Terza rima

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D’origine italienne, Martin Saint-René pensait que la terza rima était la forme la plus vibrante de la poésie. Son œuvre maîtresse (la traduction de la Divine Comédie de Dante) est entièrement écrite en terza rima et suit l’œuvre de l’auteur au plus près.

La forme du poème est simple :

  • La rime du premier vers et la rime du dernier n’ont qu'un écho. La rime de tous les autres en a deux.
  • Le nombre de tercets n’est pas limité.
  • Le dernier vers est toujours isolé.

Sa structure :

ABA-BCB-CDC-DED-EFE-FGF-GHG-HIH-I

La terza rima, autrement appelée rime tierce, a été utilisée et surtout insérée dans la littérature française par le biais d'un certain Jean Lemaire de Belges, au début du XVIe siècle. On retrouve cette forme dans son oeuvre intitulée : La Concorde des deux langages. Il n'est bien sûr pas le seul poète à en avoir fait usage mais l'on remarque que ce n'est pas une forme poétique très usitée. Par exemple, concernant le XVIe siècle en France, on retrouve des auteurs tels que Marguerite de Navarre (" Le Navire "), Hugues Salel ( " Premier chapitre d’amour » ; « Second chapitre d’amour » ; « Troisième chapitre d’amour » in OEuvres poétiques complètes, Genève, éd. Droz avec introduction, notes et glossaire par Howard H. Kalwies, coll. « Textes littéraires français », 1987 "), Philippes Desportes ou encore Etienne Jodelle ( " « Chapitre de l’Amour », « Chapitre d’Amour », « Autre chapitre d’Amour », « A sa muse », « Sur la musique » in Les Amours, contr’Amours, et Contre la Riere-Venus, Saint-Etienne, éd. Université de Saint-Etienne, coll. « Textes et Contre-textes », n°3, texte établi et annoté par Emmanuel Buron, édition revue et corrigée, 2005 ").

On remarque une absence d'utilisation tout au long du 17e et du 18e siècle puis une renaissance sous la plume du célèbre Théophile Gautier, notamment dans son recueil intitulé : La Comédie de la mort.

Exemple en Italien[modifier | modifier le code]

Les premiers vers de la Divine Comédie 

Nel mezzo del cammin di nostra vita (a)

mi ritrovai per una selva oscura (b)

ché la diritta via era smarrita. (a)

Ahi quanto a dir qual era è cosa dura (b)

esta selva selvaggia e aspra e forte (c)

che nel pensier rinova la paura! (b)

Tant'è amara che poco è più morte; (c)

ma per trattar del ben ch'i' vi trovai, (d)

dirò de l'altre cose ch'i' v'ho scorte. (c)

Io non so ben ridir com'i' v'intrai, (d)

tant'era pien di sonno a quel punto (e)

che la verace via abbandonai. (d)

Exemple en Français[modifier | modifier le code]

TERZA RIMA de Charles Guinot in Fleurs d'oisiveté

O mon cœur ! ô mon cœur ! pourquoi battre si vite, (a)

Quelle angoisse te tord dans ma poitrine en feu, (b)

Qu'as-tu donc, et d'où vient le trouble qui t'agite? (a)

Je souffre, apaise-toi, laisse-moi quelque peu, (b)

Laisse mon âme en paix, dormir indifférente (c)

À la vie, à la mort, à l'orage, au ciel bleu ! (b)

Heureux le bœuf couché, broutant l'herbe odorante, (c)

Il ne se souvient plus du cruel aiguillon ; (d)

Nul désir fou ne s'offre à sa pensée errante ! (c)

Mais plus heureux encor le léger papillon, (d)

Qui court par les jardins de corolle en corolle, (e)

Vagabond sans souci, brillant comme un rayon. (d)

Il aime chaque fleur, un moment, puis s'envole ; (e)

Il trouve le repos dans l'instabilité ; (f)

Si quelque rose meurt, une autre l'en console ! (e)

Mais qu'as-tu donc, enfin, pauvre cœur agité ? (f)

Autres exemples en Français[modifier | modifier le code]