Sophie d'Arbouville

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Sophie d'Arbouville
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 39 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Sophie Lecat de BazancourtVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Élisabeth d'Houdetot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint

Sophie d'Arbouville, née Sophie Lecat de Bazancourt le à Paris et morte le dans la même ville, est une poétesse et nouvelliste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née le , Sophie de Bezancourt est la fille de Jean Baptiste Maximilien Joseph Antoine Lecat, baron de Bazancourt, et d’Élisabeth Marie Constance Henriette d'Houdetot, son épouse[1]. Elle est la petite-fille de Sophie d'Houdetot[2]. Elle fréquente dans le salon de celle-ci une société choisie. Léon Séché en fait ce portrait : « Elle était plutôt mal de figure, elle avait des traits forts et os yeux ressortis qui, de prime abord, disposaient peu en sa faveur, mais dès qu'elle ouvrait la bouche on oubliait sa laideur relative. » Et Sainte-Beuve en a dit : « Jeune femme charmante, un peu Diane, sans enfants. Restée enfant et plus jeune que son âge. Pas jolie, mais mieux. »

À 22 ans elle épouse le général François d'Arbouville, qu'elle suit dans ses campagnes. Sa santé s'en ressentira. Ne pouvant suivre le général en mission en Afrique elle retourne à Paris et y tient salon. Sa conversation, son amabilité et sa bienveillance sont reconnus de tous. Elle ne tient pas au succès et ses poésies paraissent en petit nombre, pour ses proches, et son couvert d'anonymat. Ses nouvelles publiées dans La Revue des deux Mondes le sont sans son consentement : « Prendre l'ouvrage d'une femme pour le publier sans lui en demander la permission, c'est un manque de délicatesse. Ce n'est pas la peine de donner mille francs pour échapper à une complète publicité, si le lendemain les revues agissent de cette façon. J'ai écrit moi-même à M. Bulos (sic) une lettre très nette et très ferme qui l'aura un peu surpris, et je l'oblige, pour le prochain n°, à dire qu'il a agi sans mon consentement. » (lettre à Sainte-Beuve). La revue ne publiera pas cette protestation, ayant l'assentiment du mari. Elle acceptera plus tard leur édition, mais au profit d'une œuvre caritative.

Elle habite au 10, place Vendôme et y tient un salon où l'on parle plus de poésie que de politique. Lamartine est un de ses poètes favoris.

Sainte-Beuve, son hôte le plus assidu, en fait sa muse, et lui dédie Le Clou d’or[3] :

En me voyant gémir, votre froide paupière
M'a refermé d'abord ce beau ciel que j'aimais,
Comme aux portes d'Enfer, de vos lèvres de pierre,
Vous m'avez opposé pour premier mot : Jamais !

(À Elle qui était allée entendre des scènes de l'opéra d'Orphée).

Elle ne lui cédera jamais, mais ils correspondent pendant 10 ans. L'été elle réside à Maisons-Laffitte ou Champlâtreux. Prosper Mérimée y est reçu, Chateaubriand y compose Les Martyrs. Malade (« La fièvre m'est revenue, avec des douleurs aiguës — des maux de tête terribles »), atteinte d'un cancer, elle part en Ariège prendre les eaux de Celles puis rejoint son mari à Lyon. Les événements de altèrent sa santé car elle craint pour la vie du général

Le couple rentre à Paris et elle y meurt, le , après une longue maladie. Elle est inhumée trois jours plus tard au cimetière de Montmartre (division 21)[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le , la Revue des deux mondes publiait Le Médecin du village.
  • Poésies et nouvelles ; Amyot, 1855
  • Marie Madeleine, Le Médecin de village, Résignation ; Amyot, 1876 Lire en ligne sur Gallica
  • Une vie heureuse. Une famille hollandaise ; Amyot, 1876 Lire en ligne sur Gallica

Critique et jugement[modifier | modifier le code]

  • « Elle avait de l’imagination ! Elle avait la foi et le génie !… Sa souffrance réelle était sa laideur : elle la recouvrait d’un voile éblouissant d’esprit, de bienveillance, d’agrément. ». Sainte-Beuve
  • « Âme sentimentale et sensée, tour à tour enjouée et mélancolique, à qui l'on pouvait tout dire et qui avait réponse à tout, mais qui, sur le chapitre des mœurs, en ce qui la touchait tout au moins, se montrait intraitable ». Léon Séché

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance du , reconstitué après le , Paris, Archives de Paris [lire en ligne] (vue 4/50) (dans l'ancien 1er arrondissement, d'après la fiche reconstituée)
  2. Toutes ces données biographiques se trouvent dans Madame d'Arbouville d'après ses lettres à Sainte-Beuve, 1846-1850 par Léon Séché ; voir Bibliographie
  3. Le clou d'or
  4. Registre journalier d'inhumation, , cimetière de Montmartre, Archives de Paris

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Séché, Muses romantiques : Madame d'Arbouville d'après ses lettres à Sainte-Beuve : 1846-1850 : documents inédits, portraits, vues et autographe ; Mercure de France 1910 Lire en ligne sur Gallica

Liens externes[modifier | modifier le code]