Syndrome d'Angelman

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Le syndrome d'Angelman est un trouble grave du développement neurologique dont l'origine est génétique. Il est caractérisé par un retard sévère du développement avec déficience intellectuelle sévère, une absence de langage oral, des troubles de la motricité, de l'équilibre et de la sensorialité. Les personnes atteintes de ce syndrome sont souvent joyeuses, mais s'excitent à la moindre stimulation avec des rires fréquents[1].

Le pédiatre et docteur britannique Harry Angelman décrit pour la première fois, dès 1965, les symptômes du syndrome. Avant cette description, les malades atteints par le syndrome d'Angelman étaient souvent diagnostiqués autistes. La prévalence de la maladie est estimée à un individu sur 12 000 à 20 000[2].

Étiologie - Mécanismes génétiques[modifier | modifier le code]

La cause de cette pathologie est attribuée à un défaut dans la région PWS/AS du chromosome 15 maternel (la région PWS/AS est représentée en rouge, voir schéma ci-dessous).

Plusieurs mécanismes sont responsables de l’absence de région PWS/AS.

  • Dans 70 % des cas délétion d'une partie du locus q11.2-q13 du chromosome 15. Cette délétion ne concerne que le chromosome d’origine maternelle.
  • Dans 20 % des cas, mutation du gène UBE3A situé sur le locus q11-q12 du chromosome 15 codant la Ubiquitine ligase[3].
  • Dans 3 à 5 % des cas, disomie paternelle du chromosome 15. L’absence du chromosome 15 maternel empêche l’expression de la région PWS/AS.
  • Dans 3 à 5 % des cas, il s’agit d’un défaut d’expression de la région PWS/AS bien que présente.

La délétion de la région PWS/AS du chromosome 15 paternel est tenue pour responsable du Syndrome de Prader-Willi. L'expression différentielle d'une même anomalie génétique sur un chromosome non sexuel est liée au phénomène de l'empreinte génomique (gène soumis à empreinte), qui fait que certains gènes conservent un marquage de leur origine maternelle ou paternelle.

Description[modifier | modifier le code]

Ritratto di fanciullo con disegno de Giovanni Francesco Caroto, portrait qui a inspiré la description originelle de ce syndrome.

Les enfants atteints du syndrome ont des difficultés à se développer : retard cognitif très important, problèmes d'équilibre et de motricité. Ils souffrent aussi fréquemment selon les cas d'épilepsie, d'ataxie ou d'hyperactivité. Des cas de troubles du sommeil peuvent également survenir[4].

En ce qui concerne le langage, il est rare qu'un individu souffrant du syndrome d'Angelman parle, et encore plus rare qu'il acquière plus de quelques mots (rarement significatifs). Pour ce qui est de la compréhension, ces individus comprennent des messages simples et usuels.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Les critères diagnostiques ont été établis par une conférence de consensus[5]. Il s'agit d'un nouveau-né dont le phénotype est normal. Actuellement le diagnostic du syndrome d’Angelman peut être posé souvent dès la première année, en se basant sur les signes cliniques :

  • Retard moteur, position assise acquise après 9 mois le plus souvent
  • Sourires et rires facilement provoqués, parfois inattendus
  • Langage quasi absent
  • Hyperagitation avec difficultés gestuelles
  • Troubles de l’équilibre
  • Difficultés de concentration, hyperactivité

Signes Cliniques[modifier | modifier le code]

Le Syndrome d’Angelman est une affection génétique. Dans la plupart des cas, il est déterminé par des mutations de certains gènes localisés sur le 15e chromosome, notamment à cause d'une disomie uniparentale du gène UBE3A : les deux chromosomes 15 sont transmis par le père. Les gènes sont segmentés par l’ADN qui trace toutes les caractéristiques de l’homme. Les gènes sont transmis en paires par les parents.

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Le locus en rouge localise le gène responsable.

Les individus souffrant de ce syndrome peuvent exposer plusieurs signes et symptômes. Ils incluent :

Dans plus de 80 % des cas[modifier | modifier le code]

  • Des crises d’épilepsie débutant généralement avant 3 ans, avec des anomalies particulières de l’'électroencéphalogramme caractérisées par des ondes lentes de grande amplitude et des bouffées de pointes ondes.
  • Des myoclonies : petites secousses des membres et des extrémités donnant l’impression d’un tremblement, clignements inhabituels des paupières.
  • Des troubles du sommeil importants quel que soit l’âge.
  • Un ralentissement de la croissance du périmètre crânien normal à la naissance conduisant à une microcéphalie modérée vers l’âge de 2 ans.

