Sporulation

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Dépôt de spores autour de deux troncs dont toutes les fructifications de polypores ont sporulé ensemble, juste avant un orage estival, par temps lourd et sans vent (Bois de la Citadelle, 2 juillet 2010, Lille)
Spores éjectées par simple pression sur le champignon, formant un bioaérosol.
Sporulation de Hyaloperonospora parasitica (Mildiou) dans une feuille d'Arabidopsis thaliana observée au microscope optique. La coloration au bleu de trypan donne une couleur bleu foncé au cytoplasme de H. parasitica. La structure arbusculaire qui porte les conidiospores s'appelle un conidiophore. C'est la dernière étape du cycle court de H. parasitica.

On appelle « sporulation » la formation et la libération de spores, qui se trouvent dans les sporanges, ainsi que la reproduction par spores.
Ce terme est plutôt réservé à la production des spores végétatives ou conidies.

Les spores sont peu sujettes à la prédation animale (moins que les semences a priori), car ne contenant presque pas de réserves alimentaires.
Une fois émises, elles sont cependant plus sujettes à la « prédation » fongique et bactérienne. Leur principal avantage semble être que, de toutes les formes de la descendance, les spores exigent le moins d'énergie et de matières pour être produites.

Les phases de la sporulation[modifier | modifier le code]

La sporulation comprend généralement 7 phases :

  1. la condensation de la masse nucléaire ;
  2. la formation du septum par 'invagination de la paroi qui isole le matériel génétique ;
  3. la formation de la « préspore » par condensation du cytoplasme ;
  4. l'addition d'un cortex (de nature polysaccharidique) ;
  5. l'addition des tuniques sporales de nature glycoprotéiques ;
  6. la maturation de la spore qui précède l'éjection de la spore
  7. formation et dispersion dans l'air le plus souvent chez les champignons en formant un bioaérosol, mais les spores de certaines espèces peuvent aussi être transportés par l'eau, par des insectes et d'autres invertébrés, ou par le pelage ou les plumes d'un animal qui se serait frotté au champignon ou aurait marché sur une vesce par exemple.

Chez les champignons[modifier | modifier le code]

  • Les spores de la plupart des champignons, qu'elles soient issues de la duplication asexuée ou de la reproduction sexuelle ou sporangiospores sont activement dispersées par éjection forcée hors des structures reproductrices.
    Cette éjection déclenchée par les conditions météorologiques ou par une action mécanique (cas des Vesses-de-loup) assure la dissémination des spores, parfois sur de longues distances. De nombreux champignons possèdent donc des mécanismes et caractères physiologiques spécialisés qui concernent la spore ou l'organe de production des spores (ex : hydrophobines permettant l'éjection de spores). La structure de l'asque et l'accumulation de osmolytes dans les fluides des asques contribue chez certaines espèces (Ascomycota) à une véritable décharge explosive des ascospores dans l'air[1]. Le rejet forcé de spores simples dites dans ce cas ballistospores implique la formation d'une petite goutte d'eau (chute de Buller), qui peut expulser une spore hydrophobe comme un projectile avec une accélération initiale de plus de 10000 g [2].
  • Dans quelques cas, le champignon est souterrain (ex truffe) : il doit alors faire appel à un animal (écureuil, sanglier) pour disperser ses spores.
  • D'autres alternatives existent, impliquant des actions mécaniques (expulsion par compression chez les vesces).
  • D'autres champignons attirent les insectes par une couleur et une odeur adaptée (des mouches souvent qui apprécient les odeurs putrides).

Chez les bryophytes[modifier | modifier le code]

Chez les plante vasculaire ne produisant pas de fleurs[modifier | modifier le code]

Les fougère distribuent leurs spores très légères en les laissant porter par le vent (anémochorie). Les forêts du passé en ont produit de grandes quantités. Le pétrole provient notamment des immenses quantités de spores produites par les plantes et champignons de l'époque du carbonifère.

Chez la Sélaginelle Selaginella lepidophylla, la dispersion est réalisée en partie par un type inhabituel de diaspore, dite tumbleweed pour les anglophones[3]

Chez les bactéries[modifier | modifier le code]

La sporulation consiste en la formation d'une cellule spécialisée, dormante, résistante à la chaleur et à divers stress, et capable, lorsque les conditions redeviennent favorables à la croissance, de germer pour reformer une bactérie viable (Guspin-Michel[4]). Voir endospore.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. F. Trail (2007), Fungal cannons: explosive spore discharge in the Ascomycota(Canons fongiques: décharge explosive des spores chez les Ascomycota) ; FEMS Microbiology Letterrs ; volume 276, pages = 12-8 ; doi:10.1111/j.1574-6968.2007.00900.x
  2. Pringle A, Patek SN, Fischer M, J Stolze, NP Money (2005) ; The captured launch of a ballistospore ; Mycologia, Vol.97, pages=866–71 ; pmid=16457355 ; doi:10.3852/mycologia.97.4.866 ; issue=4
  3. False Rose of Jericho - Selaginella lepidophyllaFalse Rose of Jericho - Selaginella lepidophylla  ; [www.plant-et-fleurs-guide.com des végétaux et Flowerguide], Consulté Février 2009
  4. Janine Guespin-Michel, Les bactéries, leur monde et nous - Vers une biologie intégrative et dynamique, Dunod,‎ 20 avril 2011 (ISBN 2100557998)