Stella Baruk

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Stella Baruk
Naissance
Nationalité
Activité
Distinction
chevalière de la Légion d’honneur

Stella Baruk, née à Yazd en Iran en 1932, est une chercheuse française en pédagogie des mathématiques, auteure d'ouvrages consacrés à l'enseignement de cette discipline.

Elle a consacré de nombreux livres à la pédagogie de cette matière, dont le plus connu est L'Âge du capitaine[1]. Elle y fait l'hypothèse qu'il existe des malentendus, liés à des confusions entre langage mathématique et langage courant et s'intéresse au contrat didactique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stella Baruk est née en Iran dans une famille juive, son père est originaire de Turquie et sa mère de Palestine[2]. Ils sont tous les deux enseignants dans des écoles de l'Alliance israélite et imprégnés de la culture et de la langue françaises qu'ils enseignent[2]. Sa famille vit en Syrie puis au Liban où elle étudie au lycée français. Elle fréquente ensuite le Centre d'études mathématiques de Beyrouth pendant trois ans[2].

Elle s'établit en France dans les années 1950 et enseigne les mathématiques en collège et lycée privés, puis dans un IMP, où elle est confrontée à l'échec scolaire des élèves qui y sont suivis[2]. C'est à partir de ces expériences qu'elle s'efforce de prendre en considération les difficultés liées à l'enseignement des mathématiques et de développer de nouvelles méthodes d'enseignement. Elle écrit des livres de pédagogie des mathématiques, dans une perspective de vulgarisation scientifique. Son premier ouvrage Échec et maths parait en 1973. En parallèle, elle donne des conférences en France et à l’étranger sur l’enseignement des mathématiques. Elle est chevalière de la Légion d’honneur, depuis 2008, avec « 54 ans de services civils[3] ».

Idées principales sur l'enseignement des mathématiques[modifier | modifier le code]

Le sens[modifier | modifier le code]

Stella Baruk dénonce ce qu'elle ressent comme une indifférence de l'institution scolaire vis-à-vis de l'échec en mathématiques d'un certain nombre d'élèves, alors qu'elle attribue les erreurs de ces élèves à un défaut de sens des activités mathématiques. Elle considère que l’échec scolaire dans cette discipline pourrait être évité en prenant en compte les savoirs de base des élèves. Elle estime qu’à force de ne pas comprendre ce qu’ils écrivent, ils deviennent des sortes d'« automathes », reproduisant mécaniquement des expressions mathématiques, tout en ayant renoncé à leur apporter du sens.

Les erreurs[modifier | modifier le code]

Elle préconise notamment d'analyser les erreurs des élèves avec eux, pour qu'ils puissent expliciter leur compréhension des situations mathématiques et pouvoir ainsi les aider à découvrir le sens des activités qui leur sont proposées. Dans cette perspective, le travail sur l'erreur fait partie du processus d'appropriation du savoir.

Dans cet esprit, Stella Baruk dénonce ce qui lui apparaît comme une « obsession de la note » et souhaite que les élèves ne soient pas notés avant le niveau de CE2[2] (troisième année de l'école primaire française), et pas en phase d'apprentissage.

Elle dénonce également les remarques inutilement blessantes auxquelles sont confrontés les élèves en situation d'échec, qui les incitent selon elle à ne plus exposer leur intelligence, pour ne plus recevoir ces blessures.

La langue[modifier | modifier le code]

D'après Stella Baruk, l'une des causes de cette perte de sens en maths est la confusion entre trois langues distinctes : la langue usuelle, la langue académique (dans laquelle sont rédigés les énoncés par exemple) et la langue mathématique elle-même.

Il convient selon elle d'expliciter les rapports entre ces trois langues, afin de redonner du sens à ce qu'écrivent (et disent) les élèves et d'analyser leurs erreurs.

Stella Baruk insiste aussi sur l'enracinement de la numération dans la langue et sur l'importance de partir de la langue pour apprendre à compter. Selon elle, l'apprentissage des mathématiques ne concerne pas seulement la numération, mais en premier lieu l'apprentissage de la lecture. Ainsi, affirme-t-elle :

« Les préfixes métriques sont à connaître pour eux-mêmes, dans la succession que leur confère leur signification, kilo, hecto, déca pour les « gros » –grecs– et centi, déci, milli, pour les « petits » –latins– avec, au centre, l'unité à laquelle ils renvoient. J'ai toujours trouvé étonnant de constater que les enfants apprenaient, à part, les multiples et sous-multiples du mètre, ceux du gramme, ceux du litre, sans rien entendre ni de l'identité de ces constructions ni de la manière dont leur désignation révèle leur relation à l'unité…[4] »

Les nombres[modifier | modifier le code]

Stella Baruk relève qu'il existe souvent chez les élèves, une confusion entre comptine numérique et dénombrement, et souligne que certaines activités mathématiques peuvent accentuer la confusion, les élèves étant amenés à envisager les nombres en tant qu'idéalités mathématiques, indépendamment de toute notion de quantité. Elle marque son opposition à l'égard de certaines situations-problèmes proposées aux élèves à l'école primaire, par exemple l'utilisation de la monnaie comme support d'activités, qui pourraient renforcer la confusion[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Échec et maths, Seuil, 1973 (ISBN 9782020028301)
  • Normalité et enseignement des mathématiques (Université de Provence, 1977)
  • Fabrice ou l'école des mathématiques, Seuil, 1977 (ISBN 9782020226868)
  • L'Âge du capitaine - de l'erreur en mathématiques, Seuil, 1985 (ISBN 9782020183017)
  • Dictionnaire de mathématiques élémentaires, Seuil, 1992 (ISBN 9782020123341)
  • C’est-à-dire, en mathématiques ou ailleurs, Seuil, 1993 (ISBN 9782020199902)
  • Comptes pour petits et grands
    • vol. 1, Pour un apprentissage du nombre et de la numération fondé sur la langue et le sens, Magnard, 1997 (ISBN 9782210719897)
    • vol. 2, Pour un apprentissage des opérations, des calculs, et des problèmes, fondé sur la langue et le sens, Magnard, 2003 (ISBN 9782210719903)
  • (Coauteur : Michel Mendès France) Doubles jeux : fantaisies sur des mots mathématiques par 40 auteurs, Seuil, 2000 (ISBN 9782020402811)
  • Si 7 = 0 - Quelles mathématiques pour l'école ?, Odile Jacob, 2004 (ISBN 9782738113764)
  • (Coauteurs : Robert Kaplan, Aline Berthomé) À propos de rien : une histoire du zéro, Dunod, 2004 (ISBN 9782100485291)
  • Naître en français, Gallimard, 2006 - texte autobiographique (ISBN 9782070776399)
  • Dico de Mathématiques (collège et CM2), Seuil, 2008 (ISBN 9782020574013)
  • Pour une intelligence du nombre (Seuil, à paraître)
  • Mes premières mathématiques avec Némo et Mila CP, Magnard, 2012 (ISBN 9782210557000)
  • Nombre à compter et à raconter, Seuil, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Pajot , Parcours de mathématiciens (préface de Michel Serres), Le Cavalier bleu, Paris, 2010, 239 p. (ISBN 978-2-84670-285-0) (contient un portrait de Stella Baruk)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]