Stanislas d'Escayrac de Lauture

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Stanislas d'Escayrac-Lauture
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Pierre Henri Stanislas d'Escayrac de Lauture, comte puis marquis d'Escayrac, né le à Paris, mort le à Fontainebleau, est un explorateur français, géographe, diplomate et linguiste.

Il est né d'une vieille famille noble du Quercy, dont trois membres prirent part à la croisade de Saint Louis. Fils du marquis Léonce d'Escayrac-Lauture, Pair de France, et d'Adèle Portal fille du baron Pierre-Barthélémy Portal d'Albarèdes, ministre de la Marine sous Louis XVIII.

Voyageur et explorateur français, il entreprit de nombreux voyages en Afrique et en Orient, dont il a tiré plusieurs ouvrages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre tout jeune au collège des Oratoriens de Juilly. Il apprend l'arabe (1844) et en 1845, séjourne à La Réunion, aux Comores, à Madagascar et à Zanzibar avant de partir en mission au Maroc en 1850. Employé par le ministère des Affaires étrangères, décidé à découvrir les sources du Nil, il joint la Palestine en 1851 puis la Syrie et l’Égypte et visite la Nubie, le Sennar et le Kordofan[1].

En 1856 il est appelé par le Mohamed Saïd Pacha, vice roi d'Égypte à conduire une expédition internationale chargée de rechercher les sources du Nil mais celle-ci est annulée[2].

Napoléon III lui remet la croix d'officier de la Légion d'honneur pour ses recherches scientifiques à l'étranger. Après s'être lié d'amitié avec Ferdinand de Lesseps, qu'il rencontre au Caire, lors de ses voyages, il devient un fervent partisan du canal de Suez. Il revient en France en 1858, où il épouse, en mai, Marie Rayer, fille du docteur Pierre Rayer, médecin ordinaire de Napoléon III.

Porte de Tong-Tcheou, près de Pékin

L'année suivante, pour protéger leurs relations commerciales avec l'Extrême-Orient, la France et l'Angleterre s'allient et dépêchent leurs troupes contre l'empereur chinois. D'Escayrac est membre du Corps expéditionnaire français en Chine comme chef d'expédition scientifique et prend part ainsi à la marche sur Pékin. Il consigne alors de nombreuses observations sur le pays mais, lorsque les soldats saccagent le palais d'Été, il tombe dans un guet-apens et est capturé par les habitants à Toung-Tchéou (通州西门 (zh))[3]. Séquestré et torturé, il devient l'otage des Mandarins et ainsi un enjeu lors des négociations entre l'état-major franco-anglais et le gouvernement impérial.

La gangrène le prive de ses mains et il revient en France, mutilé, en 1861[3]. Il parvient néanmoins à dicter ses Mémoires sur la Chine à son frère.

Il meurt le à Fontainebleau.

Il avait pris pour devise dans ses ouvrages : « Aperire terram gentibus , traduit par Ouvrir la Terre aux nations ».

Il est enterré avec ses parents dans la chapelle funéraire familiale du cimetière Saint-Louis de Versailles.

Travaux[modifier | modifier le code]

Membre de la Société de géographie et sociétaire du Journal asiatique[3], on lui doit de nombreux ouvrages, articles, études sur l'Afrique, l'Asie et le Moyen-Orient :

1849-1860 : recherches consacrées principalement à l'Afrique[modifier | modifier le code]

