blason identique pour un émail de gueules au lieu d'azur pour l'écu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marillier, Armorial des Maîtres de l'Ordre du Temple, Éditions Pardès, 2000.
  • Just-Jean-Étienne Roy, Histoire des Templiers, Éditions Pardes, 1999.
  • René Grousset, Histoire des Croisades et du Royaume Franc de Jérusalem (3 volumes), Librairie Académique, Éditions Perrin, 1991.
  • Alain Demurger, Jacques de Molay - Le crépuscule des Templiers, Biographie, Éditions Payot, 2002.
  • Michel Peyramaure, Les étendards du temple, Éditions Robert Laffont, 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. en référence à sa grande pitié.
  2. Le livre de Michel Peyramaure Les étendards du Temple donne l'origine de la famille de Thibaud Gaudin en Languedoc. Il faut cependant être prudent car les comtes de Toulouse avaient des possessions sur la rive gauche du Rhône, avant que la Maison de France avec Blanche de Castille ne s'impose avec une politique de mariage stratégique sur la Maison de Toulouse.
  3. ou également en 1295 ou 1298 selon les historiens.
  4. Michel Peyramaure, Les étendards du temple.