Soldat bleu

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Soldat bleu
Titre original Soldier Blue
Réalisation Ralph Nelson
Scénario Theodore V. Olsen (roman Arrow in the Sun)
John Gay (adaptation)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 112 min
Sortie 1970

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Soldat bleu ou Le Soldat bleu (Soldier Blue) est un film américain réalisé par Ralph Nelson, sorti en 1970.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Une colonne de l'armée américaine escortant un important convoi de fonds est attaquée par des Cheyennes. La bataille vire au massacre : les militaires sont impitoyablement exterminés. Seuls survivent un jeune soldat fraîchement incorporé, Honus Gent, et Cresta Maribel Lee, jadis enlevée par les Cheyennes, relâchée par le chef de la tribu (qui l'avait prise pour femme), dans le but de rejoindre son fiancé, un officier d'état-major.

Le couple décide de rejoindre Fort Reunion, mais pour cela il doit traverser une contrée sauvage et hostile. Honus Gent s'avère peu expérimenté et malhabile, tandis que la jeune femme lui enseigne le savoir qu'elle tient des Indiens et lui explique sans succès que l'attaque du convoi militaire relevait d'un acte de défense contre les attaques systématiques dont les Cheyennes sont victimes depuis au moins deux ans (époque de son arrivée dans la tribu) ; de surcroît les Indiens avaient besoin de l'or convoyé pour acheter des armes. Au terme de leurs péripéties, Honus Gent découvre le bien-fondé des propos de Cresta : le massacre indicible du village indien où avait vécu Cresta avec son mari cheyenne par l'armée américaine.

Buffy Sainte-Marie en 1970
(année de la sortie du film).

Musique[modifier | modifier le code]

La chanson du film a été composée et chantée par la chanteuse et actrice canadienne, d'appartenance à la nation indienne Cris, Buffy Sainte-Marie qui resta toute sa vie, une grande défenseuse de la cause amérindienne et de la cause féministe.

À la sortie du film dans les salles de cinéma américaine, elle faisait partie de la liste noire des artistes engagés politiquement et son nom est épinglé à la Maison-Blanche comme tant d'autres dont la musique « mérite de ne pas être diffusée »[1] .

Commentaires[modifier | modifier le code]

Le film renvoie à l'histoire du massacre de Sand Creek, Colorado, le 29 novembre 1864, par sept cents hommes de la Cavalerie du Colorado. Les soldats assassinèrent beaucoup de femmes et d'enfants, prirent une centaine de scalps et commirent de nombreux viols et mutilations.

Le film se singularise par la violence de certaines scènes ; à ce titre, il est interdit aux moins de 13 ans[réf. nécessaire] ; certaines images ont été coupées pour échapper à un classement X[2]. Il est parmi les premiers films dans lesquels les Indiens sont montrés comme des héros face à la cavalerie des États-Unis, que Thomas Schatz dénomme « westerns Vietnam »[2]. Le ton nettement anti-belliciste du film s'inscrit en effet dans un contexte où la guerre du Viêt Nam, vécue au quotidien à travers les reportages télévisés, provoque de vives contestations au sein de l'opinion américaine (Massacre de Mỹ Lai)[3],[4].

Le titre anglais « Soldier blue » ne fait pas référence à la couleur du costume du soldat (le film se serait alors dénommé Blue soldier) mais au fait qu'il soit inexpérimenté dans le sens français du terme. En effet le terme blue peut également le fait d'être une jeune recrue (voir ce terme dans la série « Rookie Blue »)[5].

Le réalisateur Ralph Nelson apparaît dans son film pour tenir un court rôle, son personnage portant le même nom, mais sous le prénom d'Alph au lieu de Ralph.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

On retrouve l'affiche Soldier Blue dans le film de Quentin Tarantino Boulevard de la mort (Death Proof).

Le massacre de Sand Creek eut lieu le 29 novembre 1864. Or, dans la version française du film, Peter Strauss dit à Candice Bergen que son père, soldat, a trouvé la mort aux côtés du général Custer l'année précédente. Pourtant, Custer et son régiment périrent à la bataille de Little Big Horn le 25 juin 1876.

L'acteur indien de la tribu des lakotas Eddie Little Sky joua un petit rôle d'éclaireur indien dans ce film mais ne fut pas crédité dans le générique. Il venait pourtant de gagner en notoriété grâce à un autre western dénommé Un homme nommé cheval, et sorti quelques semaines avant Soldat bleu dans les salles américaines.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de Ouest-France, article sur la chanteuse Buffy Sainte-Marie
  2. a et b (en) David A. Cook, Lost Illusions : American Cinema in the Shadow of Watergate and Vietnam, 1970-1979, University of California Press, , 695 p. (lire en ligne), p. 174.
  3. Site de Tamasa Diffusion, interview de l'actrice Candice Bergen
  4. Site le cinématographe, page sur "Soldat bleu"
  5. Site "comme au cinéma", fiche sur Soldat bleu"

Liens externes[modifier | modifier le code]