  • « Exploration du pays des Dattes », extrait d’une lettre de M. d’Escayrac de Lauture à M. Flourens », in Nouvelles annales des voyages et des sciences géographiques, 1849, 5e série, t. XIX, p. 227-229. En ligne.
  • « Extrait d'un mémoire sur le commerce du Soudan oriental », in Bulletin de la Société de géographie, juillet-, 3e série, t. XIV, p. 391-411. En ligne.
  • « Notice sur le Kordofan (Nubie supérieure) », in Bulletin de la Société de géographie, , 4e série, t. I, p. 357-373. En ligne.
  • « Lettre de M. d'Escayrac de Lauture à M. de la Roquette [sur l'expédition anglaise de James Richardson dans l'Afrique centrale] », in Bulletin de la Société de géographie, juillet-, 4e série t. II, p. 186-241. En ligne.
  • Le Désert et le Soudan, Paris : Dumaine, 1853, XVI-631 p., pl. et cartes. (extraits publiés dans les Nouvelles annales des voyages, 1854, 5e série, t. XXXVIII, p. 77-105 En ligne)
  • « Routes africaines, moyens de transport, caravanes, mémoire extrait d'un ouvrage inédit sur le Désert et le Soudan par M. le comte d'Escayrac de Lauture, membre de la Société de géographie; lu à la séance générale du  », in Bulletin de la Société de géographie, 4e série, janvier-, t. V, p. 204-240. En ligne., rééd Paris : impr. de L. Martinet, 1853, 36 p. ; repris dans l’article « Routes africaines, moyens de transport et caravanes », in Journal des économistes, avril-, p. 429-440. En ligne.
  • « Départ de M. d'Escayrac pour l’Égypte et composition de la mission scientifique à la recherche des sources du Nil », in Nouvelles Annales des voyages, 1854, t. 3, p. 377.
  • « Lettre de M. le comte d'Escayrac à M. le président de la Commission centrale, sur la latitude de Tombouctou », in Bulletin de la Société de géographie, juillet-, 4e série, t. VIII, p. 32-35. En ligne.
  • « Extrait d'une lettre adressée du Caire à M. Jomard par le comte d'Escayrac de Lauture, membre de la Société », in Bulletin de la Société de géographie, juillet-, 4e série, t. VIII, p. 101-104. En ligne.
  • « Mémoire sur le ragle ou hallucination du désert, adressé à l'Académie des sciences », in Bulletin de la Société de géographie, janvier-, 4e série, t. IX, p. 121-139. En ligne. ; Paris : J. Dumaine, 1855, 30 p.
  • « De l'influence que le canal des deux mers exercera sur le commerce en général et sur celui de la mer Rouge en particulier », in Bulletin de la Société de géographie, , 4e série, t. IX, p. 274-298. En ligne.
  • « Extrait de deux lettres de M. le comte d'Escayrac à M. Jomard, », in Bulletin de la Société de géographie, janvier-, 4e série, t. IX, p. 217-218, 313-314. En ligne.
  • « Mémoire sur le Soudan, géographie naturelle et politique, histoire et ethnographie, mœurs et institutions de l'Empire des Fellatas, du Bornou, du Baguermi, du Waday, du Dar-Four, rédigé, d'après des renseignements entièrement nouveaux et accompagné d'une esquisse du Soudan oriental », in Bulletin de la Société de géographie, 1855, 4e série, t. X, p. 89-239-t. XI, p. 24-153. En ligne t. X et t. XI, et Paris : Bertrand, 1855-1856, 184 p. cartes.
  • « Extrait de deux lettres adressées, l'une à M. Jomard, l'autre à M. Alfred Maury, sur les langues et l'histoire de diverses régions de l'Afrique orientale, par M. le comte d'Escayrac de Lauture », in Bulletin de la Société de géographie, 4e série, t. X, p. 55-74. En ligne.
  • « Tactique, art de la guerre dans le Soudan. Extrait d'un mémoire sur l'état social de l'Afrique intérieure », in Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire et de l’archéologie, 1856, 6e série, t. V, p. 367-375. En ligne.
  • « Mémoire sur l'état social de l'Afrique intérieure », in Bulletin de l'Académùie des Sciences morales et politiques, Paris, 1856, t. XXXVI, 50 p.
  • « Extrait d'une lettre de M. le comte d'Escayrac » in Bulletin de la Société de géographie, juillet-, 4e série, t. XII, p. 400. En ligne.
  • « Expédition à la recherche des sources du Nil (1839-1840). Journal de M. Thibaut [dit Ibrahim Effendi], publié par les soins de M. le Cte d'Escayrac de Lauture [et V.-A. Malte-Brun] », in, Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire et de l’archéologie, 1856, 6e série, t. V En ligne.
  • Prochain voyage à la recherche des sources du Nil blanc sous le commissariat de M onsieur d'Escayrac de Lauture. Questions et instructions de l'Académie des Sciences, Paris, 1856
  • «  M. d'Escayrac Lauture remercie l'Académie pour les Instructions rédigées à l'occasion de son exploration projetée du Soudan » et «  Sur les causes qui ont fait échouer l'expédition; Lettre de M. d'Escayrac Lauture », in Comptes-rendus de l’Académie des Sciences, 1857, p. 398, 1031. En ligne et « Lettre adressée par M. le comte d'Escayrac de Lauture à l'Académie des sciences, et insérée par extrait dans le procès-verbal de la séance du lundi  » in Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire et de l’archéologie, 1857, 6e série, t. X, p. 333. : En ligne.
  • « Lettre adressée par M. le comte d'Escayrac de Lauture au rédacteur de la Presse, en réponse à un article de ce journal inséré dans les numéros des 18 et dernier », in Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire et de l’archéologie, 1857, 6e série, t. XI, p. 200 En ligne.
  • Voyage dans le grand Désert et au Soudan, Paris, Pouget-Coulon, 1858, XXIV-207 p.
  • De la Turquie et des états musulmans en général, Paris : Amyot, 1858, VIII-184 p.
  • « Notice sur le Darfour et sur le voyage de M. le docteur Cuny dans cette contrée », in Bulletin de la Société de géographie, , 4e série, t. XVII, p. 281-321. En ligne.

