Son House

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Son House
Naissance
Riverton, Mississippi
Décès (à 86 ans)
Détroit, Michigan
Activité principale Musicien, chanteur, guitariste
Genre musical Blues

Edward James House, Jr. (21 mars 1902 à Riverton, Mississippi - 19 octobre 1988 à Détroit, Michigan), plus connu sous le nom de Son House, est un chanteur et guitariste de blues. Il est l'un des pionniers du blues du Delta du Mississippi.

Biographie[modifier | modifier le code]

La date de naissance de Son House est incertaine. Bien que tous les documents légaux indiquent une naissance le 21 mars 1902 à Riverton, dans l'État du Mississippi[1], Son House lui-même donna des informations contradictoires et déclara être né en 1886. Ses parents se quittent alors qu'il n'est âgé que de six ans, Adolescent, il se forme pour devenir prêcheur baptiste et apprend en même temps la musique. Attiré par le blues, il apprend la guitare en autodidacte dans les années 1920[1], bien que sa religion lui interdise fermement le blues, qui évoque selon elle le monde du péché ; il sera plus tard pasteur de l'Église baptiste à Lyon. Après le meurtre d'un homme en situation de légitime défense, il purge une peine à la prison qu'il surnomme dans ses chansons « Parchman Farm », le pénitencier d'État du Mississippi en 19281929. À sa sortie, il déménage et part vivre à Lula dans le Mississippi, où il rencontre et partage les représentations de Charley Patton, Willie Brown - qui sera choriste en studio en 1941 -, Robert Johnson, à qui une légende prête de lui avoir appris à jouer - perfectionner - de la guitare, Fiddlin' Joe Martin et sa mandoline, et l’harmoniciste Leroy Williams, vers Robinsonville dans l’État du Mississippi - où ont lieu les sessions de 1941, puis à Memphis (Tennessee) jusqu’en 1942.

Son House enregistre neuf chansons pour Paramount Records en 1930, et devient conducteur de tracteur dans les plantations de la région Lake Cormorant après leur échec commercial. Puis Alan Lomax, de la Bibliothèque du Congrès, le fait à nouveau rentrer en studio au début des années 1940 : les sessions ont lieu en fin août 1941 et juillet 1942. Il est ensuite oublié et se retire, mais il est redécouvert et retrouvé par de jeunes musiciens passionnés de blues comme Dick Waterman[2] et Al Wilson, qui le trouve à Rochester dans l’État de New York et devient son manager. Avec lui, il enregistre un album, The Legendary Son house : Father of the Folk blues, qui sort en en 1965 et relance définitivement sa carrière. Il se produit ensuite beaucoup aux États-Unis et en Europe en 1967 et 1970 notamment au Montreux Jazz Festival, et enregistre pour John Peel et CBS Records, opportunité pour un autre album. Comme Mississippi John Hurt, il est bien accueilli par la scène musicale des années 1960 et joue au Newport Folk Festival de 1964, au Carnegie Hall en 1965, puis à d'autres concerts publics en 1965, et en Europe en 1967. À l'été 1970, il participe de nouveau à une tournée en Europe, se produisant notamment au Festival de Jazz de Montreux[1]. Sa santé s'étant détériorée, il se retire à nouveau en 1974[réf. nécessaire]. Il finit ses jours à Detroit, et meurt le 19 octobre 1988[1] d’un cancer du larynx. Les membres de la Delta Blues Society organisent un concert dont les bénéfices servent à ériger un monument sur sa tombe[réf. nécessaire].

Musique[modifier | modifier le code]

Jeu instrumental[modifier | modifier le code]

À la différence de certains guitaristes de blues des années 1920 et 1930, Son House n'est pas un virtuose, et sa technique n'est pas particulièrement impressionnante. Son manque de technicité est toutefois compensé par un style puissant et novateur, très rythmé, répétitif, souvent joué au bottleneck, accompagnant un chant qui doit beaucoup à celui des forçats des chain gangs et fieldhollers.

La musique de Son House, à l'opposé de celle, par exemple, d'un Blind Lemon Jefferson, est une musique de danse, faite pour être entendue dans l'atmosphère bruyante des « barrelhouse » et autres salles de danse. Son House a eu une grande influence non seulement sur Muddy Waters mais aussi sur Robert Johnson, qui a repris certains de ses morceaux. C'est Son House qui, par ses récits à de jeunes fans de blues ébahis des années 1960, répandit la légende selon laquelle Robert Johnson aurait vendu son âme au diable en échange de sa virtuosité musicale[réf. nécessaire]. Plus récemment, la musique de Son House a influencé des groupes de rock comme les White Stripes, qui ont repris son morceau Death Letter dans leur album De Stijl, et l'ont joué plus tard aux Grammy Awards de 2004[réf. nécessaire].

Titres remarquables[modifier | modifier le code]

Son House est l'auteur des titres :

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Son House : the library of Congress Sessions (USA : Folk-lyric 9002)[3]
  • Walking Blues (GB : Flyright 545)[3]
  • Blues from the Mississippi Delta (1964)
  • The Legendary Son House: Father of the Folk Blues (1965)
  • Oberlin College Concert (live) (1995)
  • Delta Blues and Spirituals (1995)
  • In Concert (live) (1996)
  • Live at Gaslight Cafe, 1965 (2000)
  • Delta Blues (2003)
  • New York Central Live (2003)
  • Death Letter
  • House, Son

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Collectif, Les dieux du blues, Éditions Atlas, , 312 p. (ISBN 2731217901), p. 25
  2. Dick Waterman (en)
  3. a et b Gérard Herzhaft, Encyclopédie du blues, Seghers, , 285 p. (ISBN 2-232-10332-3), p. 98

Liens externes[modifier | modifier le code]