Small's Paradise

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Ne pas confondre avec le Smalls Jazz Club.
Small's Paradise
Surnom Small's
Type Club de jazz, cabaret, dancing
Lieu New York Drapeau des États-Unis États-Unis
Coordonnées 40° 48′ 55″ nord, 73° 56′ 39″ ouest
Inauguration
Fermeture 1986
Nb. de salles 1
Capacité 1500
Direction Ed Smalls

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Small's Paradise

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Small's Paradise

Le Small's Paradise était un club de jazz ainsi qu'une salle de danse et de spectacles à Harlem, qui constituait avec le Cotton Club et le Connie's Inn (en) le "Big Three", c'est-à-dire les trois principaux clubs de jazz de New York. Ces clubs étaient en premier lieu réservés aux populations blanches.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Small's Paradise, une salle située au sous-sol du 2294½ Septième Avenue 135e rue, dont le propriétaire et directeur était Edwin Smalls, était un haut lieu du jazz dans le Harlem des années 1920. Ancien liftier, Smalls était un descendant du capitaine Robert Smalls, un esclave affranchi devenu capitaine dans l'Union Navy puis membre du Congrès de Caroline du Sud[1].

Ce club de jazz fut l'une des plus célèbres et plus prestigieuses salles de spectacle appartenant à un afro-américain. Sa réputation parmi les meilleures scènes et les meilleurs spectacles de cabaret et de danse attirait un nombreux public désireux de participer aux nuits de Harlem pendant les années folles américaines, les Roaring Twenties.

Ed Smalls, lorsqu'il ouvrit le Paradise Club à l'automne 1925, avait une expérience de la direction de night-club, puisqu'il était également propriétaire depuis 1917 du Sugar Cane Club, un bar-restaurant-dancing de Harlem (2212, Cinquième Avenue) fréquenté majoritairement par une clientèle afro-américaine[1].

L'inauguration du Small's Paradise eut lieu le , en pleine période de prohibition, un évènement qui attira près de 1 500 personnes avec le spectacle du Charlie Johnson's jazz band (en), qui allait devenir l'orchestre maison pendant dix ans[1].

En 1929, le magazine Variety fit paraître un classement des principaux night-clubs de Harlem qui recevaient une clientèle blanche : le Small's arriva en première position, suivi du Cotton Club, du Barron Wilkins's Exclusive Club et du Connie's Inn. L'immense succès de ces clubs était dû, en grande partie, à la fascination qu'avaient beaucoup de blancs à l'époque pour la culture noire. Mais les prix élevés des clubs ne permettaient qu'à une clientèle fortunée de venir à ces spectacles : en 1929 le prix moyen d'une consommation était de 4 dollars, alors que le salaire moyen d'un habitant de Harlem se situait entre 6 et 12 dollars par semaine[1].

Le restaurant proposait une cuisine chinoise. L'une des attractions principales du Small's Paradise était ses serveurs et serveuses "dansantes" (Dancing Waiters), qui passaient au milieu des tables et des danseurs de charleston avec leurs plateaux chargés de bouteilles, parfois en patins à roulettes. Alors que les autres clubs de Harlem fermaient entre trois et quatre heures du matin, le Small's restait ouvert jusqu'à l'aube avec ses célèbres petits déjeuners du lundi matin : on pouvait y danser au son d'un big band jusqu'à six heures du matin, parfois jusqu'à midi ou plus[1].

La plupart des musiciens et chanteuses de jazz de Harlem à cette époque ont joué au Small's Paradise, car même engagés dans les autres clubs du quartier, ils pouvaient y finir la nuit dans une jam session. Ce lieu attirait de nombreux intellectuels artistes et écrivains de la renaissance de Harlem, comme Alain Locke, Countee Cullen, William Faulkner et Langston Hughes. L'écrivain et photographe Carl van Vechten, l'un des principaux mécènes de la renaissance, y était un fidèle client : la description du "Black Venus", une salle de jazz essentielle dans son roman controversé Nigger Heaven (en) (1926), s'inspire de ce qu'il voit au Small's. En 1944, Malcolm X y travailla comme serveur[2].

Au printemps 1961, Ed Smalls vend le Paradise à la star du basket-ball Wilt Chamberlain, qui le renomme le Big Wilt's Small's Paradise[3].

Le Big Wilt's Small's Paradise s'ouvre dans les années 1970 à d'autres types de clientèles en présentant des concerts de rock et de disco, et il ferme définitivement ses portes en 1986. Aujourd'hui cette adresse est devenue un restaurant de la chaîne "International House Of Pancakes" (IHOP). Au-dessus du bâtiment est construit en extension un collège de la Thurgood Marshall Academy.

Principaux enregistrements[modifier | modifier le code]

  • Jimmy Smith : Groovin' At Smalls' Paradise, 1957 (deux volumes)
  • Babs Gonzales : Sunday Afternoon At Small's Paradise, 1962
  • King Curtis : Live At Small's Paradise, 1966
  • Rod Piazza (en) : Magnum Music Group: Live At Small's Paradise, 1969
  • Roy Brooks : Ethnic Expressions – Live At Small's Paradise, 1973

Liste de musiciens[modifier | modifier le code]

Homonymie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) Encyclopedia of the Harlem Renaissance, Volume 2, Cary D. Wintz, Paul Finkelman, Routledge, 2004 - 1341 pages - (ISBN 978-1-579-58458-0)
  2. (en) Malcolm X: A Revolutionary Voice, Beatrice Gormley, Sterling 2008, (ISBN 978-1-402-75801-0)
  3. a et b (en) Wilt, 1962, Gary M. Pomerantz, extrait du livre sur le site du New York Times, 2005
  4. a b c d e et f (en) Swing City: Newark Nightlife, 1925-50, Barbara J. Kukla, Temple University Press, 1991, (ISBN 0-813-53116-0)
  5. (en) Thelonious Monk: The Life and Times of an American Original, Robin D. G. Kelley, Free Press 2009, (ISBN 978-0-684-83190-9)
  6. a b c d e f g h i j k et l (en) Thinking in jazz: the infinite art of improvisation, Paul Berliner, Par Paul Berliner, University of Chicago Press 1994, (ISBN 0-226-04381-9)
  7. a et b (en) Groovin' High: The Life of Dizzy Gillespie, Alyn Shipton, Oxford University Press 2001, (ISBN 978-0-195-14410-9)
  8. a et b (en) Delightfulee: The Life and Music of Lee Morgan, Jeff McMillan, The University of Michigan Press 2008, (ISBN 978-0-472-03281-5)
  9. (en) Site officiel du Smalls Jazz Club

Liens internes[modifier | modifier le code]