1860-1868 : recherches consacrées principalement à la Chine[modifier | modifier le code]

  • « Arithmétique des Chinois. Usage de l'Abacus ou Souwan-pan, par M. d'Escayrac de Lauture : extrait d'une lettre adressée de Chang-Haï, à M. Chasles », in Comptes Rendus des Séances de l'Académie des Sciences, juillet-, no 51, p. 88-92. En ligne.
  • « Considérations sur le passé et l'avenir de la Chine. Examen de la rébellion actuelle », in Bulletin de l'Académie des sciences morales et politiques, Paris, 1862, 32 p.
  • De la transmission télégraphique et de la transcription littérale des caractères chinois, Paris : impr. de J. Best, 1862, 16 p. [éditions en français et en anglais : on the telegraphic transmission of the Chinese characters].
  • Grammaire du télégraphe, histoire et lois du langage, hypothèse d'une langue analytique et méthodique, grammaire analytique universelle des signaux, 1862.
  • Short explanation of the sketch of the analytic universal nautical code of signals, London : John Camden Hotten, Piccadilly, 1863.
  • « Notice sur les déplacements des deux principaux fleuves de la Chine, lue à la Société de géographie, le  », in Bulletin de la Société de géographie, , p. 274-286, carte. En ligne.
  • « Récit de la captivité de M. le comte d'Escayrac de Lauture par les Chinois, fait par lui-même », in Nouvelles annales des voyages, de la géographie et de l'histoire et de l’archéologie, 1864, 6e série, t. XXXVIII, p. 145-179. En ligne.
  • Mémoires sur la Chine, Paris : Librairie du Magasin pittoresque, 1864-1865, 6 parties en 1 vol (t. 1 paru en ; t. 2 : Histoire paru en ; t. 3 : Religion, paru en ; t. 4 Gouvernement (paru en ); t. 5 : coûtumes paru en ).
  • Die afrikanische Wüste und das Land der Schwarzen am obern Nil, nach dem Französischen des Grafen d'Escayrac de Lauture [deutsch bearbeitet, von Karl Andree], Neue Ausgabe, 1867.
  • La Guerre, l'organisation de l'armée et l'équité, Paris : A. Le Chevalier, 1867, 155 p.
  • La Chine et les Chinois, Paris : A. Delahays, 1877 (édition posthume).

Édition de textes[modifier | modifier le code]

  • Georges Thibaut, dit Ibrahim-Effendi (publ. par Stanislas d'Escayrac de Lauture), « Voyage de M. Thibaut au fleuve Blanc : journal inédit d’un voyage fait au fleuve Blanc du 16 novembre 1839 au 26 mars 1840 », Nouvelles annales des voyages, Paris, vol. 1,‎ , p. 5-53, article no 1 (lire en ligne). — Voir la notice suivante.
  • Georges Thibaut, dit Ibrahim-Effendi (publ. par Stanislas d'Escayrac de Lauture), « Voyage de M. Thibaut au fleuve Blanc : journal inédit d’un voyage fait au fleuve Blanc du 16 novembre 1839 au 26 mars 1840 », Nouvelles annales des voyages, Paris, vol. 1,‎ , p. 141-191, article no 2 (lire en ligne). — Tiré à part la même année sous le titre : Expédition à la recherche des sources du Nil (1839-1840) : journal de M. Thibaut.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Académie des sciences, « Voyage à la recherche des sources du Nil Blanc sous le commandement de M. d’Escayrac de Lauture : questions et instructions de l’Académie des sciences », Bulletin de la Société de géographie, Paris, vol. 12,‎ , p. 267-293 (lire en ligne).
  • Assemblée nationale, « L’Assemblée nationale donne les renseignements suivants sur un fait arrivé à Damas à M. le comte d’Escayrac de Lauture », La Gazette de France, Paris,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  • Numa Broc, Dictionnaire illustré des explorateurs et grands voyageurs français du XIXe siècle, Paris, Éd. du CTHS, 1988-2003, 4 tomes.
  • Paul Durand-Lapie, Le Comte d’Escayrac de Lauture, voyageur et explorateur français, commandeur de la Légion d’honneur : sa vie et ses ouvrages, Paris, Champion, , 180 p. (lire en ligne).
  • Victor Adolphe Malte-Brun, « Notice sur les voyages et les travaux de M. le comte Stanislas d’Escayrac de Lauture », Bulletin de la Société de géographie, Paris, vol. 17,‎ , p. 168-193 (lire en ligne). — Tiré à part la même année (Paris, Martinet).
  • Camille Martinet, L’Otage des mandarins, Paris, Éd. France-Empire, , 172 p. — Vie romancée.
  • Jean Saint-Martin, « Le Comte d’Escayrac de Lauture : sa captivité chez les Chinois,1859-1860 », Le Figaro : supplément littéraire du dimanche, Paris, no 41,‎ , p. 1-2 (lire en ligne). — Tiré à part en 1885 (Noyon, G. Andrieux).
  • Jules Verne, Cinq semaines en ballon : voyages de découvertes en Afrique par trois Anglais..., Paris, J. Hetzel, coll. « Bibliothèque d’éducation et de récréation », [1863], 356 p. (lire en ligne). — Le comte d'Escayrac de Lauture est cité dans les chapitres 1 et 4[2].
  • Henry de Wœlmont de Brumagne, Notices généalogiques, Paris, E. Champion, 1923-1935, 9 vol. — Voir le volume 1, p. 186. Le vol. 9, dû à Gaston Saffroy, contient la table générale de la série.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, p. 302
  2. a et b Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, p. 302-303
  3. a b et c Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 1 : A-E, éditions Paganel, 2019, p. 303

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