Dans plus de 50% des cas, on peut également avoir des signes associés[modifier | modifier le code]

  • Une hypopigmentation de la peau (peau pâle), des cheveux et des yeux souvent plus clairs que ceux de la famille en particulier dans le cas de délétion.
  • Des particularités faciales
  • Un strabisme
  • Une incontinence salivaire (bavage) et une tendance à tout porter à la bouche
  • Des troubles de l’alimentation avec reflux gastriques sévères, troubles de la déglutition, difficultés à mastiquer[6]

Prise en charge et traitements[modifier | modifier le code]

Une prise en charge précoce est très favorable au  bon développement de l’enfant et à son épanouissement.

En France, jusqu’à 3 ans, la socialisation en crèche ou en halte-garderie aide à l’épanouissement de l’enfant et permet le contact avec le milieu ordinaire. Après 3 ans, une prise en charge en I.M.E. est préconisée, mais il est possible aussi d’obtenir une scolarisation en maternelle, en présence d’une auxiliaire de vie scolaire, puis très rarement en CLIS.

Dès les premiers mois, une rééducation de la sphère buccofaciale permet de limiter l’incontinence salivaire, l’hypotonie des joues et facilite l’alimentation. Il peut être nécessaire de traiter le reflux gastrique.

La kinésithérapie et/ou la psychomotricité sont indispensables pour améliorer le développement psychomoteur, l’habileté et l’acquisition de la marche.

L’aide d’une ergothérapeute permet de faciliter les gestes de la vie quotidienne.

La mise en place précoce d’une communication alternative à l’aide de signes, d’images ou de pictogrammes permet des progrès significatifs de l’enfant et favorise les échanges avec l’entourage. Ceci ne peut se faire sans l’aide d’un professionnel, orthophoniste, mais aussi éducateur, psychologue et la famille.

Il est également possible de faire progresser l’enfant et de varier ses activités grâce à des exercices cognitifs simples.

Les troubles du sommeil nécessitent de mettre en place des rituels au moment du coucher, d’utiliser du matériel spécifique pour le couchage, et dans certains cas la prescription par le pédiatre ou le généticien de médicaments comme la mélatonine (il existe une forme à libération prolongée).

Les traitements antiépileptiques sont prescrits dès les premières crises et sont maintenus entre les crises pour les prévenir.

Une stimulation et un accompagnement spécifiques doivent être maintenus à l’âge adulte, dans le cadre d’un programme éducatif individualisé, pour permettre une vie heureuse et épanouie[7].

Mouvements associatifs et mobilisateurs[modifier | modifier le code]

Le syndrome a sa journée internationale le [8]. Cette journée a été créée grâce à un regroupement mondial de parents d'enfants atteints et à des organismes qui soutiennent le syndrome. Ce regroupement mondial de parents s'est formé sur Facebook.

Depuis 2012, plusieurs associations nationales se sont regroupées pour former l'Angelman Syndrome Alliance. Elles sont aujourd'hui 15 associations membres ou partenaires. Cette alliance a pour buts de financer des projets de recherche génétique à l'échelle internationale mais également d'organiser des colloques internationaux sur le syndrome d'Angelman facilitant ainsi les échanges et les avancées scientifiques sur cette maladie génétique rare[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le syndrome d'Angelman », sur www.livret-angelman-afsa.org (consulté le 28 juin 2018)
  2. (en) Steffenburg S, Gillberg CL, Steffenburg U, Kyllerman M (1996) « Autism in Angelman syndrome: a population-based study » Pediatr Neurol. 14:131-6.
  3. (en) 601623 .
  4. « Troubles du sommeil dans le syndrome d’Angelman - AFSA », sur www.angelman-afsa.org (consulté le 30 janvier 2019)
  5. (en) Williams CA, Angelman H, Clayton-Smith J, Driscoll DJ, Hendrickson JE, Knoll JH, Magenis RE, Schinzel A, Wagstaff J, Whidden EM. et al. (1995) « Angelman syndrome: consensus for diagnostic criteria » Am J Med Genet. 56:237-8.
  6. « Association Française du syndrome d'Angelman - AFSA », sur www.angelman-afsa.org (consulté le 28 juin 2018)
  7. « Association Française du syndrome d'Angelman - AFSA », sur www.angelman-afsa.org (consulté le 28 juin 2018)
  8. « Angelman - Première journée internationale », sur lorraine.france3.fr, (consulté le 17 février 2014).
  9. (en-GB) « Angelman Syndrome Alliance », sur http://angelmanalliance.org/ (consulté le 29 juin 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Charles A Williams, Daniel J Driscoll, Angelman Syndrome in GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1993-2005 [2]

Liens externes[modifier | modifier le code]