Soliman Pacha

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Soliman Pacha
Seve.jpg

Joseph Anthelme Sève, dit Soliman Pacha.

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Le CaireVoir et modifier les données sur Wikidata
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Le moulin Soliman Pacha où Joseph aurait pu venir

Soliman Pacha (Süleyman Paşa ou Soliman al-Fransawi Paša), à l'origine Joseph Seve , né à Lyon le [1] et mort au Caire le , est un officier français de l'Empire passé par la suite au service de l'Égypte de Méhémet Ali.

Une de ses filles est l'arrière-grand-mère du dernier roi d'Égypte, Farouk.

Son père, Anthelme Sevoz, né à Lhuis dans un village de l'Ain, dans le Bugey, le 26 juillet 1754 ; sa mère, Antoinette Juillet est née à Villefranche-sur-Saône, province du Beaujolais, le 29 juillet 1764 . Il est petit-fils de marchand-vigneron par son père et de meunier par sa mère. La fratrie était de 6 enfants : Antoinette (1787-1789), Joseph (1788-1860), Jeanne (1789- ), Louise (1790-1874), Louis (1791-1874) et Jean Baptiste (1793-1793). [MP sources état-civil des Archives Départementales de l'Ain et du Rhône].

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph commence sa vie à Lyon en aidant ses parents à élever ses frères et sœurs. C'est un enfant solide et intelligent. Mais en 1793, à 5 ans, ses parents laissant tout, sont contraints de s'exiler avec leurs quatre enfants restants en vie. Ils vont se réfugier à Lhuis (Ain), le village natal du père. Ainsi Joseph y trouve une autre vie. Il passe du monde urbain au monde rural. Il s'adapte vite et il se forge un tempérament de travailleur et de valeurs, entraîné par Marie, une jeune préceptrice dévouée et merveilleuse pour combler les malheurs de la révolution.

C'est un enfant généreux, créatif et plein de bonheur, fort et d'une bonne carrure. Dans ces lieux apaisés il se révèle très doué, si bien qu'à 10 ans, il réussit le concours pour entrer aux écoles de la Marine, le 2 vendémiaire an VII (23 septembre 1798). À souligner que André Marie Ampère a été son professeur de mathématique pour sa mise à niveau ! Il embarque alors sur la frégate "La Muiron" au port de Toulon dans le Var.

Un an après, il se retrouve comme valet du Général Bonaparte de retour d'Égypte en compagnie de Raza Roustam. Ce, pendant 47 jours, suivi de 4 jours en voiture pour retrouver sa famille à Lyon où il doit purger ses droits à repos.

Au retour à Toulon en décembre 1799 Joseph restera un an à terre pour travailler en fortins et redoutes et apprendre le maniement des bombes et explosifs et reprend la mer, toujours sur la Muiron, le 23 septembre 1800.

En 1801, il participe à la bataille navale d'Algésiras.

Quittant les eaux de la Méditerranée, en 1802, il est de l'expédition de Saint-Domingue avec le général Leclerc.

À 16 ans pour l'armée, (et 15 pour son âge réel, à la suite d'un arrangement du recruteur de Lyon), le 25 septembre 1803, il entre aspirant canonnier comme novice à l'École de l'Artillerie de Marine pour devenir officier. Il est versé dans la 2è compagnie du 1er bataillon du 2è régiment d'Artillerie de Marine en garnison partielle à Toulon. L'autre demi-brigade est actuellement à Gênes. Le 25 octobre 1803, il retrouve la frégate La Muiron et y reste jusqu'en janvier 1805 et navigue ensuite à bord de l'Hortense, frégate à peine terminée sortie de l'arsenal de Toulon.

C'est la bataille des "Quinze-Vingt" le 22 juillet 1805 et l'escadre se réfugie à Cadix. Là Joseph est mis sur le vaisseau amiral le Bucentaure et c'est la dure défaite de Trafalgar le 21 octobre suivant où il fut blessé par une hache d'abordage. Le Bucentaure coula et une partie de l'équipage fut sauvé par l'Indomptable qui coula à son tour. Sur les 1200 hommes à bord seuls 150 réussirent à regagner le rivage dont Joseph.

Blessé, il revient d'Espagne par ses propres moyens pour une convalescence à Lyon et retourne à Toulon ensuite avec le grade de Caporal fourrier pour faire l'instruction à terre jusqu'à sa demande de mutation pour le 6è régiment de Hussard à Udine en Italie à compter du 2 mai 1807.

Sans grade, connaissant et parlant 5 langues, il est versé dans un régiment, section spéciale, il se prénomme désormais Anthelme. Il devient un spécialiste du renseignement et des incursions en pays ami ou ennemi. En parallèle il étudie la diplomatie. Le tout avec discrétion et humilité, pour la France ! Il y trouve un complice Octave Pontchapt qui est en fugue familiale depuis le 4 août 1804 et n'est autre que Octave Gabriel Henri de Ségur le fils aîné du Comte Louis Philippe de Ségur (1783-1830), grand maître de cérémonie de l'Empereur.

En 1808, il est opérationnel dans toute l'Europe de l'est. Il est aidé par son mentor Napoléon Bonaparte et la Franc-maçonnerie, très active en ces temps-là. Il a 20 ans, ce n'est plus un enfant. il est devenu un très grand serviteur de l'Empire et de la France.

Il sera de toutes les campagnes napoléoniennes jusqu'en 1815 et finira tout de même comme lieutenant, porte-étendard du 14e chasseur à cheval. (Sa nomination comme capitaine ayant été refusée par Louis Philippe) et placé en demi-solde.

Il quitte la France peu reconnaissante en 1819 pour l'Égypte. Ayant fait ses preuves, il est recruté par l'armée égyptienne pour la réformer sur le modèle européen. Il se convertit à l'islam et il s'illustre à la bataille de Konya puis devient généralissime en 1833.

Il se marie avec Myriam Hanem, d'origine grecque, dite Setti Maria qui lui donne quatre enfants, Zohra (1830), Hazle (1833) (dont sa petite-fille qui deviendra la reine Nazli, est la mère du roi Farouk), Skander Bey (1836) et Aasna (1849) .

De retour en France en 1845, il est fait grand officier de la Légion d'honneur par le roi Louis-Philippe en 1846.

Hommages[modifier | modifier le code]

Il y a une statue de lui au musée militaire du Caire, auparavant située sur la place portant son nom au Caire dont le nom actuel est Tal'at Harb, Le statue de Soliman Pacha Al Françaoui (en uniforme de zouave français) a été sculptée en 1874 par Henri Alfred Jacquemart (1824-1896), et fondue par Thiébaut et fils. C’est « une des sculptures en bronze exposées en extérieur les plus connues du Caire »[2]

Il y a aussi un mausolée qui lui est dédié ainsi qu'un autre dédié à sa femme Maria Myriam Hanem (connue localement sous le nom de Setti Maria), et un buste à la préfecture de Lyon.

Une rue porte son nom dans le 1er arrondissement de Lyon.

Tombe des Soliman Pacha, Rhoda Isles, Le Caire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice biographique in Dictionnaire historique de Lyon cité dans la bibliographie.
  2. Wafaa Mohammed et al.,, Conservation of outdoor historical bronze, Paris, section française de l’institut international de conservation,,‎ , pp 176-185 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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